mardi 29 décembre 2009

L'affaire Jane Eyre, Jasper Fforde

Cela fait très longtemps que ce livre trône sur ma PAL. J'adore les livres qui parlent des livres et j'ai été comblée avec celui-ci!

Jasper Fforde crée tout un univers dans lequel j'aimerais beaucoup évoluer! Un monde peuplé d'agents spéciaux, les OS, avec chacun un domaine de compétences.

Thursday Next, notre héroïne, est une enquêtrice d'un genre un peu spécial: c'est une LittéraTec, c'est-à-dire, une enquêtrice littéraire. Elle fait partie des OS-27. Elle traque les faux manuscrits, essaie de trouver la paternité des pièces de Shakespeare... Car dans son monde, la littérature est presque une religion. Il existe des Baconiens (des adorateurs de Franics Bacon) et tout un tas d'autres lobbies.

Elle est un jour approchée par des agents de OS-5 pour une affaire concernant un certain Achéron Hadès, criminel aux pouvoirs démoniaques. Pourquoi elle? Parce qu'elle connaît son visage.

Nous sommes alors embarqués dans une course folle peuplée de Dodo domestique, de héros de roman transférés dans le monde "réel" de Thursday, jusqu'à l'enlèvement de Jane Eyre.

Ce livre n'est pas racontable parce qu'il est trop complexe. J'ai vraiment tout adoré! L'intrigue, les personnages, le monde présenté par Fforde... J'ai été happée par cet univers loufoque. Ça faisait longtemps que je n'avais pas pris autant de plaisir avec un roman. La fierté que j'ai éprouvée en le refermant! J'ai eu l'impression de me retrouver. C'est bête à dire mais j'ai enfin pris du temps pour moi et ça fait du bien!

D'autres avis par ici chez les chats par Mbu, chez Yueyin, chez Primprenelle

jeudi 12 novembre 2009

Ce que je fais cet automne...

C'est ma petite Hathaway qui m'a fait ce cadeau! Tout est dans l'intitulé. Il faut nommer 7 choses! C'est parti!!!

1. Mon petit Hugo! C'est le grand bouleversement de ma vie. Tout mon temps lui est consacré, pour mon plus grand bonheur!

2. Mes 18 élèves de CP: je les vois 8h, 4 jours par semaine quand même! Sans parler de la préparation de classe...

3. Mon grand chéri qui en pâtit un peu malheureusement... Même si j'essaie de nous garder des petits moments!

4. Ma famille et mes amis qui me soutiennent et sont toujours là pour m'épauler!

5. Et puis voilà... c'est triste, je n'arrive pas à en trouver plus! Je n'ai plus le temps de faire quoique ce soit... et surtout pas de lire... Quand je me pose, je m'endors. C'est ça d'être une jeune maman sans doute!

Mais ça vaut le coup!!!!

lundi 9 novembre 2009

Cité de verre, Paul Auster

Et oui! J'ai enfin réussi à finir un livre! Wouhou! Heureusement qu'il était petit!!!

Daniel Quinn, auteur de romans policiers est dérangé en pleine nuit par des coups de fils mystérieux. Quelqu'un cherche un certain Paul Auster... Intrigué par ces appels il décide de se faire passer pour Paul Auster et d'aller au rendez-vous donné.

C'est alors que l'on apprend l'affaire. Peter Stillman veut se faire protéger de son père, Peter Stillman senior, qui l'a séquestré pendant neuf ans lorsqu'il était enfant.

Daniel Quinn, alias Paul Auster, prend en filature ce Peter Stillman et s'en suit un enchaînement de petits riens. Quinn note tout sur un cahier rouge pendant des mois.

Ce petit roman est la première partie de la Trilogie New-yorkaise de Paul Auster (le vrai!). Il s'est régalé à mélanger toutes les identités: Daniel Quinn prend pour pseudonyme William Wilson pour écrire ses romans, se prend pour Paul Auster et finalement, on apprend que le narrateur n'est pas forcément celui que l'on croit...

De nombreuses surprises sont présentes dans ce roman et j'ai vraiment été prise au piège de la narration et des déambulations des personnages.

J'avais reçu ce livre lors du swap Amérique et je remercie encore Liyah pour ce cadeau!

mardi 6 octobre 2009

Mots roses au clair de lune, Maliki

Voici le tome 3 des aventures de Maliki! Il ne s'agit pas d'une bande dessinée scénarisée mais la compilation de quelques unes de ses meilleures notes parues sur son excellent blog.

Maliki est cette jeune femme aux cheveux roses entourée de ses deux chats Fleya et Fëanor, de son amie Fang mais aussi de drôles de personnages comme Electrocute qui me fait mourir de rire! Je n'aurais pas acheté cette BD de moi-même puisque je suis une fervente lectrice du blog. Mais cadeau d'anniversaire oblige, je me suis replongée dans les délires de cette illustratrice du nord, et je me suis régalée. Difficile de ne pas succomber à ses strips "cro-mignons".

A celles et ceux qui ne la connaissent pas encore, voici le lien vers son blog. Parce qu'il n'y a pas de mal à se faire du bien, surtout à la fin de l'été...

samedi 3 octobre 2009

Tadaaaaam

Bonjour à tous!

Je sors un peu de ma léthargie pour vous dévoiler le colis que j'ai reçu dans le cadre du swap Book Inside organisé par Ys!


C'est Loulou qui m'a bien gâtée! Des petits paquets de toutes les couleurs que je me suis empressée de déballer!




Et voilà le résultat:

* Côté lecture, deux documentaires que j'ai hâte de découvrir! L'art du roman de Virginia Woolf et Bouquiner d'Annie François.
* Côté cadeau de lecture, j'ai eu la chance de recevoir un magnifique carnet pour que Hugo et moi-même puissions écrire nos impressions de lecture. Hugo a également reçu un joli marque-page Pierrot Gourmand (j'en prends soin pour lui Loulou ;)
* Côté gourmandises, un très bon thé Ceylan que je connais bien et dont je suis fan et un assortiment de galettes tout droit venues de la Bretagne de Loulou (miam!)

Un grand merci à Loulou pour ces délicates attentions qui sont tombés dans le mille! Je pense que tu vas réveiller mes habitudes de lectrice, mise à mal par le manque de temps...

Le colis que j'ai confectionné est parti ce matin, j'espère que ma swapée sera contente!

Un énorme merci à Ys pour l'organisation de ce swap! Et pour le plaisir, une photo de mon cœur, déjà accro à son livre!

dimanche 30 août 2009

J'aurais adoré être ethnologue, Margaux Motin

Habituée des blogs dessinés , c'est avec l'édition papier( offert pour mon anniversaire) de quelques uns des billets de son blog que j'ai découvert Margaux Motin.

Au départ, j'avais un peu peur d'être confronté à une dessinatrice au style très ressemblant à celui de Pénélope Bagieu que j'aime beaucoup. Et puis tout s'est envolé en lisant!

Margaux raconte sa vie de femme de tous les jours avec une pêche et une auto-dérision énormes! J'ai éclaté de rire à plusieurs reprises! Son vocabulaire, sa franchise et son coup de crayon valent le détour!

Le seul problème que je rencontre toujours avec ce genre d'oeuvre, c'est qu'elles sont vraiment trop courtes! Heureusement, on peut aller sur son blog pour avoir des piqûres de rappel!!!

samedi 22 août 2009

Le mystère de la chambre jaune, Gaston Leroux

Après Alexandre Dumas, me voici embarquée chez Gaston Leroux et en particulier dans sa mystérieuse chambre jaune.

Le drame survient dans le domaine du Glandier, chez le professeur Stangerson, un éminent chercheur en chimie et sa fille Mathilde. Celle-ci se fait sauvagement agresser dans la chambre jaune alors qu'elle s'y est enfermée à double tour et que son père travaille dans le laboratoire attenant. En défonçant la porte, le professeur retrouve sa fille gisant au sol mais aucune trace de l'agresseur...

