mercredi 31 décembre 2008

Bilan 2008 ! Et en avant 2009!

2008 a été une excellente année côté lecture avec pas moins de 40 livres lus! Même si la quantité n'est pas toujours critère de qualité, je dois avouer que je suis très contente de ces lectures dans l'ensemble! A vous de juger plutôt:

Janvier 2008
1. Les ballades de Haldur et autres racontars, Jorn Riel
2. Le monde selon Garp, John Irving
3. Un été chez Voltaire, Jacques-Pierre Amette
4. Le magasin des suicides, Jean Teulé
5. L'instant choisi, Nina Jackle
6. Finn Prescott, Jérôme Lambert

Février :
7. Contravention, Stefan Coïc
8. Une adoration, Nancy Huston
9. Boys in the band, David Brun-Lambert
10. La mécanique du cœur, Mathias Malzieu

Mars:
11. Je, François Villon, Jean Teulé

Avril:
12. 26a, Diana Evans
13. Darling, Jean Teulé
14. Chagrin d'école, Daniel Pennac
15. Un dernier verre avant la guerre, Denis Lehane

Mai :
16. Pauline, Alexandre Dumas
17. La part manquante, Christian Bobin
18. Nuit ouverte, Clémence Boulouque

Juin :
19. Half moon street, Anne Perry

Juillet:
20. L'historienne et Drakula, Elisabeth Kostova
21. Le sanctuaire du Gondwana, Blake et Mortimer
22. Lise et lui, Michèle Ramond

Août:
23. La fausse veuve, FLorence Ben Sadoun
24. Le livre du voyage, Bernard Werber
25. Lâchons les chiens, Brady Udall
26. Le capitaine Alatriste, Arturo Perez-Reverte
27. Les mal-partis, Sébastien Japrisot

Septembre:
28. Kafka sur le rivage, Haruli Murakami
29. Le canapé rouge, Michèle Lesbre

Octobre:
30. Mari et femme, Regis de Sa Moreira
31. De capes et de crocs, Ayroles et Masbou

Novembre:
32. Brooklyn follies, Paul Auster
33. Expiation, Ian McEwan
34. Le chemin des sortilèges, Nathalie Rheims
35. Le petit livre de septembre, Christian Estèbe

Décembre:
36. Un pique-nique en Lorraine, Annie Saumont
37. A perte de vue, Amanda Eyre Ward
38. Les lumières du zinc, Robert Giraud
39. Prenez soin du chien, J.M Erre
40. Cet amour-là, Yann Andréa
41. La huitième couleur, Terry Pratchett

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Statistiques!

Auteurs français: 23
Auteurs du Royaume-Unis: 5
Auteurs américains: 5
Auteur canadien: 1
Auteur espagnol :1
Auteur brésilien: 1
Auteur danois: 1
Auteur allemand: 1
Auteur japonais : 1

Beaucoup de lectures françaises puis assez internationales finalement!

Je profite de ce petit billet pour vous souhaiter une excellente année 2009 avec beaucoup d'amour et de nombreuses lectures formidables!

dimanche 28 décembre 2008

La huitième couleur, Terry Pratchett

Il était une fois le Disque-Monde, un monde complètement loufoque porté par quatre éléphant eux-même juchés sur une tortue, la grande A'Tuin. Le Disque-Monde est un disque donc, dont on peut basculer si on se retrouve au Bord.

La Huitième couleur est le premier tome des annales du Disque-Monde où nous faisons la connaissance du pseudo mage Rincevent qui n'a jamais réussi à prononcer un seul sort depuis qu'une des formules magiques interdites fit irruption dans son cerveau. Il se met à accompagner DeuxFleurs, citoyen agatéen venu faire du tourisme à Ankh-Morpork, la ville où regorge le plus de bandits sur tout le Disque-Monde. Nos deux accolytes, accompagné de l'excellent bagage de DeuxFleurs vont vivre des aventures qui vont plonger le lecteur dans différentes parties de cet univers : visite d'un temple de magie noire, du pays des dragons, du Royaume de Krull au Bord pour finir dans l'espace...

C'est grâce à deux amis que je suis allée acheter le premier tome de cette saga et je les remercie au plus haut point! Je me suis régalée du début à la fin. Terry Pratchett a un extraordinaire pouvoir: celui de captiver son lecteur et de le faire mourir de rire! 34 tomes (enf VF) sont parus actuellement. Voilà d'excellents moments de lecture en perspective!!!

jeudi 25 décembre 2008

Joyeux Noël!!!

Joyeux Noël à toutes et à tous!!!! Le papa Noël ne m'a ramené qu'un seul livre mais quel livre! Les aventures de Beedle le Barde de JK Rowling que j'attendais depuis longtemps!!!
Régalez-vous et profitez bien de cette belle période en famille!

lundi 22 décembre 2008

Cet amour-là, Yann Andréa

L'auteur rencontre Marguerite Duras alors qu'il est encore étudiant. Il la rencontre d'abord dans ses livres: "Les petits chevaux de Tarquinia" est un coup de foudre littéraire pour lui. Il dévore ensuite les différents livres dont "India song". C'est à la suite de cette lecture qu'il se décide à écrire des lettres à son idole. Des lettres sages tout d'abord qui deviendront de plus en plus consumées par une grande passion. Cependant, ses lettres restent sans réponse... Jusqu'au jour où il se rend à Trouville, où il sait qu'elle se trouve pour la rencontrer. S'en suivront seize années de vie commune, jusqu'à la mort de Duras, entre coups de coeur et coup de gueule.

Comment vous dire? Je n'ai absolument pas accroché à ce livre. Je l'ai entamé il y a au moins six mois et, je l'avoue, je n'ai pas pu en venir à bout. Je n'ai pas aimé le fond et la forme, même s'il s'agit d'un récit autobiographique. Il y a quelquechose de glauque dans cette relation qui ne m'a pas donné envie d'en savoir davantage...

L'avis d'Hathaway, qui encore une fois, rejoint le mien... ou presque!


mercredi 17 décembre 2008

Prenez soin du chien, JM Erre

Mais que se passe-t-il rue de la Doulce Belette, un quartier parisien réputé tranquille ? Rien ne va plus depuis que Max Corneloup, auteur de roman feuilleton et Eugène Fluche, peintre sur œuf ont emménagé ! Ils habitent en vis-à-vis et chacun suspecte l’autre de l’épier… La méfiance règne surtout quand le voisinage n’est pas très sain d’esprit… Mais voilà qu’un cadavre apparaît…

La couverture m’avait tout de suite attirée : un pauvre petit toutou avec une bouillotte sur la tête… Et ce titre plus que mystérieux… J’avais également lu d’excellentes critiques sur les différents blogs que je parcours régulièrement. Et je n’ai pas été déçue !

