dimanche 1 mars 2009

Ritournelle de la faim, Jean-Marie Gustave Le Clézio

Exceptionnellement le Blogoclub n'a pas choisi un livre ayant un thème précis mais nous avons choisi de lire et de découvrir pour certains (ce qui est mon cas) un des nombreux romans du prix Nobel de Littérature JMG Le Clézio.
J'ai hâte de découvrir les différents billets des autres membres du club et de savoir quel livre a été choisi en majorité.

En allant farfouiller à l'avance dans les rangées de ma bibliothèque, je suis tombée sur son dernier roman "Ritournelle de la faim". La quatrième de couverture m'a interpellée et l'avant-propos également. Il ne m'en fallait pas plus pour repartir avec mon exemplaire sous le bras.

En 1931, la bourgeoisie parisienne vivote entre luxe, oisiveté et investissement immobilier plus ou moins fructueux. Ethel est la fille unique d'un de ces couples. Petite fille modèle, très choyée par ses parents et son grand-oncle Samuel originaire de l'Ile Maurice, elle a foi en un avenir doré.
A l'école, elle découvre l'amitié à travers le regard de Xénia, jeune fille exilée de Russie et vivant modestement dans la capitale française. Ethel va apprendre l'humilité mais également les moqueries et les trahisons de cette amie sans s'en inquiéter outre mesure. Tout aurait pu continuer ainsi si l'ombre du troisième Reich ne planait sur cette jeunesse pleine d'espoir...

Encore une histoire ayant pour fond la seconde guerre mondiale... C'est ce que je me suis dit quand le cercle des parents d'Ethel commence à parler d'un chancelier allemand nommé Hitler. Et puis tout dérive. Car ce qui intéresse Le Clézio n'est pas l'Histoire mais l'histoire d'Ethel et de sa famille se mélant à la grande Histoire. On suit ainsi les mésaventures de cette adolescente parvenue à l'âge adulte trop tôt à cause d'un père l'ayant dépossédée de tout un héritage qui lui revenait de droit et devant assumer les erreurs de ce dernier.
La bourgeoisie nantie se retrouve à la rue et soumise au règne du plus fort, c'est-à-dire l'envahisseur allemand. Le lecteur traverse cette période difficile aux côtés d'Ethel qui n'abandonnera jamais ses parents à la misère malgré tout.

J'ai beaucoup apprécié ce roman qui était pour moi une découverte de cet auteur. Son écriture se situe au plus profond des gens, sans jugement de valeur. En conteur, il expose l'histoire d'Ethel, ponctuée par deux superbes manifestes sur la faim en début de roman (la faim qu'il éprouvait en étant enfant) et en clôture (de colère, d'absolu, de vivre) transformé en litanie par le Boléro...

Je vous invite à aller sur les blogs de Sylire et de Lisa, nos chères organisatrices, pour retrouver tous les liens des membres du Blogoclub!

Rendez-vous le 1er mai pour le prochain numéro du Blogoclub consacré au Mexique avec des billets sur "L'instinct d'Inez" de Carlos Fuentes.

7 commentaires:

Ys a dit…

Avec tous ces billets aujourd'hui, on va avoir l'embarras du choix pour s'initier ou retrouver Le Clezio. J'ai lu plusieurs de ses romans, mais sans jamais avoir vraiment de coup de coeur.

sandrounette a dit…

C'est clair!!! Je n'ai pas non plus eu le coup de cœur même si j'ai passé un agréable moment. Dans ma bibliothèque de classe j'ai "Voyage au pays des arbres". Je verrai si celui-ci me plait davantage!

Hathaway a dit…

Et bien tu m'a donné envie de le lire !!
Il faudra que tu me le prêtes !

sylire a dit…

J'ai lu l'africain, dans lequel il évoque son père. Il s'inspire dans "ritournelle de la faim" de l'histoire de sa mère, ce qui me donne envie de le lire.

Praline a dit…

Je ne connaissais pas ce titre ! J'aime son regard sur l'afrique et sur le voyage, je me demande si un roman sur la guerre me plairait.

sandrounette a dit…

Sylire : J'ai lu ton billet sur l'Africain et il me donne beaucoup envie aussi!

Praline: Il ne s'agit pas vraiment d'un roman sur la guerre mais sur la dégringolade d'une famille bourgeoise. On voit planer la guerre autour d'elle mais elle n'est jamais clairement décrite, et c'est ce qui m'a plu entre autre.

choupynette a dit…

J'ai tenté de lire JMG plusieurs fois avec Désert et Quarantaine. J'ai toujours abandonné. Je crois que son style ne me convient pas du tout!