C'est ce qu'on appelle le "meurtre en chambre close"! Et j'adore ce genre d'enquête! On se demande toujours par quelle pirouette le meurtre a été commis. Heureusement, il y a toujours un détective débrouillard qui trouve la solution à l'énigme. Si vous aimez ce genre d'enquête, bienvenue chez Gaston Leroux!

J'avoue que le début du roman est un peu long... Joseph Rouletabille, l'ingénieux reporter, va fouiner partout et tenter de résoudre le crime. Evidemment, de nombreux événements vont se succéder et l'assassin ne va pas hésiter à narguer les enquêteurs. Rouletabille est un garçon un peu énervant quand même! Il avance ses pions petit à petit sans rien expliquer... Quelle frustration! Puis le rythme s'accélère pour le plus grand bonheur du lecteur qui ne peut plus rien faire d'autre que de lire, lire et lire encore pour arriver au bout du raisonnement de Rouletabille.

Si jamais vous aimez les énigmes et les enquêtes de "meurtre en chambre close", je vous conseille les premiers tomes du manga Détective Conan de Gosho Aoyama!

vendredi 14 août 2009

La tulipe noire, Alexandre Dumas

Qu'est-ce qu'un horizon d'attente? En littérature il s'agit de tout l'implicite contenu dans la première de couverture, la quatrième de couverture, le titre de l'œuvre et, pourquoi pas, des références extérieures.
Exemple: La tulipe noire. A priori, on peut croire qu'il s'agit d'une histoire de tulipe. Et voilà. C'est ça. L'histoire d'une tulipe... noire de surcroit. Bon.

Le problème est que mon horizon d'attente a été troublé par un certain dessin animé intitulé "La tulipe noire". Mais si, souvenez-vous! Une jeune justicière blonde habillée de noir qui faisait la justice sous le Paris révolutionnaire! Alors en ouvrant le roman, je pensais retrouver une bonne histoire de cape et d'épée dont Alexandre a le secret. Alors quand le romancier pose ses personnages de Corneille et Jean de Witt, alors garants de la république hollandaise qui se font sauvagement assassiner par la foule en délire partisane de Guillaume d'Orange, je me frotte les mains. J'attends l'arrivée de gentilhommes gantés, épée à la ceinture. Et puis non. Horizon d'attente complètement fourvoyé! Chouette!

Après la déception, la découverte. Il faut vraiment s'appeler Alexandre Dumas ( mon deuxième écrivain préféré après le grand Victor (ils partagent d'ailleurs le même caveau au Panthéon) pour captiver son lecteur avec une histoire de tulipe!

Cornelius de Witt, filleul du Corneille assassiné par la foule est un horticulteur en général et un tulipomane en particulier. Il ne se préoccupe nullement de la politique. C'est pourquoi son parrain lui confie, avant sa mort, un document de la plus haute importance. Cornelius n'a qu'une idée en tête : faire fleurir une tulipe noire sans tâche que le Comité horticole de la ville de Harlem fixe à cent mille florins. Son projet sera contrarié à cause d'une accusation de complot mais aussi à cause de son envieux voisin qui fera tout pour lui voler sa précieuse tulipe. Mais l'espoir renaîtra grâce à la belle Rosa.

Il s'agit vraiment d'un roman très intéressant où se trouvent tous les enjeux romanesques : un héros naïf et beaucoup trop gentil, un méchant bien vicieux usant de déguisement, une belle histoire d'amour avec un fond d'enjeu politique et surtout, la plume d'Alexandre Dumas.

Quand on ne peut plus lâcher un livre avant la fin, le pari est gagné! Finalement, j'aime quand l'horizon d'attente est bousculé!

mercredi 5 août 2009

Aimer à peine, Michel Quint

"Oui je veux vous aimer mais vous aimer à peine"

Guillaume Apollinaire, "Marie"

Avez-vous lu "Effroyables jardins" du même auteur? Si ce n'est le cas, en voici un petit résumé: dans les années 50, Jacques, un instituteur, passe la majeure partie de son temps libre à faire le clown. Avec sa valisette contenant son nez rouge, ses savates et son nœud papillon, il s'évertue à jouer au grand dam de son fils. Celui-ci a honte de ce père qu'il juge pathétique dans son rôle d'Auguste. Il va alors apprendre pourquoi son père prend ce costume, en hommage à un soldat allemand qui les a sauvé, son père et son ami André pendant la guerre alors qu'ils étaient sur le point de se faire tuer.

Cela dit, on retrouve dans "Aimer à peine" le fils de Jacques. Celui-ci prépare un mémoire sur les coulisses politiques du sport en Allemagne. Il se rend donc à Munich en 1972, au moment où les attentats terroristes des JO vont avoir lieu. Il va faire la connaissance d'une jeune fille, Inge, qui va faire ressurgir le passé enfoui de Jacques.

Ce roman est agréable à lire. On retrouve la belle plume de Michel Quint ainsi que ses thèmes de prédilections (la mémoire et sa transmission, ses origines, la culpabilité par rapport à un passé peu glorieux...). Cependant, la trace qu'il laissera dans ma mémoire ne sera pas immuable.
Ayant rencontré Michel Quint lors du Festival du livre de Sablet, j'ai de la sympathie pour cet auteur bon vivant et j'ai encore un de ses romans dans ma Pile à Lire, Max. J'espère qu'il me plaira davantage!

vendredi 31 juillet 2009

Le Montespan, Jean Teulé

Pour rédiger ce billet, j'ai lu, comme à chaque fois, les avis de mes consoeurs
blogesques et on ne peut pas dire que ce roman fasse l'unanimité. Nombreux sont les lecteurs déçus par le personnage central du livre à cause de son manque de charisme ou de profondeur. Alors que penser?

Tout le monde a entendu parler de La Montespan, favorite de Louis XIV même si ce n'est qu'à travers le spectacle du "Roi-soleil" (oui je sais j'ai beaucoup de culture musicale). La Montespan, donc, a dû abandonner son mari et ses enfants pour entrer dans le monde sans pitié de la Cour à Versailles. Quel grand honneur pour Le Montespan que sa femme soit choisi pour jouer à "colin-tampon" avec le roi (dixit Mr Teulé). Le problème c'est que ce marquis est éperdument amoureux de sa femme et qu'il compte bien la récupérer.

Je suis tombée sous le charme de ce marquis... Même s'il est naïf (penser que l'on peut défier le Roi Soleil...), je l'ai trouvé extrêmement touchant. Jean Teulé a réussi, comme souvent, à peindre un portrait au vitriol de la société d'Ancien Régime pour réhausser l'honneur du Montespan que l'Histoire a oublié.

Cependant, ce n'est pas le roman que je préfère de Jean Teulé... Pourquoi retomber dans des descriptions graveleuses, fangieuses des moeurs de l'époque? Oui tout le monde était sale, oui l'hygiène était horrible à Versailles mais ce décor qui était si important dans "O Verlaine" pour comprendre sa fin est, à mon avis, inutile et enlève de l'intérêt à l'oeuvre. Je me suis même surprise à lever les yeux au ciel et à soupirer en lisant quelques phrases qui sentaient le déjà-vu dans l'oeuvre de Teulé que j'apprécie particulièrement.

Donc si vous n'avez pas lu de roman de Jean Teulé, vous pouvez lire celui-ci sans problème, vous l'apprécierez. En revanche, ceux qui ont déjà goûté à ses oeuvres, vous y trouverez une certaine redondance qui nuit au déroulement de l'histoire.