Nous sommes confrontés à l’intimité des deux principaux protagonistes puisque nous lisons leurs journaux intimes ! Paranoïa et mauvaise foi sont de mises entre les deux voisins ! On rit de leur bêtise mais petit à petit, le rire devient jaune, l’ambiance inquiétante… Le livre n’est pas découpé en chapitre mais selon un compte à rebours lancinant qui tient le lecteur en haleine jusqu’à l’explosion.

Le propos léger du départ (une chamaillerie de voisinage) laisse place à une inquiétante atmosphère, comme si les personnages étaient des marionnettes prises au piège dès l’incipit.. Le pire dans cette histoire, c’est qu’on ne peut deviner la fin et que l’on reste sous le choc un bon moment…

Pour un premier roman, J.M Erre, Montpelliérain et prof de français a visé juste avec un ton décalé qui pourtant enserre de plus en plus ce Cluedo burlesque… A découvrir de toute urgence!

Un vrai coup de coeur pour Hathaway également!

vendredi 12 décembre 2008

Les lumières du zinc, Robert Giraud

Robert Giraud est un grand spécialiste des gargotes parisiennes des années 80. A n'en pas douter, il a usé ses pantalons sur les chaises de ces bars tantôt familiers, tantôt miteux mais toujours amicaux. En quelques 80 pages, il nous raconte des anecdotes, récoltées au zinc des bars.
On n'apprend pas grand chose de révolutionnaire au niveau du contenu mais le langage est le reflet d'un Paris qui n'est plus et que l'on peut sentir. Le Paris de Prévert et de Doisneau (qui préface d'ailleurs le livre), celui de la bonne franquette.
Cette lecture n'est pas indispensable, mais elle est intéressante pour ceux qui aiment les "moments de vie" de la capitale.

"Au fil des rencontres, les conversations se déroulaient en langage couramment parlé autour du comptoir. Le sujet importait peu, car aussitôt oublié. [...] Un mot suffisait à Robert Doisneau pour faire surgir une image de lanterne magique qui ressuscitait le passé ou, mieux encore, qui en dessinait une nouvelle sur l'album ouvert des jours à venir."

L'avis de mon double, Hathaway , qui n'a pas du tout aimé!

lundi 8 décembre 2008

A perte de vue, Amanda Eyre Ward

Je tiens à vous le dire tout de suite: il s'agit d'un livre coup de cœur! Mais chaque chose en son temps, voici ce qui se passe:
Caroline, Madeline et Ellie sont trois petites filles vivants dans la lointaine banlieue new-yorkaise. On peut qualifier leur vie de pitoyable: deux parents alcooliques qui ne s'occupent pas d'elles à part pour les battre de temps en temps. A elles trois, elles se fabriquent un univers imaginaire dans la penderie de Caroline, leur refuge. Un jour, elles décident de fuguer. Elles mettent leur plan au point et sont prêtes: à leur sortie de l'école, elles rouleront vers la Nouvelle-Orléans.
Cependant, l'une d'entre elle ne sera pas au rendez-vous. Ellie, la cadette de cinq ans disparaît.

A priori, on pourrait croire qu'il s'agit d'une enquête sur la disparition d'Ellie. J'avoue que c'était mon horizon d'attente quand j'ai lu la quatrième de couverture. En réalité, ça ressemble beaucoup plus au livre 26a. Caroline est la narratrice. On la voit évoluer dans sa vie adulte à la Nouvelle-Orléans. Elle travaille dans les bars, n'a pas de relation fixe et ne veut pas en avoir. Elle vit une relation conflictuelle avec sa mère et ne parle plus beaucoup à Madeline. Bref, elle est paumée!
On comprendra au fil du roman, le pourquoi et le comment de la disparition d'Ellie. Le récit laisse en effet la place à une deuxième voix en italique qui explique les événements, comme un journal intime.
La fin est extraordinaire, je n'en dis pas plus!

dimanche 7 décembre 2008

Un pique-nique en Lorraine, Annie Saumont

J'ai lu ce petit livre il y a une semaine et je ne me rappelle plus du tout ce qui s'y passe... C'est pour dire!
Je me souviens juste qu'une famille se retrouve pour un pique-nique après la seconde guerre mondiale et qu'il s'agit en fait d'un monologue de 50 pages. Un homme assure la conversation à lui tout seul, dans un discours direct libre horribilis! Je n'ai pas réussi à démêler les différents personnages et leurs liens, et je n'ai pas compris non plus le but de cet ouvrage...
Comme vous pouvez le constater, je me suis ennuyée à mourir! J'ai continué parce qu'il était court mais je me suis fait violence!

Ma chère Hathaway (qui m'a prêté ce livre) est beaucoup plus indulgente...

Je ne sais pas pourquoi, mais je crains le pire pour la suite! (notamment "Les lumières du Zinc" qu'elle m'a prêté cet après-midi et qu'elle a choisi pour le Challenge... Miserere...) ;)

dimanche 23 novembre 2008

Bienvenue au petit nouveau!

Bonjour à tous!

Un petit mot pour vous signaler l'ouverture du blog de ma complice littéraire en chair et en os : celui de Hathaway qui s'appelle Se droguer de livre...

Longue vie à toi et à ton blog amica mia!

De plus, j'adore la dessinatrice et bloggueuse Pénélope Jolicoeur. Elle a décidé de créer ce joli site pour donner des cadeaux de Noël aux enfants qui n'ont pas la chance d'en avoir. Allez visiter en nombre ce site qui publie une planche de BD d'un auteur différent à chaque fois !

dimanche 16 novembre 2008

Le petit livre de septembre, Christian Estèbe


Une bibliothèque est un lieu qui fourmille de trésor… Qui en doutait ? Pas les lecteurs de ce blog en tout cas !

Je me baladais dans les rayonnages quand un petit livre m’a tapé dans l’œil. La couverture est recouverte de carreaux seyes et d’une jolie marge rose identique à celle des cahiers que je côtoie chaque jour. Et oui, on ne se refait pas, même les livres parlant d’école m’intéressent, surtout quand c’est narré de manière intelligente comme c’est le cas ici.

Le narrateur est un quinquagénaire au chômage. Enfin, il est écrivain et fin philosophe mais des revers de fortune le conduisent à l’ANPE. On lui voit alors confié un contrat d’un an dans un collège du Tarn-et-Garonne pour y animer le CDI.