Les avis de Laiezza, Lhisbei et Sandrine et d'Ys entre autres

jeudi 16 juillet 2009

Le cadavre du métropolitain, Lee Jackson


A la fin du XIXème siècle, Londres est une cité tentaculaire où le crime s'épanouit. Decimus Webb, inspecteur à Scotland Yard traque les malfaiteurs dans cette capitale lugubre. Lorsqu'une jeune femme est retrouvée étranglée dans le wagon du tout neuf métropolitain, toute la presse s'empare de l'affaire et fait ses gros titres avec "l'étrangleur du métropolitain". Que se passe-t-il quand un jeune homme sans histoires se retrouve au mauvais endroit au mauvais moment? Il est accusé de meurtre évidemment!

J'avoue que j'adore les romans historico-policier. Et je me suis trompée! Je pensais que c'en était un d'après la quatrième de couverture et bien pas du tout!!! Le meurtre perpétré sert de prétexte pour nous faire arpenter le Londres des bas-fond de cette fin de siècle. Finalement, peu importe le meurtrier, peu importe le mobile.
Les chapitres sont courts mais servent à faire alterner les personnages. J'ai longtemps été perdue : je n'arrivais pas à me rappeler du nom des personnages et c'était très gênant dans la lecture!

Au final, il ne me reste pas grand chose de ce roman... Je ne l'ai pas trouvé très captivant même s'il se laisse lire tout de même (son petit nombre de pages joue en sa faveur!).


vendredi 3 juillet 2009

Blog en pause!


Ça y est! Hugo a pointé le bout de son petit nez vendredi 26 juin à 19h45! Nouvelle vie à trois, nouvelle organisation et pas beaucoup de temps pour le moment! A très vite!!!

samedi 27 juin 2009

Les tout-petits loups, Olivier Caillard, Antonin Louchard

Êtes-vous partant pour un voyage haut en couleur en compagnie de ces Tout-petits loups? Ils sont à croquer! Ce Tout-petit livre offre 7 chansons faisant le bonheur des petits comme des grands. 30 enfants chantent ces textes pleins d'humour illustrés par Antonin Louchard qui font partie de mes "classiques".

Ma préférée: Mamadou, Casimir et Tintin!

Merci aux éditions Enfance et Musique pour l'envoi de ce petit bijou qui trouvera une bonne place dans mes classes futures et à Babelio pour cette opération Masse critique qui est toujours un succès!


jeudi 25 juin 2009

La voleuse de livres, Markus Zusak

Allemagne, début 1939. Une femme, accompagnée de ses deux enfants, prend un train. Elle les conduit dans une famille d'accueil. C'est alors que l'ainée, Liesel, âgée de 10 ans rencontre la Mort pour la première fois. Celle-ci emporte son petit frère avant la fin du trajet.

Je n'enlèverai pas le suspens du livre en disant que la narratrice n'est autre que la Mort elle-même. Elle nous raconte le destin singulier de cette petite Liesel, de sa reconstruction au sein de sa famille d'accueil, de sa vie quotidienne dans une petite ville de la banlieue de Munich en plein cœur du IIIème Reich.

Ce roman m'a énormément touchée parce qu'il raconte le quotidien, l'extrême banalité de la vie d'une petite fille confrontée à une horreur qu'elle ne décèle pas tout de suite. Qui pourrait lui en vouloir?

Une énorme douceur se dégage de l'ensemble. Les personnages sont touchants de vérité, de sincérité, d'humanité. J'ai particulièrement apprécié Rudy, le meilleur ami de Liesel qui se damnerait pour un baiser de sa belle. Trop fière pour lui accorder ce qu'ils souhaitent tous les deux, elle ne s'en rendra compte que trop tard.

"La voleuse de livres" est un titre parfait. Liesel vole son premier à la mort de son frère et ne sait pas lire à l'époque. C'est son père nourricier, Hans, qui lui apprendra à accorder les lettres pour en faire des mots, puis des phrases. Ces épisodes d'apprentissage de la lecture en "taggant" les murs de l'abro anti-aérien sont d'une intelligence et d'une beauté sans pareille. Et que dire de la relation que Liesel entretiendra avec les livres et les mots... L'Homme-plume, La secoueuse de mots... Il ne m'en faut pas plus pour crier au génie! C'est vraiment ce genre de prose qui me fait vibrer!

Markus Zusak m'a réellement transporté. Classé parmi les oeuvres de littérature jeunesse, ce roman a tout pour être un de mes outils pédagogiques pour aborder la vie sous le nazisme. Il traite cette période sombre de l'Histoire allemande à travers les yeux de civils essayant de survivre malgré tout. Il permet de se placer du côté allemand de la barrière de manière très touchante.

Si vous n'avez pas encore compris, il s'agit d'un énorme coup de coeur!

A lire, beaucoup d'avis contraires! Du côté de celles qui ont appréciés, on trouve Fashion, Chaplum. Karine est plutôt mitigée et Ys s'est carrrément ennuyée! A vous de lire et de juger!

mardi 23 juin 2009

Petit tag

Un petit tag tout en douceur et en poésie, proposé par Gio et qui m'a été proposé par Hathaway.

Le principe est simple, associer une image à chacune des 12 propositions suivantes.

Choses qui font battre le cœur: Quand je pense que je vais bientôt être maman

Choses qui font naître un doux souvenir du passé: L'odeur des beignets encore chauds

Choses qui ont une grâce raffinée: L'étirement d'un chat

Choses qui gagnent à être peintes: Ma belle Provence

Choses qui donnent une impression de chaleur: Le regard insistant d'un beau jeune homme

Choses embarrassantes : Ne plus trouver ses mots en public

Choses qui emplissent l'âme de tristesse: Les êtres chers qui disparaissent

Choses qui sont les plus belles du monde: les mouvements du bébé dans son ventre

Choses qui semblent pures: La chute d'une cascade

Choses que l'on a grand hâte de voir ou d'entendre : la frimousse de mon bébé

Choses qui donnent confiance: les compliments des collègues sur ses compétences

Choses vénérables et précieuses: l'amour que l'on nous porte


Merci à Hathaway pour ce gentil tag!


samedi 20 juin 2009

Sauver Noël, Romain Sardou

Londres, 1854. Gloria Pickwick est une gouvernante atypique: charismatique rousse au caractère bien trempé, elle fait régner l'ordre dans la maison de ses maîtres à elle toute seule. Elle n'hésite pas à affirmer ses principes haut et fort et tout le quartier la tient en grand respect.

La maison mitoyenne à la sienne reste inoccupée pendant de nombreuses années à cause d'une sombre histoire d'héritage. Quelle ne fut la surprise des habitants du quartier lorsqu'ils voient débarquer un beau jour (ou plutôt une belle nuit), un mystérieux baron et son cortège dans cette demeure glauque. Rien d'extraordinaire à priori malgré la curiosité qu'ils dégagent. Un nouvel habitant est souvent sujet à commentaires.

Les choses se corsent lorsque, le soir de Noël, aucun enfant ne reçoit le moindre cadeau. Une vague de tristesse traverse Londres le matin du 25 décembre. Seule une maison fait la fête, celle du mystérieux baron Ahriman. C'en est trop pour Gloria qui décide de prendre les choses en main. Le récit s'affole et laisse place à de nombreux personnages dont des lutins, et même le Père Noël himself!

Il faut lire ce roman pour ce qu'il est: une histoire divertissante et amusante. Parce qu'au-delà, il n'y a pas grand chose à voir... Certes la plume de Romain Sardou est sympathique mais elle n'est pas révolutionnaire. Son envie de transmettre de la magie, de la tendresse est un peu surfaite par moment. Je me suis sentie un peu blasée par des sentiments de déjà-vu sans arriver à surpasser les originaux. Quelquefois je me revoyais dans un remake mal formulé de The nightmare before Christmas (un de mes films fétiches!).