Il ne s’agit pas d’un remake de « Entre les murs » par exemple où est raconté le quotidien des élèves et des adultes dans un collège. Quel est le propos alors ? Juste les pensées d’un documentaliste qui voit les enfants avec des yeux attentifs et attendris et, à l’inverse, qui caricature les enseignants comme des je-m’en-foutiste à la solde de l’Education nationale qui « considèrent les élèves comme un troupeau qu’il faut faire paître en évitant les ennuis ».

On ne peut pas lui en vouloir… Il n’a pas dû rencontrer les bons, c’est tout J . Le petit livre de septembre est un roman sans prétention qui se lit en quelques heures. Encore une fois, bonne pioche à la bibliothèque !


« Lorsque je me demande, accablé, à quoi me servent tant de livres, je n’ai qu’à songer à mes moments de dérélictions, à mes moments de joie, la réponse s’y trouve, noir sur blanc. Si certains livres ne servent qu’à bailler avant de s’endormir, d’autres sont là pour, dans la nuit, nous garder les yeux ouverts ».


mercredi 12 novembre 2008

Et un petit défi, un!

Comme beaucoup de mes copines blogeuses j'ai décidé de participer au mini défi organisé par Grominou! Comme il n'est pas trop contraignant je devrais réussir à le réaliser...
Il suffit de noter sur son blog ses 10 livres incontournables. Ensuite, Grominou fera une méga liste avec tous les livres préférés de tous les blogeurs participants. Nous aurons ensuite jusqu'au 31 décembre 2009 pour en lire 4 de cette méga liste! Ce Blog-o-trésors permettra de connaître les goûts de presque toute la blogosphère! Un pari intéressant donc...

Je vous soumets donc ma liste!

Mireille Calmel, Le lit D'Alienor
Alexandre Dumas, Les trois mousquetaires
Victor Hugo, Les Châtiments
Mathias Malzieu, La mécanique du coeur
Thomas Mann, L'Elu
Ian McEwan, L'expiation
J.K Rowling, Harry Potter à l'école des sorciers
Régis de Sa Moreira, Le libraire
Jean Teulé, Ô Verlaine
Didier Van Cauwelaert, L'éducation d'une fée

Je me rends compte que la plupart sont des livres que j'ai lu avant la création du blog!
Certaines ont déjà fait leur liste comme Ys, Praline, Romanza et Grominou of course!

mardi 11 novembre 2008

Le chemin des sortilèges, Nathalie Rheims


La narratrice, une femme sans nom et sans âge, retourne auprès de son ancien mentor et psychologue, Roland, retiré à la campagne après un accident cérébral. Chaque soir, Roland laisse à son chevet un conte de fée différent, qui éveille en elle son douloureux passé.

Le propos de départ me plaisait énormément. J’ai toujours adoré ce qui aborde les contes de fée et leurs non-dits. C’est pour cela, entre autre, que je ne peux pas être satisfaite de ce roman : il ne s’agit pas d’une analyse des contes de fée mais d’une paraphrase incessante de ce que la narratrice lit. Pourtant, ça avait plutôt bien commencé. La lecture était fluide et puis… plus rien. Pas de rebondissement extraordinaire, juste des rêves aussi répétitifs que l’ensemble du récit. On sent arriver à des kilomètres les différents contes qu’elle va traverser en esprit. On ne comprend pas vraiment où et comment le roman va se terminer, tellement des portes ouvertes sont enfoncées.
Quand le dernier chapitre arrive, on en vient à se demander « tout ça pour ça » ?

Un vrai moment d’ennui qui ne laissera pas une grande empreinte dans les souvenirs…

Merci quand même à Chez-les-filles.com pour cet envoi!

lundi 3 novembre 2008

Expiation, Ian Mc Ewan


Je respire où tu palpites,
Tu sais ; à quoi bon, hélas !
Rester là si tu me quittes,
Et vivre si tu t'en vas ? (V.H)



Le titre du livre ne peut me faire penser au magnifique chant de Victor Hugo extrait des Châtiments :


« Stupéfait du désastre et ne sachant que croire,
L'empereur se tourna vers Dieu ; l'homme de gloire
Trembla ; Napoléon comprit qu'il expiait
Quelque chose peut-être, et, livide, inquiet,
Devant ses légions sur la neige semées :
- Est-ce le châtiment, dit-il, Dieu des armées ? -
Alors il s'entendit appeler par son nom
Et quelqu'un qui parlait dans l'ombre lui dit : non »


Angleterre, 1935. Une famille à l’aube d’un drame. Briony Tallis, la fille cadette, sait qu’elle veut être romancière. Elle abandonne l’écriture de ses contes de fée à l’âge de treize ans, cette année-là en 1935, lorsqu’elle surprend sa sœur aînée Cécilia dans les bras de Robbie, le fils de la domestique. Pour Briony il n’y a pas de doute, sa sœur vient de se faire brutaliser par une bête sans nom… sauf que cette bête se nomme Amour et que Briony, du haut de ses treize ans, ne comprend pas ce qui se passe. C’est alors que tout bascule… Trois vies sont anéanties par un mensonge d’une ampleur considérable.

Quand on retrouve les personnages cinq ans plus tard, il est déjà trop tard, le lecteur en est intimement persuadé et gade espoir pourtant. Espoir en un avenir utopique qui sauve les gens biens au lieu de les désintégrer….


Quand un livre vous prend les tripes à ce point, tout est gagné. La lectrice que je suis se souviendra longtemps de cette magnifique découverte. Je suis bouleversée…Il m’est difficile de mettre des mots sur les émotions qui me submergent. C’est un mélange de frustration, de peine, de colère… On a déjà lu depuis longtemps des histoires d’amour tragiques à la Roméo et Juliette. Cependant, ce roman ne se résume pas à cela. On assiste à la mise en place du drame dans un cadre idyllique. L’auteur nous emmène là où il veut : il prend le lecteur par la main et lui montre les aspects des personnages, nous y attache pour mieux laisser tomber cette main et nous faire assister au crash de Robbie et Cécilia.


Je ne peux que haïr Briony, je ne peux pas faire autrement. Quand on la retrouve cinq ans plus tard et qu’elle nous raconte son quotidien, je voudrais la secouer, la meurtrir de toutes mes forces. Elle a rapidement compris qu’elle expiait. Mais même le dernier chapitre ne peut faire oublier son crime impardonnable.