Sauver Noël se veut un conte sans prétention et réussit à atteindre cet objectif. Un peu plus d'ambition aurait été appréciable!

mercredi 17 juin 2009

Les misérables, Victor Hugo

Lire le roman de tout un siècle produit un effet étrange. Plusieurs sentiments se bousculent en moi en refermant cette épopée.

Victor Hugo est mon auteur fétiche depuis que j'ai lu Les Châtiments. Sa poésie, son engagement, sa volonté, sa beauté ont fait écho au plus profond de moi. J'ai depuis approfondi ma connaissance de son œuvre poétique, qui est celle que je préfère. Certains poèmes me procurent des frissons, d'autres me font pleurer à chaque fois. J'en lis régulièrement à mon gros bidon pour que Hugo connaisse les vers de son illustre aïeul à qui il doit son prénom.

Je ne m'étais pas encore intéressée à son œuvre romanesque si ce n'est avec Le dernier jour d'un condamné ou encore Claude Gueux. J'ai donc décidé de mettre mon congé maternité à profit en m'attaquant à sa plus grande œuvre, Les Misérables. Et j'ai bien fait de prendre mon temps pour en savourer chaque chapitre, chaque portrait, chaque mot. On ne peut pas lire Les Misérables comme n'importe quel autre roman. Il contient tout ce que j'aime : la musique des mots, les explications historiques d'un siècle en plein changement avec les détails réalistes de la société parisienne. Un portrait sans concession de la misère humaine.

A l'époque de sa parution, en 1862, il ne fut pas très bien accueilli par la critique. Certains le trouvait trop mielleux, d'autres trop moralisateurs ou, au contraire, trop trivial. Pourtant, le succès populaire fut fulgurant. Ce qui m'étonne beaucoup d'ailleurs. Sans vouloir vexer la population du XIXème siècle, il s'agit tout de même d'un roman "savant" où de nombreuses inférences littéraires, mythologiques, politiques côtoient l'histoire à proprement parler. Parlons-en de l'histoire! Je ne vous ferai pas de résumé tellement c'est dense.

Le roman est découpé en 5 tomes d'égale importance. Chaque tome est attaché à un personnage spécifique: Fantine - Cosette - Marius - L'idylle de la rue Plumet et l'épopée rue Saint-Denis (où nous est narré les combats des barricades) - Jean Valjean. A travers ces 5 tomes, Victor Hugo garde pour fil rouge le personnage de Jean Valjean que l'on suit de sa première évasion du bagne à sa mort. Ce personnage est vraiment très réussi: toutes ses aspérités et ses facettes sont présentées sans tomber dans le pathos. C'est lui le phare qui illumine les déchets du genre de Thénardier sans prendre conscience de son aura. Son humilité contraste avec les pires ignominies présentes dans les rues de Paris.

Ce n'est qu'un exemple parmi tant d'autres. Que dire du personnage de Javert, personnification de la fouine par excellence qui ne se laisse aucun répit, de Cosette si touchante, de Marius si affligeant et attachant dans sa naiveté, de Thénardier, rapace perfide qui arrive toujours à ses fins...

Le roman Les Misérables est connu dans le monde entier. On connaît tous son histoire grâce à diverses adaptations. Cependant, rien n'est comparable à la lecture du roman lui-même. C'est un vrai petit bijou de la littérature française, un monument à lui tout seul.


jeudi 11 juin 2009

Faites le vide dans votre bibliothèque!

Bonjour tout le monde!

Je suis plongée dans le monde merveilleux de Victor Hugo (le dernier tome des Misérables), c'est pour ça que le blog dort un petit peu en ce moment! Cependant, j'étais obligée de relayer l'information que m'a envoyé Babelio! Je suis sûre que vous êtes comme moi et que vous avez pleins de livres dans vos bibliothèques qui sont là pour faire joli! :)

Faites donc une bonne action en envoyant ces livres à Babelio qui les transmettra à des bibliothèques en Haïti. Cliquez sur l'image pour en savoir plus!


lundi 18 mai 2009

Challenge ABC 2008/2009 - Bilan

Tadammmmmmm! Voici venir l'heure du bilan final du challenge ABC fait en coopération avec Hathaway. Notre challenge commença le 1er mai 2008 et se termina donc le 30 avril 2009 (pourquoi faire simple...).

Nous avons toutes les deux fait beaucoup mieux que celui de l'an dernier! Nous avons lu les 25 livres que comptaient notre challenge (1 livre est resté introuvable...) mais Hathaway est la seule à avoir remplie les conditions dans les délais! J'ai en effet fini le dernier roman une semaine après le terme... ARGGGGGGHHHHHH! Bravo donc à ma petite Hathaway qui recevra bientôt un petit cadeau pour l'avoir emporté!

Tout de suite, voici notre bilan:

Hathaway / Sandrounette

Livre préféré: L'ombre du vent / L'ombre du vent

Livre le moins aimé: Cet amour-là / Cet amour-là

Meilleure intrigue: La femme en vert / La femme en vert

Top 3: L'ombre du vent / L'ombre du vent
La femme en vert / Jonathan Strange et Mr Norrell
Chinoises / Prenez soin du chien

Flop 3: Lettre au père / Les lumières du zinc
La part manquante / La part manquante
Cet amour-là / Cet amour-là

Coup de coeur: Prenez soin du chien / La femme en vert


Nous sommes arrivées à peu près à la même conclusion! Nous avons partagé une bonne année de lecture même si certains romans ont été durs à avaler...
Pour le nouveau challenge, nous avons décidé de piocher dans nos PAL respectives et surtout, de choisir tous les libres ensemble! (alors que nous avions fait moitié moitié pour les précédents). Voici donc notre challenge ABC 2009/2010!

A: Jane Austen, Orgueils et préjugés

B: Emily Brontë, Les Hauts de Hurlevent

C: Paule Constant, Sucre et secret

D : DaphnéDu Maurier, Rebecca

E: Jean Echenoz ,L’occupation des sols

F: Jasper Fforde, L’affaire Jane Eyre

G: Anna Gavalda, Je voudrais que quelqu’un m’attende quelque part

H: Mark Haddon, Le bizarre incident du chien pendant la nuit

I: Ishiguro, Auprès de moi toujours

J: Lee Jackson, Le cadavre du métropolitain

K: Kuroyanagi, Toto-chan

L: Denis Lehane, Ténèbres, prenez-moi la main

M: Mc Call Smith, Amis, amants et chocolat

N: James Nichols, Ne te retourne pas

O: Otte, Les amours de Sailor le chien

P: Antoine Piazza, Roman fleuve

Q: Michel Quint, Cake walk

R: Eric Reinhart, Cendrillon

S: Romain Sardou, Sauver Noël

T: Jean Teulé, Le Montespan

U: John Updike, Les sorcières d’Eastwick

V: Didier Van Cauwelaert, Vie interdite

W: Donald Westlake, Pourquoi moi ?

X : Xinran,

Y ?

Z : Markus Zusak, La voleuse de livres


Advienne que pourra!



mercredi 13 mai 2009

L'homme chauve-souris, Jo Nesbo

Harry Holy est un inspecteur de police norvégien envoyé en Australie pour prêter main forte au sujet du meurtre sordide d'une compatriote. Son contact sur place, un policier aborigène du nom d'Andrew Kensington, lui fait un topo sur la situation en même temps qu'une découverte assez particulière de Sydney: visite de clubs de strip-tease, de cirques ambulants, de combats de boxe itinérants...
Normalement, le grand norvégien ne devait rester qu'une petite semaine en Australie mais évidemment, les choses vont tourner différemment et l'obliger à rester plus longtemps...

J'ai vraiment passé un excellent moment de lecture avec ce roman mais à partir de la page 180! Le début est vraiment très très très long : l'auteur pose son décor en racontant de nombreuses histoires et légendes australiennes, explique les enjeux de tous les mélanges culturels et éthniques qui sont à la base de ce peuple. Je ne dis pas que c'était inintéressant, au contraire. J'ai appris plein de choses qui m'ont montré à quel point j'étais ignare sur le peuple australien. J'aurais certainement plus apprécié que toutes ces informations soient disséminées au fur et à mesure plutôt qu'en long préambule.

Cela étant, les trois autres quarts du roman sont passionnants! C'est à bout de souffle que l'on tourne les pages pour voir progresser l'enquête, qui nous emmène bien loin du point de départ... ou bien plus près que l'on ne croit! Grâce à ce dénouement mené tambour battant, on oublie les débuts laborieux pour s'enfoncer au plus profond de cet homme chauve-souris insoupçonné jusqu'à la fin...

A lire, l'avis de Yueyin qui m'avait donné envie de lire ce polar et celui d'Hathaway, beaucoup moins enthousiaste... Merci à Tonio pour le prêt de ce roman!

Avec ce billet s'achève la lecture des livres du challenge ABC 08/09!


vendredi 8 mai 2009

Première ligne, Jean-Marie Laclavetine

C'est avec un peu d'appréhension que j'ai ouvert la première page de ce roman. En effet, Hathaway n'avait pas du tout apprécié l'histoire et le style du livre. Comme en ce moment nos avis se rejoignent j'avais un peu peur. Mais le temps de l'harmonie est terminé! :)

Cyril Corouan est à la tête d'une modeste maison d'édition parisienne. Assez reconnue cependant pour recevoir des dizaines de manuscrits par jour. Avec son assistante, Blanche, il désespère de trouver LA perle rare qui fera les beaux jours de son commerce. Il trouve tout ce qu'il reçoit pathétique et s'arrache les cheveux. Il faut dire que les titres des manuscrits valent le détour! Entre La symphonie Marguerite ou Zoroastre et les maîtres nageurs, il y a de quoi devenir fou! D'ailleurs l'auteur de ce dernier est reçu par Cyril (C.C pour les intimes). L'éditeur veut lui expliquer le refus de son manuscrit... Le problème est que l'auteur prend un révolver et se suicide devant l'éditeur qui n'en croit pas ses yeux...

A partir de cette situation plus qu'éprouvante, Cyril va remettre totalement en question ses méthodes de travail. Il va créer un club, les Auteurs Anonymes, pour tenter de convaincre les "écriveurs" d'arrêter d'écrire. Parallèlement, on suit les déboires sentimentaux de Cyril avec sa compagne Anita. Le roman est également ponctué de "chapitre un" ayant chacun un style différent et particulier. On comprend le fin mot de ces "chapitre un" à la fin.

J'ai vraiment apprécié cette lecture! Je me suis laissée embarquer dans la vie tourbillonante de notre éditeur sans en avoir conscience. La fin m'a tenue en haleine, la construction du roman est très intéressante et ne m'a pas lassé une seconde! J'ai passé un très bon moment de lecture en compagnie de ce roman!

mercredi 6 mai 2009

Le liseur, Bernhard Schlink

Décidément, j'enchaîne les livres qui me laissent une impression étrange... Surtout que ce roman est très connu partout dans la blogosphère et qu'il est surtout apprécié. Vous allez peut-être pouvoir m'éclairer sur l'engouement qu'il a suscité.

Mickaël est un jeune garçon de quinze ans lorsqu'il rencontre Hanna alors âgée de 36 ans. Ils deviennent rapidement amants. Un rituel s'installe alors entre eux: Michaël fait la lecture à Hanna avant que sa belle ne lui fasse l'amour. Ce petit jeu dure quelques années puis Hanna disparaît sans laisser de traces.
Des années après, alors qu'il assiste à un procès en tant que stagiaire, Mickaël retrouve Hanna dans le box des accusés. En effet, nous sommes dans l'Allemagne post 3ème Reich avec toutes les questions que cela peut soulever.

Je n'ai pas du tout accroché. Le roman n'a pas eu le même effet que sur Hathaway ou Sybilline qui ont trouvé passionnante la deuxième partie axée sur le procès et le crime commis par Hanna. Non seulement ça ne m'a pas touchée, mais en plus j'ai trouvé ce passage ennuyeux. Je n'arrive pas à comprendre où voulait nous emmener l'auteur. Bien que je comprenne sa réflexion sur la Shoah et ses conséquences sur ces jeunes gens de la génération suivante, je n'ai pas saisi cette incision dans la relation Mickaël/Hanna. D'ailleurs, est-elle bien intéressante cette relation? Finalement, le poisson est un peu noyé.

Je n'ai donc pas adhéré au propos de l'auteur. Je m'attendais à un tout autre roman, me voilà déçue...

Lire les avis enthousiastes d'Hathaway, Ys, Sybilline et Karine :) qui me font penser que je suis vraiment passée à côté du roman.

lundi 4 mai 2009

Victor, Michèle Fitoussi

Voilà un billet bien embêtant à rédiger puisque je ne sais que penser de cette lecture, même une bonne semaine après l'avoir terminée. On ne peut pas dire que c'est un chef-d'œuvre mais on ne peut pas dire non plus qu'il n'est pas intéressant. Jugez plutôt.

Victor est un vieux monsieur qui se meurt dans un petit appartement miteux du centre ville parisien. Ses voisines le prennent sous leur aile pour lui faire retrouver un peu de dignité. L'une d'elles, Alice, est une jeune stagiaire d'un grand quotidien national. Les fêtes de Noël approchant, elle a une idée de génie: faire passer une annonce pour faire adopter Victor. Le directeur du journal est très enthousiaste (Victor un peu moins) par un sujet qui passionnera les ménagères.

Le reste du roman raconte la nouvelle vie de Victor au sein de sa nouvelle famille. Vie qui va très bien se passer au départ pour finir en couac évidemment. Je ne saurai dire ce qui m'a réellement gênée à la lecture. La situation initiale était intéressante et originale et puis, au fur et à mesure du roman, nous assistons à la déchéance de la famille modèle, propos banal et raconté avec beaucoup de banalité. Un livre qui ne restera pas dans les annales donc...

L'avis d'Hathaway, très tranché!

vendredi 1 mai 2009

Portraits dans le temps, Carlos Fuentes

Voici un livre ovni! Lorsque je suis allée à ma bibliothèque pour demander un roman de Carlos Fuentes, tous étaient déjà empruntés (enfin je dis tous, il serait plus honnête de dire le seul). Je me suis alors rabattue sur ce livre basé sur la vie de Carlos Fuentes et son époque plutôt que sur son oeuvre littéraire. Ce fut très intéressant!

Carlos Fuentes Lemus est le fils de l'écrivain. Il était artiste lui aussi mais dans l'univers de la photographie. Son hémophilie doublée du virus du SIDA l'a vu disparaître alors qu'il était âgé de seulement 27 ans. Les photographies qu'il prenait étaient plutôt des portraits, portraits d'écrivains, de peintres, de sculpteurs, de cinéastes, amis de son père pour la plupart.

"Portraits dans le temps" nous offre un double point de vue sur une époque: un point de vue photographique et le point de vue poétique de Carlos Fuentes père. Plusieurs artistes sont ainsi mis en valeur par le portrait du fils et les souvenirs du père. Il nous raconte plusieurs anecdotes sympathiques sur Gabriel Garcia Marquez, Mohamed Ali, Harold Pinter, Gregory Peck, entre autres. J'avoue que certains artistes de cette époque m'étaient inconnus et j'ai pris plaisir à les découvrir à travers un écrivain très talentueux.

il ne me reste plus qu'à lire un roman de Carlos Fuentes (en espérant que la bibliothèque l'ait récupéré quand j'y retournerai) pour compléter l'image que je me fais de lui!