Vous voyez donc à quel point la rencontre avec l’Aristochat fut passionnée ! Il a réussi à me donner de telles émotions que je ne peux qu’applaudir, me ruer vers ma bibliothèque municipale et crier : Au suivant !



samedi 1 novembre 2008

Brooklyn Follies, Paul Auster


Nathan Glass a soixante ans. Cet ancien agent en assurances a quitté Chicago pour venir se réfugier dans ce quartier qu’il aime tant, celui de son enfance. Divorcé, pré-retraité à cause d’un cancer du poumon en rémission, il décide de se mettre à écrire. Il travaille à une œuvre intitulée Le Livre de la folie humaine dans laquelle il ambitionne de consigner toutes les « gaffes, embarras et actions ineptes » de sa carrière : vaste programme.


Le roman commence réellement quand il retrouve totalement par hasard son neveu, Tom Wood, vendeur dans une librairie de quartier. On suit peu à peu la vie fantasmée de ces deux personnages, auxquels se rajoutent des habitants du quartier tels la JMS (« Jeune Mère Sublime ») dont Tom est amoureux sans lui avoir jamais adressé le moindre mot ; Harry le patron de Tom, ex-taulard, ex-galeriste ; Lucy, 9 ans, la nièce de Tom qui va débarquer un beau jour sans décrocher un mot…
Bref, vous l’aurez compris, Paul Auster nous offre toute une galerie de personnages tous très touchants.


Le livre est traversé par un lieu qui n'existe pas, l'Hôtel Existence. Un lieu utopique, un lieu d’apaisement. Un sanctuaire «où on se retire lorsque le monde réel est devenu impossible ». D’ailleurs tout le roman est traversé par cette envie surréaliste d’atteindre le bonheur. Bonheur représenté par une grande maison au milieu de la campagne verdoyante américaine où les personnages se retrouveront le temps d’un week-end.

Je ne connaissais pas du tout l’œuvre de Paul Auster même si j’en avais entendu parler. Il faut dire que je ne suis pas une grande fan de la littérature américaine. Elle ne m’a jamais attirée. Je me suis un peu forcée pour le Blogoclub. Je ne serais pas allée toute seule vers cet auteur et je l’aurais regretté certainement. J’ai trouvé un agréable moment de lecture sans les clichés américains auxquels je m’attendais plus ou moins. Les personnages sont traités sans fard, avec leurs qualités et leurs défauts. J’avoue même avoir eu de la peine à quitter l’univers du livre en tournant la dernière page.


Est-ce que cette bonne surprise sera suffisante pour me donner envie d’approfondir la littérature américaine ? L’avenir me le dira…


samedi 25 octobre 2008

Swap un jour, swap toujours....

Après une longue journée, quoi de mieux qu'un gros colis sur la table ? Oh joie!!! Mon colis du London swap est arrivé! Youpiiiiiiiiiiii!!!!!
En voyant l'adresse de l'expéditeur, je fus encore plus excitée à l'idée de l'ouvrir : il s'agit de Loutarwen! C'est grâce à elle et son blog que j'ai eu envie d'ouvrir le mien, c'est vous dire si je suis heureuse d'être sa swapée! Surtout qu'on a beaucoup de goûts communs, notamment sur les livres historico-policiers que nous affectionnons particulièrement!

Mais voyez plutôt!!!

Côté friandises : des Quality Street à la pelle (miamm!!), des After Eigth en bâtonnets (qui ont mystérieusement disparu dans ma panse...) et du thé of course!!!

Côté cadeaux : un magnifique calendrier londonien pour pouvoir penser au swap tous les jours de l'année 2009 et un magnifique carnet dont je suis folle! (je n'en reviens pas que des choses aussi belles existent... ^^)

Et évidemment côté lecture, Loutarwen a tapé dans le mille!!! L'innocence de Tracy Chevalier, auteur que je ne connais pas mais dont elle a fait de nombreux éloges sur son blog, Sauver Noël de Romain Sardou (que je n'ai jamais lu non plus) et Le cadavre du Métropolitain de Lee Jackson qui sera à coups sûrs mon prochain coup de coeur...

Autant dire que je suis comblée par toutes ces charmantes attentions... Tu ne pouvais pas mieux tomber!!! Encore merci à Loutarwen pour ce merveilleux colis et à Ys pour l'organisation de ce merveilleux swap!

dimanche 12 octobre 2008

De Cape et de Crocs, Ayroles et Masbou


Dans le port de Venise, Armand Raynal de Maupertuis et Don Lope de Villalobos y Sangrin, deux gentilshommes désargentés volent la carte au trésor des Iles Tangerines pour aller sauver un jeune homme soi-disant enlevé par des turcs dans une galère (Mais qu'allait-il donc faire dans cette galère? )

Cette BD est tout simplement géniale! En suivant l'aventure de nos deux compères (un renard et un loup gentilshommes et épées à la ceinture) on rencontre des personnages de Molière, des Esméralda, de multiples références littéraires et historiques. Tout le théâtre classique se trouve convoqué dans ces pages magnifiquement dessinées.

La série comporte IX actes à l'heure actuelle (1 acte correspondant à 1 tome) et je vais me précipiter pour acheter ceux qui me manquent! C'est une magnifique découverte.


Encore un grand merci à Valériane pour ce cadeau reçu dans le Swap Cape et épée organisé par Praline et Arsène.


Vous pouvez aller visiter le site de la série qui est extrêmement bien fait!


mardi 7 octobre 2008

Que du bonheur!


Rien de mieux après une longue journée d'ouvrir la "boîte à bonheurs" de la classe et de lire ce genre de mots :


"Je suis contente car j'ai une super bonne maîtresse et très gentille. Je n'ai pas de soucis et pour le moment je n'ai que des bonnes notes. Et puis, quand j'ai appris qu'on allait en classe de mer j'ai été plus que contente".


De quoi effacer tous les ennuis de la journée en un coup de baguette magique!

L'image vient de chez Jack, évidemment!

dimanche 5 octobre 2008

Mari et femme, Régis de Sà Moreira


Régis de Sà Moreira est un auteur que j’ai découvert il y a un an ou deux avec un petit livre s’intitulant Le libraire. Fabuleux…
L’auteur récidive avec ce roman qui se dévore en un rien de temps… Le mari et la femme sont au bord de la rupture. Ils l’ont d’ailleurs décidé pendant le week-end, ils doivent se séparer.
Sauf que…
Le lundi matin, ils se retrouvent propulsés dans le corps de l’autre. La surprise passée, une exploration intime sans précédent commence pour lui en elle et elle en lui.
Vous allez me dire, le concept n’est pas très original et les films exécrables de ce genre-là se sont succédés au cinéma. Là où réside, à mon avis, le génie de l’auteur, est qu’il ne tombe pas dans des clichés désuets du genre mais nous entraîne dans une profonde exploration de la découverte de l’autre, avec ses qualités et ses défauts. Que celui ou celle qui n’a jamais prononcé une phrase telle que « J’aimerai bien t’y voir » me jette la première pierre !
L’écriture à la deuxième personne est un véritable casse-tête, un jeu de cache-cache pour deviner qui est qui, comme ce couple qui se cherche.

« Tu as passé l’après-midi à fumer ton cigare à la fenêtre du bureau de ta femme en te demandant lequel de vous deux mourrait si tu sautais et tu voyages de nouveau sous terre, assis dans le métro. Tu as envie de frapper chaque homme qui te regarde mais avec le corps de ta femme ça n’est pas gagné. »

On voit évoluer la situation au fil des pages pour arriver à la dernière page et rester à bout de souffle…
Si vous avez une heure à tuer, régalez-vous avec Régis !

dimanche 14 septembre 2008

Instants magiques à préserver

Trop plein d'émotions à gérer.

Un mot me brûle les lèvres

Consumme mes plus beaux rêves.

Je t'attends...

Le canapé rouge, Michèle Lesbre


Rencontrer un auteur est toujours un moment fort. Dans le cadre de notre café littéraire, nous avons la chance de pouvoir discuter, en petit comité, avec un écrivain qui se prête volontiers à nos milliers de questions sans jamais fatiguer.
Michèle Lesbre fut l’une d’entre eux. Venue présenter son Canapé rouge, elle nous parle de sa façon d’écrire, de son ressenti face à son livre. Mais parlons d’abord du roman.
Présélectionné pour le prix Goncourt 2007, ce roman parle d’amour. Parce qu’elle était sans nouvelles de Gyl, la narratrice part sur ses traces. A bord du Transsibérien elle parcourt la Russie profonde jusqu’au lac Baïkal. A travers ce voyage, nous découvrons la vie d’Anne, chroniqueuse croquant la vie de femmes extraordinaires telle Milena Jesenskà. On apprend également son amitié sincère et forte avec une vieille dame de son immeuble, Clémence Barrot, qui attend ses récits avec impatience sur son immuable canapé rouge.

Le roman se lit très vite et, même si le style de l’auteur est fluide et épuré, il faut vraiment ne jamais avoir lu de roman de sa vie pour ne pas deviner comment le roman va se terminer… Mais voilà… J’ai rencontré Michèle Lesbre.
On pouvait lui reprocher d’utiliser de grosses ficelles, des préjugés… Grande amoureuse des voyages en train, l’auteur a effectivement parcouru ce voyage jusqu’au Baïkal. C’est ce voyage qui fut à l’origine de l’écriture du roman. En écrivant à la première personne, l’auteur a voulu s’impliquer totalement sans parler de soi, pour écrire quelque chose de plus universel.

Le canapé rouge traite de deux voyages : le voyage en train mais aussi le voyage intérieur sur le canapé.

Rencontrer un auteur est toujours un moment fort. Mais, même si c’est très intéressant, ça ne change pas toujours notre opinion sur le roman… C’est mon cas ! Trop rapidement traité, une fin hautement prévisible… A ne pas lire absolument donc…

lundi 1 septembre 2008

Kafka sur le rivage, Haruki Murakami


Ayant déjà lu Au sud de la frontière, à l'ouest du soleil, j'ai décidé de m'attaquer à Kafka sur le rivage présent sur ma PAL depuis bien longtemps...
Prendre un livre d’Haruki Murakami entre ses mains suppose la connaissance de certaines consignes de sécurité :
Dès la première ligne et le premier chapitre vous entrez dans un univers onirique, phantasmé et pourtant solidement ancré dans une certaine réalité
Vous ne pourrez échapper à un syndrome bien connu, celui des LCA (Lecteurs compulsifs anonymes)
Vous aurez les tripes nouées, les ongles rongés et quelques fois les larmes aux yeux jusqu’au dernier mot.

Une fois que ceci est clair, laissez-moi vous contez cela : quelle est le point commun entre un garçon de 15 ans, un vieillard pas très intelligent, une bibliothécaire de 50 ans et un bourreau de chats ?
Chacun est une pièce de puzzle, un fil enchevêtré dans le déroulement de l’action.

Kafka sur le rivage représente une quête symbolique autour de thèmes universels comme la filiation, le destin, l’amour, la mort… Quand la prophétie familiale est trop lourde à porter, il reste la quête de Soi. Tout le monde est à la recherche de sa moitié perdu paraît-il. Avant de la trouver, il faut avant tout se trouver. Cependant, le romancier ne cherche en aucun cas à défendre des idées spirituelles quelconques. Le lecteur bascule avec les personnages dans un univers qui les dépasse, tout doucement, sans même s’en rendre compte, comme une croisière tranquille sur des eaux brumeuses.

Ce livre ne se résume pas, il se vit. Comment expliquer ce sentiment étrange et pénétrant de tristesse, de spleen quand on referme l’ouvrage pour la dernière fois ? Pour terminer, j’emprunte les mots de Zaph qui expriment également mon ressenti :

« Pour paraphraser l’aphorisme qui dit que le silence après Mozart est encore du Mozart, longtemps après avoir refermé un livre de Murakami, cette ambiance étrange et nostalgique si particulière continue à me bercer. Et ces personnages si attachants à m’accompagner comme des ombres. »


dimanche 31 août 2008

Les Mal Partis, Sébastien Japrisot


Marseille sous l’occupation. Denis Leterrant est une « forte tête » de 14 ans, selon les prêtres de son collège jésuite. C’est-à-dire qu’il aime chahuter avec ses camarades et faire tourner la tête des surveillants. Sœur Clotilde est une enseignante du pensionnat pour jeunes filles de Nice. A 26 ans, elle s’occupe également des malades de l’hôpital.
Vous devinerez aisément la suite des événements quand, obligé par un de ses surveillants, Denis se rend à l’hôpital à la rencontre de malades. Il rencontre Sœur Clotilde et leurs vies ne seront plus jamais comme avant.