Rendez-vous le 1er juillet pour le prochain blogoclub qui aura pour thème la famille avec Nous étions les Mulvaney de Joyce Carol Oates.

Rendez-vous sur le blog de Sylire pour avoir les liens vers les billets sur "L'instinct d'Inez" que la plupart des membres du club a trouvé trop confus...

dimanche 26 avril 2009

Confessions d'un barjo, Philip K. Dick

Sommes-nous tous barjos ? Ou le seuls les américains ont le privilège de l'être ? Jack prend la parole dans le premier chapitre pour raconter sommairement son enfance dans une ville de Californie avec sa sœur Fay. Mais le lecteur comprend rapidement que ce n'est là que le point de départ et que cet incipit n'est là que pour faire son travail, c'est-à-dire planter le décor.

Chaque chapitre est pris en charge par un protagoniste différent, ce qui nous fait 4 points de vue dans tout le roman. Jack (est-ce lui le barjo?) qui croit aux extra-terrestres, n'a pas de vie sociale ni de travail, squatte à droite et à gauche jusqu'à ce que Fay (est-ce elle la folle?) aille le chercher pour l'emmener chez elle à la campagne. Son mari Charley (lui peut-être?) a du mal à la supporter et le lui fait savoir de façon plus ou moins violente jusqu'à ce qu'un arrêt cardiaque l'envoie à l'hôpital de San Francisco. C'est alors que Nathan (lui?) se rapproche dangereusement de Fay au point de....

Finalement, tout ça n'a pas beaucoup d'importance. Tous ces barjos ces gens-là, à leur manière. Et Philip K .Dick l'a merveilleusement retranscrit! En prenant appui sur une famille américaine moyenne dans les années 50 vivant à la campagne, ce n'est pas la société que l'auteur égratigne mais plutôt la dureté des relations humaines. Là où le dialogue est absent, la violence prend place. Le fait de donner la parole aux quatre personnages à tour de rôle est intéressant dans la mesure où chaque personnage contredit plus ou moins la parole précédente! Et on se laisse réellement embobiner par tous ces barjos sans pouvoir les lâcher. J'avais un peu d'appréhension en commençant le roman (encore mes préjugés bidons sur la littérature américaine sans doute) qui s'est bien vite estompée au fur et à mesure! Une belle découverte donc!

A lire, l'avis d'Hathaway, et celui de ma copine Lhisbei chez les Chats


samedi 25 avril 2009

Swap Amérique

Il y a quelques temps déjà, Hathaway m'avait convaincue de m'inscrire au Swap Amérique. Il n'a pas fallu bien longtemps pour me convaincre, rassurez-vous! ;)

Hier je reçois un colis de la part de Liyah! Depuis le temps que j'étais à l'affût! Après m'être remise de mes émotions, je me suis précipitée sur ma paire de ciseaux et voilà ce que j'ai découvert:

Notez la parfaite harmonie entre le papier cadeau et ma nappe... Je sentais déjà que ça me plairait!

Voici ce que j'ai découvert en ouvrant tous ces petits paquets. Côté lecture, 3 livres :
-L'étrange histoire de Benjamin Button de Francis Scott Fitzgerald
- Cité de verre de Paul Auster
- Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur de Harper Lee.
Je suis ravie de pouvoir retrouver l'univers de Paul Auster que j'avais beaucoup aimé dans Brooklin Follies ainsi que de découvrir les deux autres! J'ai beaucoup entendu parlé de Harper Lee et de son roman.

Côté gourmandise, j'ai aussi été gâtée avec un pot de beurre de cacahuète dont je suis fan et une tablette de chocolat au caramel (Miam Miam!) Mon régime sans sucre va être mis à mal! :)

Liyah a également pensé à un petit cadeau pour Hugo qui arrive dans deux mois : une jolie paire de chaussette avec la plus américaine des petites souris: Mickey himself!

Et quelle ne fut ma surprise en découvrant à l'intérieur de sa carte un véritable dollar américain: la classe!!!!

Merci à toi Liyah pour toutes ces charmantes attentions et encore merci à Prélude pour l'organisation de ce swap!

jeudi 23 avril 2009

La fille de l'ascenseur, Ye mang

Ce recueil est composé de 3 petites nouvelles traitant de la vie quotidienne des chinois à l'aube du XXIème siècle. Sans prétentions, elles permettent de nous immiscer au cœur du système chinois.

La première nouvelle, qui donne son nom au recueil, raconte la vie humble de cette pauvre liftière qui conduit la maîtresse de son mari devant la porte de son foyer toutes les semaines, se dévouant pour son mari, pour finir dans l'anonymat le plus total.

La seconde nouvelle est très courte. Baptisée "une journée harassante", elle porte bien son nom! Elle raconte le quotidien d'une famille, de la longueur du trajet pour se rendre au travail, de la routine qui tue le couple à petit feu, de la futilité de nos journées finalement.

Quant à la troisième, "L'initiation", elle a résonné au plus profond de moi. En effet, il s'agit du quotidien d'un enfant de 7 ans dans son école et de sa maîtresse complètement corrompue par le niveau social de chacun. Préférant valoriser des enfants dont les parents ont une bonne situation au détriment des vrais enfants brillants.... sans pour autant s'attirer les foudres et les reproches des enfants qui ne trouvent pas cette situation injuste... J'espère que la situation a évolué dans les écoles chinoises...

Trois petites nouvelles qui ne sont pas longues à lire et qui posent pourtant les bases d'une vraie réflexion. Après Chinoises de Xinan, voilà une autre facette de la vie quotidienne chinoise dépeinte par un homme cette fois!

Chez Hathaway...

mercredi 22 avril 2009

Cette année-là...

Voici la surprise que m'avait préparée mes 24 petits amours de CM2 lors de mon dernier jour avec eux (et oui je suis en congé maternité jusqu'à la fin de l'année scolaire). De quoi verser quelques larmes....

Cette année là ,
On la voyait pour la 1ère fois ,
Ses élèves ne la connaissaient pas ,
Cette maîtresse s'appelle Sandra.
Amusements rigolade avec elle ,
Elle nous fait pousser des ailes.
C'est la meilleure de toutes les maîtresses ,
Vivement le 26 juin ,
Avec Hugo son p'tit adjoint.
Que des surnoms fusent avec elle ,
Zozio cocotarie cocosalade ,
Sans oublier la p'tite biquette.
One two three four
On aime la maîtresse
C'est la meilleure de toutes de toutes
On aime la maîtresse
C'est la meilleure de toutes les maîtresses !!!!!!!!!!!!!!

mardi 21 avril 2009

L'ombre du vent, Carlos Ruiz Zafon

Par un matin brumeux de 1945, un homme emmène son petit garçon de 10 ans, Daniel Sempere, dans un lieu mystérieux... Le Cimetière des Livres oubliés. Son objectif : que son fils adopte un volume parmi des centaines de milliers tombant dans l'oubli dans ce sanctuaire. C'est alors que, dans ce labyrinthe, un livre vient à sa rencontre: L'ombre du vent d'un certain Julian Carax.

"Cet après-midi là, je me réfugiai dans ma chambre et lus les première page de mon nouvel ami. Avant même d'avoir pu m'en rendre compte, je me retrouvai dedans, sans espoir de retour.[...]
Page après page, je me laissai envelopper par le sortilège de l'histoire et de son univers, jusqu'au moment où la brise de l'aube vint caresser ma fenêtre et où mes yeux fatigués glissèrent sur la dernière ligne. Je m'allongeai dans la pénombre bleutée du petit jour, le livre sur la poitrine, et j'écoutai les rumeurs de la ville endormie couler goutte à goutte sur les toits tachetés de pourpre. Le sommeil frappaient à ma porte, mais je refusai de me rendre. Je ne voulais pas perdre la magie du récit ni dire tout de suite adieu à ses personnages"

Le lecteur suit alors le parcours de Daniel, fils d'un libraire d'occasion, qui part à la recherche de l'identité de ce Julian Carax. Qui est-il? Pourquoi n'arrive-t-il pas à mettre la main sur les autres romans de Carax? En effet, un mystérieux inconnu les récupère tous et les brûle un par un.