Je commence mon cycle Aristochat avec sa toute première œuvre romanesque (écrite à 19 ans !). Il l’a d’ailleurs signé de son véritable nom, Jean-Baptiste Rossi. Le style juvénile est en parfait accord avec le propos. Il décrit un amour pur, vrai remis en question par la différence d’âge et surtout par la situation de la jeune femme. Comment aimer une Sœur dans une France ancrée par la religion et les interdits ?
Cependant, notre aristochat ne tombe pas dans la facilité : il ne profite pas de la situation de ses personnages pour invectiver la société ou la religion (pourtant il y aurait à faire…) Denis et Clotilde vivent leur amour pleinement malgré la souffrance qui en découle. Un excellent premier roman prometteur…. Vivement la suite de sa bibliographie !

« Lorsqu’il fallait rentrer, il n’y avait pas de coupure. Rien ne cessait. Elle ne cessait plus de penser à lui. Le soir, c’était des remords jusqu’au sommeil agité, des prières qui la laissaient malheureuse. Jamais la pensée ne revint qu’elle pourrait ne plus le voir. Son printemps était trop fort, trop chaud, trop brusque, trop dévorant. Son printemps lui devenait plus nécessaire que la vie. Elle priait et déjà il était dans sa prière. Il envahissait tout. »

mardi 26 août 2008

Le Capitaine Alatriste, Arturo Perez-Reverte

Comment avoir envie de relire un roman ? En l'offrant évidemment ! Quand j'ai choisi les aventures du capitaine Alatriste pour Praline, j'ai eu l'irrestistible envie de me replonger dans l'Espagne de Philippe IV, roi d'un pays corrompu.

Alatriste est un ancien soldat de la garde royale. Il s'est fait un nom en combattant avec bravoure. Mais maintenant que la guerre est terminée, il faut bien gagner sa vie... Le voilà "tueur à gage", embarqué dans une histoire qui le dépasse. Le juge inquisiteur Emilio Bocanegra lui propose un travail qu'il n'est pas prêt d'oublier.

Tous les ingrédients d'une bonne série de cape et épée sont réunis dans ce roman : de l'action, la description d'une époque où il faisait bon croiser le fer, du suspens... Bref tout ce qu'il faut pour les amateurs de Cape et d'épée!

Le site web de la série de roman est très bien fait ! A noter que l'adaptation ciné avec le beau Viggo Mortensen est un condensé des 5 tomes de la série!

jeudi 7 août 2008

Lâchons les chiens, Brady Udall


Je dois vous avouer que j'ai choisi ce livre dans ma librairie habituelle non pas grâce à la couverture mais bien grâce à son nom. Je cherchais tout bêtement un auteur en U pour mon challenge ABC..(oui j'ai un peu honte!)


Mais mon flair s'est avéré judicieux!


Brady Udall compte parmi les talents les plus prometteurs de la jeune génération d'écrivains américains. Toutes situées dans de petites villes dUtah et d'Arizona, ses nouvelles teintées d'humour noir composent une oeuvre puissante - de celles qui éclairent des existences généralement délaissées. Leurs personnages s'y sentent souvent seuls, frustrés ou bien trahis par la vie et ils s'avèrent. incapables de résoudre leurs problèmes. Mais même lorsque le désastre menace, le sens du comique de Brady Udall jaillit et les soutient dans leurs efforts parfois extravagants pour ne pas perdre pied.


Beaucoup de drôlerie dans ce recueil de 11 nouvelles, aussi loufoques les unes que les autres. L'art d'écrire des nouvelles peut être un exercice difficile. Mais l'auteur arrive à croquer ses personnages en quelques lignes. Que ce soit l'ex-mari venu apporter une chèvre à son fils, le papi indien qui part à la chasse au serpent, ou la femme anéantie par la folie de son compagnon Brady Udall ne porte aucun jugement, et laisse la liberté au lecteur d'inventer la fin. Et oui! Toutes ses nouvelles se terminent par une ouverture. A nous d'en écrire la suite ou la fin.


Si je devais en choisir une, je prendrais "Buckeye le Mormon" dont voici l'incipit:

"Voici ce que j'ai appris sur Buckeye quelques minutes avant qu'il me casse la clavicule : il a vingt-cinq ans, il est amoureux de ma soeur, il est natif du Wisconsin et c'est donc un Badger."


Un excellent moment de lecture qui dépayse.

lundi 4 août 2008

Le livre du voyage, Bernard Werber


Comment choisir un livre dans une librairie au milieu de tous ces livres qui ne demandent qu'à être lu ? Quel dilemme..C'est d'abord la couverture qui appelle.. Il le faut pour prendre le livre en main, le retourner et lire la quatrième de couverture, voire le feuilleter. En ce qui concerne ce "Livre du voyage", le tableau de René Magritte en première de couverture m'a interpellée, puis le titre (oui je veux voyager!) et alors une fois lue la quatrième, je n'ai pas pu résister à la pulsion lectrissimesque...Jugez plutôt :

"Ah, enfin tu me prends dans tes mains! Ah, enfin tu lis ma quatrième de couverture! Tu ne peux pas savoir comme j'attendais cet instant. J'avais si peur que tu passes sans me voir. J'avais si peur que tu rates cette expérience que nous ne pouvons vivre qu'ensemble. Toi lecteur, humain, vivant. Et moi le livre, l'objet, inerte, mais qui peux te faire décoller pour le grand, le plus simple, le plus extraordinaire des voyages."

Comment passer à côté d’un livre qui nous parle à nous, lecteur ! Je suis faible, je sais. Je me laisse attendrir par un morceau de papier.. Mais on en est tous là.. non ?
Nous voilà embarqué dans un voyage que je ne peux pas décrire. Il faut le vivre. Le vivre en compagnie du livre lui-même qui nous donne ses directives pour pouvoir nous envoler. Je ne résiste pas à l’envie de vous faire partager un petit passage mais un tout petit, pour vous inciter à adopter ce livre-là :

« Tu ne comprends pas pourquoi je te montre tout ça ?
Pour te faire comprendre que ce voyage est quelque chose que tous les hommes recherchent depuis la nuit des temps.Et que les mêmes moyens drogue, religion, technologie de pointe, selon la manière dont on les utilise, peuvent s’avérer bénéfiques ou maléfiques.Ying, Yang.
Magie blanche, magie noire.Ma particularité est de ne rien demander en retour.Seulement un peu de ton temps et de ton intention.Cela semble déjà beaucoup »

Si vous avez une petite heure à consacrer à cet ami, ne vous privez pas, vous allez vibrer !

Challenge ABC 2008-2009

Je me rends compte que j'ai oublié de publier ma nouvelle liste de Challenge! Je ne commence pas au 1er janvier mais au 1er mai (pourquoi faire simple..). Voici donc la nouvelle liste. En rouge sont les livres que j'ai déjà lu

A : Yann Andrea, Cet amour-là
B : Christian Bobin, La part manquante
C: Suzanne Clarke, J.Strange et Mr Norell
D : Philippe K.Dick, Confession d'un barjo
E : J.M Erre, Prenez soin du chien
F : Michel Fitoussi, Victor
G: R.Giraud, Les lumières du zinc
H : E.Hemingway, Le vieil homme et la mer
I: A.Indridason, La femme en vert
J : E.Jones, Perdu dans la ville
K: F.Kafka ,Lettre au père
L : J.M. Laclavetine, Première ligne
M : L.Mancinelli, Attentat contre le Saint-Suaire
N: Joe Nesbo, L'homme chauve-souris
O : Yoko Ogawa, Parfum de glace
P : Anne Perry, Half moon street
Q : Michel Quinn, L'espoir d'aimer en chemin
R : Jorn Riel, Les déserts arctiques
S : B. Schlink, Le liseur
T : Jean Teulé, Darling
U : Brady Udall, Lâchons les chiens
V: Fred Vargas, Ceux qui vont mourir te saluent
W: Amanda.E. Ward, A perte de vue
X : Xinran, Chinoises
Y : Ye Man, La fille de l'ascenseur
Z:Carlos.R.Zafon, L'ombre du vent

samedi 2 août 2008

La fausse veuve, Florence Ben Sadoun

Quelle bonne surprise quand, comme beaucoup de blogueuses, j'ai reçu un mail de la part de chez-les-filles.com pour m'offrir en avant-première, un livre de la future rentrée littéraire! (Merci!!)

Alors au premier abord, la présentation du livre ne m'a pas emballé :

"Aujourd'hui je suis plus vieille que toi alors que j'avais neuf ans de moins que vous..." Ainsi commence La Fausse Veuve. Tutoyant et vouvoyant dans la même phrase son amant disparu, l'héroïne lui raconte, et nous raconte, dix ans après, l'histoire qui leur a été volée. Ce que furent leur amour, leurs moments de bonheur, et aussi le désespoir, leurs muets tête-à-tête à l'hôpital quand, victime d'un grave accident
cérébral, il s'écroule, et se réveille paralysé et privé de parole. Face au drame du "locked-in syndrome", face à la destinée légendaire d'un personnage que les médias se sont sont approprié, une femme n'oublie pas qu'il était un homme. Comment se parler d'un souffle ? Comment s'aimer sans se toucher ? Comment lire les battements d'un coeur au rythme d'un battement de paupière? C'est ce chemin escarpé, compliqué, et parfois très éloigné du deuil, qu'on suit dans ce roman en s'arrêtant sur les cases de l'enfance, en reculant sur celles de l'amour et de la religion, et en sautant à pieds joints sur celle de la mort comme au jeu de la marelle"

Et puis je me suis laissée embarquée par l'histoire, par la force des mots. La narratrice raconte de façon extrêmement touchante sa "presque" histoire d'amour avec un homme réduit à l'état de légume. Presque histoire d'amour car elle est "l'autre", la maîtresse, celle que l'on rejette, que l'on oublie. Celle qui est de trop... Sauf qu'ils s'aimaient.
L'alternance dans l'écriture entre le "tu" et le "vous" pour désigner son amant marque l'envie de se détacher pour ne plus souffrir.. mais cette incapacité à le faire. L'écriture, à fleur de peau, trahit ce sentiment. Comment ne pas être émue?

De plus, tout rappelle "le scaphandre et le papillon" (jusque sur la couverture). La narratrice parle de trahison du film par rapport à sa vie :
"Alors ces inconnus que je n’aurais pas aimé croiser dans un dîner parlent de vous. Parlent de toi. Non pas du vrai toi mort depuis dix ans, mais d’un toi vulgarisé. C’est ton nom qui sonne comme une carcasse vide, devenu celui d’un personnage de film, un héros qu’ils ont l’impression de connaître. Ils en sont convaincus. Je ne le supporte pas. J’ai la chair de poule. Je ne bouge pas, j’écoute comme si mon esprit sortait de mon corps et allait s’asseoir à leur table pour entendre, décortiquer, vomir sur ce qu’ils disent."
Ce livre parle d'un deuil. Le deuil d'une femme non considérée, d'une femme amoureuse.. JE vous offre un de mes passages préférés :
"Tu es rangé quelque part. Je ne sais pas très bien où, mais en tous cas tu n’es plus posté sur mon épaule, à surveiller qui me touche, qui je touche. Planqué dans les circonvolutions de l’imparfait, bien au chaud, comme disent les enfants, tu ne fais plus de ravages dans mon présent, ni le jour ni la nuit, et d’ailleurs je ne te donne pas forcément de futur.
Mon avenir, mes demain appartiennent à quelqu’un d’autre. D’ailleurs vous auriez plutôt été un futur à conjuguer en hébreu, une temporalité qui n’existe pas dans cette langue où demain se conjugue à l’inaccompli.
Comme nous."
Je ne peux que vous le recommander! A lire les avis de Praline, du paperblog, et de Lily

dimanche 27 juillet 2008

Lise et lui, Michèle Ramond



Un grand trouble m'envahit en fermant ce livre...Je n'ai pas réussi à entrer dans cette histoire trop confuse. Lise est une jeune femme, ça c'est sûr. Pour le reste, je serai incapable de dire où se passe l'action, ce qui se passe réellement, ce que le personnage imagine..
A chaque fois que j'ouvrais le livre, j'avais irresistiblement envie de le refermer aussitôt. J'ai donc arrêté ma lecture à la moitié...

Merci quand même à Babelio de m'avoir fait parvenir ce livre même si l'essai n'était pas concluant.

vendredi 18 juillet 2008

Le sanctuaire du Gondwana, Blake et Mortimer


Ayant ramené une roche mystérieuse de son expédition du pôle sud, Philip Mortimer mène des recherches et trouve dans des anciennes coupures de journaux les mêmes signes, non loin du fleuve Ngorongoro. Il n’en faut pas plus à l’aventurier qui sommeille en lui pour partir sur les traces d’une civilisation antique, avec l’Afrique en toile de fond.