Le propos de départ m'avait beaucoup plus, dès la lecture de la quatrième, c'est pourquoi je voulais absolument le lire. Voilà chose faite et je le regrette énormément... Parce que maintenant je ne pourrai plus me replonger dans cette merveilleuse histoire qui vous prend aux tripes, dans cette magnifique quête initiatique de Daniel qui nous plonge dans une Barcelone ravagée par la guerre et les délations. On adore être le double de Daniel, on frissonne avec lui dans ses découvertes (la scène dans la maison des Aldaya est tout simplement sublime!) et on se questionne sans arrêt sans pour autant découvrir le fin mot de l'histoire!

Quand finalement, le voile est levé sur le mystère, on se demande comment on n'y a pas pensé avant! Comme des poupées russes qui s'imbriquent, le roman de Carlos Ruiz Zafon tisse sa toile autour de Daniel et de Julian pour le plus grand plaisir du lecteur. Je n'ai pas pu lâcher le roman avant d'avoir lu les 200 pages qui me séparaient de la fin. Et comme tous les grands romans qui nous construisent, c'est avec un énorme pincement au coeur que je l'ai refermé.

Merci à Monsieur Zafon pour ce merveilleux roman!

dimanche 19 avril 2009

Tag du marque-page!!!

Me voici à mon tour taggée pour ce mignon petit tag! Le principe : Présenter en photo son marque-pages, raconter son histoire et parler de la personne qui vous a envoyé le tag. Ensuite, l'envoyer à trois personnes.

Il m'a été difficile de choisir parmi les marque-pages que j'utilise étant donné que je ne suis pas fétichiste à ce niveau-là! J'en ai beaucoup que j'ai pris dans ma librairie qui en propose souvent en libre-service. Ce sont alors évidemment des marque-pages éditeurs. Par contre, j'ai un petit présentoir spécial, trop mimi, récupéré par mon copain dans un magasin de cadeaux. Voyez plutôt!
A noter que le petit rose m'a été offert par Hathaway herself après un voyage londonien! Celle qui m'a taggée est évidemment mon double littéraire et ma "petite sœur" dans la vie ^^ Voilà pourquoi nos lectures se suivent souvent!


J'ai quand même un marque-pages que je ne mets pas dans mes livres quand je les passe à Hathaway! C'est un dessin fait par un de mes élèves que j'ai plastifié parcequ'il avait pile la taille désirée pour assumer la lourde tache de positionner mes lectures. Et son sourire radieux quand je lui ai montré ce que j'en avais fait!!! Du coup, j'ai d'autres dessins qui attendent sagement d'être custumisés de la même façon!!!

Et vous, quel est votre marque-pages préféré?

mercredi 8 avril 2009

Les naufragés de l'île Tromelin, Irène Frain

Avant toute chose, je dois dire que j'avais un vrai à-priori en commençant ce livre. Le propos me plaisait beaucoup, c'est donc pour cela que j'ai accepté la proposition de Chez les filles de me l'envoyer. Quand j'ai su qu'Irène Frain était journaliste dans un canard people j'ai été refroidie. Quand j'ai commencé la lecture, je me disais "Mais qu'allais-je faire dans cette galère"... Et puis... Comme par magie, tout s'est transformé.

Le roman ne débute vraiment qu'aux environs de la centième page. Avant, la romancière nous raconte la genèse de l'œuvre et j'ai été plus que déçue de savoir la fin avant le début du récit. A-t-elle supposé que tout le monde connaissait cette histoire? Toujours est-il que j'ai été très frustrée par ce postulat de départ et par le style journalistique que je ne supportais pas. Mais je pardonne largement ces balbutiements tellement le reste du roman est captivant!

L'Utile est un navire français faisant la navette entre le port de Lorient et celui de L'île-de- France (actuelle Ile Maurice). A son bord, le Capitaine Lafargue a profité d'une escale à Madagascar pour embarquer clandestinement des esclaves qui seront vendus à prix d'or à son retour. L'Utile devient alors un bateau négrier. Rien de bien étonnant à tout cela puisque nous sommes en 1761. Le drame va arriver lorsque le bâteau vient heurter une île de sable non répertoriée sur les cartes. Le naufrage est alors inévitable.

Le roman traite du mode de survie sur cet île entre Blancs et Noirs à travers le regard de l'écrivain de bord puis de celui du premier lieutenant, Castellan, qui prend rapidement la tête des opérations: commencer par rationner l'eau et la nourriture, creuser un puits d'eau douce, puis préparer l'évasion de cette île où tout est hostile. Nous n'avons que le récit vu du côté des Blancs, puisque les archives retrouvées ne font pas état de la misère des Noirs et de ce qu'ils ont endurés. On ne peut qu'imaginer, ce qui est bien pire. Cette vision unilatérale est intéressante et rend bien compte du peu de considération que l'on avait pour les personnes de couleur à cette époque. Ils n'avaient pas le droit à la parole, juste le droit de travailler et d'obéir. Ils ne sont qu'évoqués dans la vie sur le camp et pour cause: les Blancs commencent à ressentir de la honte envers ces hommes et ces femmes qui n'avaient rien demandés et qui ont subis bien plus que les autres.

Je ne peux que vous encourager à lire ce roman et de ne pas vous décourager face au début un peu hostile. La preuve, j'ai dévoré les presque 300 pages en quelques heures!

Merci à Chez-les-filles pour cette belle découverte!

Sur le site dédié au livre, de nombreuses photos et vidéos de l'île de Tromelin.

A lire, les avis d'Hathaway, Praline entres autres...

lundi 6 avril 2009

Le soi-disant, Yves Pagès

Dans le cadre du Café littéraire dont je fais partie était invité le romancier et éditeur Yves Pagès. Je ne le connaissais pas du tout et c'est en premier lieu par le biais de son roman que je l'ai découvert.

Romain est un petit garçon parisien qui a "onze ans moins des poussières" en 1973. Comme tous les enfants de son âge, il va au collège. Mais, fait extraordinaire, il assiste à l'explosion de ce même collège, le CES Edouard Pailleron alors qu'il habite dans l'immeuble d'en face. Pire: il voit sa soeur aînée prisonnière des flammes sur le toit de l'établissement.

Parti d'un fait divers réel, sur un ton instinctif à mi chemin entre l'enfant et l'adulte, le romancier nous conte alors les "soi-disant" souvenirs de Romain dans un mode surprenant. On sent que l'enfant demeuré dans l'auteur "prend ses aises", comme il a aimé nous l'expliquer. Ce texte se lit d'un souffle. Nous nous sentons aspirés par un système de mécanisme lié aux pensées de l'enfance. Une idée en chasse une autre, de plus en plus facilement. D'ailleurs, la lecture que nous a offerte l'auteur était extrêmement rythmée!

Romain, à travers ses pensées, passe du coq à l'âne sans jamais perdre le lecteur. Le texte est également truffé de bons jeux de mots. Yves Pagès adore d'ailleurs "faire passer des chameaux dans le chat des aiguilles", expression qui m'a marquée! Parce qu'en réalité, tout passe "en douce" dans ce roman: les sentiments passent tout en douceur, comme s'ils nous frôlaient sans jamais se nommer mais aussi clandestinement à travers les émois du jeune protagoniste.

Le romancier fait aussi voyager le lecteur dans une époque récupérée par l'ouïe et par la vue grâce à de nombreuses références encore une fois "clandestines" au cinéma et à la musique des années 70. Tout est évoqué sans être nommé, sans frustrer le lecteur ni le surcharger de références ennuyeuses.

Si vous ne l'avez pas encore compris, je recommande fortement la lecture de ce roman et je compte bien poursuivre ma découverte de cet auteur!

L'avis d'Hathaway

vendredi 3 avril 2009

Attentat contre le Saint-Suaire, Laura Mancinelli

Rien ne va plus à Turin! La coupole de Guarini a été ravagée par les flammes! Cette coupole renferme le célèbre Saint Suaire, relique datant de la déposition de la croix de Jésus Christ. Il s'agirait en effet du linceul du messie. Autant dire que c'est une relique très importante pour la ville de Turin.
Un professeur de l'université de Turin s'intéresse de près à cette affaire: n'aurait-on pas volontairement incendié la Cathédrale San Giovanni Battista dans le but de dérober le linceul sacré?

Le roman commençait très bien. Ayant vécue à Turin pendant un mois lorsque j'étais étudiante, le charme a tout de suite opéré, comme une madeleine de Proust qui faisait ressurgir les ambiances des rues que j'ai adoré emprunter: la via Po et ses arcades, la via Garibaldi, Piazza Castello... et j'en passe! Cependant, il en faut beaucoup plus pour réussir un roman.

Il y a beaucoup d'incohérence et tout va beaucoup trop vite: en quoi un professeur d'université est-il habilité à mener une enquête comme celle-ci? Pourquoi une de ses "connaissances" journalistiques lui permet-il d'entrer dans l'univers très fermé de l'émicycle turinois sans lui poser plus de questions que ça? Ca ne tient pas debout et cet aspect trop "facile" m'a vraiment ennuyée voire agacée. De plus, lorsque l'intrigue commence à devenir intéressante, que les protagonistes entrent dans les souterrains turinois à la recherche de passages secrets, tout s'arrête et l'affaire est résolue en claquant des doigts... Quelle déception!

Je m'attendais vraiment à lire un roman au crime historique passionnant avec des questions de fond en arrière-plan. Mon horizon d'attente a été plus que baffoué. Madai comme on dit à Turin ;) Mais ça m'a au moins donné l'envie de retourner à Turin!

Lire l'avis d'Hathaway qui est en accord avec le mien




Intérieur de la coupole de Guarini,
Cathédrale San Giovanni Battista, Torino, 1667

samedi 28 mars 2009

Parfum de glace, Yôko Ogawa

Que faire lorsque son compagnon se suicide? Voici le point de départ de ce roman plus qu'étrange... Ryoko est une jeune japonaise d'une trentaine d'année confrontée un beau jour à un coup de téléphone fatidique qui lui annonce le suicide de Hiroyuki, créateur de parfum. Je ne dévoile rien du suspens puisqu'il s'agit de l'incipit du roman. La grande question est pourquoi. Pourquoi un homme qui, à priori, n'a rien d'un dépressif met fin à ses jours?

Ryoko va essayer de reconstituer les pièces du puzzle de l'enfance de son amant. Prétexte de l'auteur pour s'attaquer à un sujet beaucoup plus profond: moi et autrui. Tout autour de soi n'est qu'illusion et faux-semblant. Alors qu'elle vivait avec cet homme depuis un an, elle ne le découvre qu'après sa mort. En refoulant le chemin de son enfance, Ryoko apprend les différentes facettes de son défunt compagnon: tour à tour nez, mathématicien de génie, aide pour les enfants aveugles et patineur artistique de haut vol, il apparaît en filigrane, aussi léger et évanescent que "Source de mémoire", fragrance créee pour Ryoko.

Plusieurs sentiments se mêlent à la lecture de ce Parfum de glace. Tout d'abord le lecteur est dérouté. Il est comme enveloppé dans un nuage d'encens qui trouble la perception de la réalité. Ryoko est en train de faire son deuil en partant en pélerinage sur les traces de son amour perdu et tout se brouille sans pour autant laisser le lecteur de côté. Car, finalement, le plus important n'est pas de savoir pourquoi Hiroyuki s'est suicidé (d'ailleurs on ne connaît toujours pas la raison lorsque l'on referme le roman) mais de (res) sentir. A pas feutrés, Yôko Ogawa nous accompagne dans le domaine de l'intime et de l'impalpable, là où seule la magie poétique peut fonctionner.

Lire aussi l'avis d'Hathaway et celui de Loutarwen qui m'a donné envie de lire ce roman!


lundi 9 mars 2009

Un safari arctique, Jorn Riel

Voici ma deuxième rencontre avec les aventuriers groenlandais de Jorn Riel. J'avais lu le dernier opus pour une séance du Blogoclub consacré à cet auteur, Les ballades de Halldur et autres racontars, que j'avais beaucoup aimé.
Nous voilà donc reparti vers ces contrées inconnues où vivent toujours les mêmes trappeurs à savoir Valfred, Mas Madsen, le Lieutenant... entre autres. Ces six petites nouvelles sont bien rafraîchissantes et toujours aussi agréables à lire.

Celle que j'ai préférée est la dernière, intitulée "le rat". Un rat débarque sur l'indlansis en même temps que le ravitallement et cause un tracas de tous les diables à Valfred. Savoir que ce dernier traque des ours ou autres boeufs musqués sans éprouver beaucoup de crainte et hurle de terreur à la vue d'un vulgaire petit rat! Hilarant! J'ai adoré la fin qui montre à quel point les trappeurs sont railleurs!
J'ai lu deux tomes sur les huit que comptent les racontars arctiques ça fait toujours aussi plaisir de retrouver tous ces hurluberlus et leur mode de vie... arctique!

Retrouvez l'avis d'Hathaway (comme le veut la coutume ;)

samedi 7 mars 2009

La femme en vert, Arnaldur Indridason

Bienvenue en Islande! A Reykjavik, lors d'une fête d'anniversaire, un bébé s'amuse à sucer un morceau d'os...humain! Pendant la construction d'un immeuble lors de l'extension de la banlieue de la capitale, un squelette est découvert.
S'engage alors une course poursuite contre l'Histoire. Erlendur et ses deux collègues Sigurdur Oli et Elinborg, vont enquêter sur ce mystérieux squelette pour l'authentifier.

Le lecteur est plongé dans l'enchevêtrement de plusieurs histoires qui finissent évidemment par se rejoindre. J'aime beaucoup ce genre de roman où les points de vue se confrontent et j'ai été servie! Je suis désolée ma chère Hathaway mais, une fois de plus, il est question de violences conjugales dans ce roman (que tu as choisi!), violences insoutenables par la force de leurs descriptions. On ne peut que souffrir avec cette femme et pester à voix haute des injures plus ou moins forte contre son mari.
J'ai également été surprise par les méthodes d'investigation islandaise même si ce roman se passe dans les années 90: à chaque nouvel indice découvert, ils se précipitent chez les familles des suspects pour leur annoncer des soupçons qui sont totalement infondés! Pourquoi cette précipitation? Je dois certainement trop regarder "Les Experts" et autres "Cold Case" m'enfin...

Ce détail mis de côté, j'ai vraiment beaucoup aimé ce polar islandais. Les noms sont rigolos et en totale inadéquation avec le fond noir et triste de l'histoire. Ce paradoxe n'enlève rien au charme de l'écriture d'Arnaldur Indridason! On halète à la fin lorsqu'on croise cette fameuse "femme en vert". Même si son identité ne fait plus aucun doute quelques chapitres avant le dénouement.

J'avais lu beaucoup d'éloges sur cet auteur venant du froid et je confirme qu'il est vraiment à découvrir!

A lire une interview de l'auteur sur Evene et les avis de Fashion et Tamara, entre autres!