Je suis une novice de Blake et Mortimer. J’avais lu « La marque jaune », un des premiers tomes, dessinée et scénarisée par Egar P.Jacobs, créateur de la série. L’auteur n’a livré que 10 aventures du tandem Francis Blake et Philip Mortimer avant de disparaître. La série continue tout de même avec différents dessinateurs et scénaristes.
Le sanctuaire du Gondwana, en l’occurrence, a été réalisé par André Juillard et Yves Sente. Les afficionados de Blake et Mortimer sont déçus dans l’ensemble par la « copie » des dessins du maître Jacobs qu’a tenté plus ou moins consciemment André Juillard.
Pour ma part, je ne connais pas assez la série pour comparer les styles et la qualité du scénario. Je vais donc donner mon avis en ne prenant en compte que ce tome-là.

Le scénario fonctionne jusqu’à un certain point. Tout se passe bien pendant les 2/3 de la BD : on comprend bien les tenants et les aboutissants de la mission, on est emmené en Afrique avec nos scientifiques et l’approche de la découverte d’un fabuleux trésor tient tout le monde en haleine…Et puis…c’est le drame… Que vient faire cette science-fiction dans un Blake et Mortimer ? Certes il y a toujours eu des machines scientifiques biscornues apparemment mais pas à ce point… Pour ceux qui ont vu le dernier Indiana Jones, c’est du même ordre…
Je ne suis pas contre un peu de science-fiction à partir du moment où elle n’est pas en contradiction avec la cohérence de l’ouvrage. Pour moi, cet apport nuit réellement à ce que l’auteur et le dessinateur avaient construit au fil des pages. Et au final, on ne retient que l’absurdité au détriment de l’histoire…

Dommage…

jeudi 10 juillet 2008

L'historienne et Drakula T1, Elizabeth Kostova



Taaaatatataaaaaa (ç générique de Buffy contre les vampires…) ou quand Sandrounette veut faire de l’humour…

En 1972, une adolescente escalade la bibliothèque de son père, diplomate en voyage, pour combler son ennui. Elle tombe par hasard sur un ouvrage ancien qui l’intrigue. En effet, toutes les pages de ce petit libre sont blanches sauf la double page centrale contenant une enluminure : un dragon, entourant de ses griffes un seul mot, DRAKULA.
Elle trouve près de l’ouvrage une enveloppe contenant des lettres manuscrites commençant par ses mots : « Cher et infortuné lecteur ». Son destin était scellé…

Je dois avouer que je ne serai pas allée vers ce livre toute seule, pour la bonne raison que je déteste tous les livres « qui font peur » (et oui, on ne se refait pas !). Déjà que j’avais peur lors de certaines épisodes de Buffy ou de X-Files… Mais grâce à Amy qui m’a envoyé ce livre pour mon premier swap, j’ai fait une extraordinaire découverte.
Non seulement je ne suis pas morte de peur mais j’ai aspiré (en bon vampire) les 500 pages de ce premier tome.

La jeune fille demande des explications à son père au sujet de ce mystérieux petit livre. Et son père lui livre son histoire, son vécu. La narration est entrecoupée de récits qui nous emmène à l’université d’Oxford, à Istanbul, Budapest avec une description du décor et de l’Histoire des lieux à couper le souffle.

Car Elizabeth Kostova est une historienne. Tout ce qu’elle nous apprend dans cet ouvrage sont des faits historiques (les descriptions de Budapest dont on ressent les odeurs et les couleurs via les mots) mais aussi les documents concernant le Prince des Ténèbres. Je crois bien que je vais devenir une spécialiste de Vlad l’Empaleur (ça le fait dans les soirées mondaines…)
Ce grand travail d’archéologue est à féliciter et n’endort absolument pas le lecteur (il faut évidemment aimer les romans historiques…)

Je ne vais évidemment pas dévoiler le flot de morts-vivants, la disparition d’un personnage important, la mort de…. (oups…)

Trêve de plaisanterie, si vous aimez le roman historique, si vous voulez passer un excellent moment, ce livre est pour vous !
J’ai le tome 2 sous le coude avec ma gousse d’ail, mon crucifix, mes balles en argent, mon eau bénite…

dimanche 6 juillet 2008

Un anniversaire sous le signe de l'épée!

Non seulement j'ai reçu le colis de Valériane pour le swap Cape et Epée mais en plus, et sans concertation, j'ai reçu un merveilleux cadeau d'anniversaire : 27 tomes d'une belle collection des romans d'Alexandre Dumas. Quel bonheur!!!
Merci beaucoup ma Lolo!

Quel superbe swap!

C'est avec un grand plaisir que je reçois mon colis hier matin, jour de mes 25 ans. Ca ne pouvait pas mieux tomber! J'ai donc ouvert mon premier cadeau d'anniversaire, celui du swap organisé par Praline et Arsène Lupin.



Un joli colissimo qui réservait bien des surprises...



Et une fois le papier cadeau arraché ;)



La superbe BD "De capes et de crocs" que je connais de nom et que je brûlais d'envie de découvrir!
Deux "classiques": Le capitaine Fracasse de Théophile Gautier et "Hernani" de mon Maître Victor!
"Louves de mer" de Zoé Valdès que je ne connais que de nom également.
Et que vois-je? Du chocolat au piment rouge 8O (délicieux!!!) et un magnifique carnet de la gamme "Cyrano".

Je suis vraiment ravie! Il ne me reste plus qu'à remercier Valériane pour ses choix judicieux. Par contre, tu ne m'as pas mis le nom de ton blog sur la carte! Si quelqu'un peut me le donner...

Encore un grand merci à nos deux organisatrices et à toutes les bloggeuses participantes!!!

mardi 1 juillet 2008

Un été prodigue, Barbara Kingsolver



Je ne peux pas faire de critique de ce livre... Je n'ai lu qu'une trentaine de pages. Non pas que le livre ne me plaise pas (je ne peux pas dire) mais en cette fin d'année scolaire, je suis très occupée! Je n'ai pas eu le temps de le lire. Je m'en excuse, passe mon tour, et participerai au tour suivant pour lire du Murakami!

mercredi 18 juin 2008

Half Moon Street, Anne Perry



Voilà un long moment que j’avais envie de lire cette auteure. Sa bibliographie est assez impressionnante ! Half moon street est le vingtième ouvrage de la série « Charlotte et Thomas Pitt ».
Cette série a pour cadre le Londres des années 1880 et 1890. Les titres présentent la particularité d'indiquer la localisation géographique précise du (ou des) meurtre(s).
Derbert Cathcart est un photographe célèbre. Il est retrouvé mort à bord d’une barque, menottes aux poignets et portant une robe verte (à la manière de la dame de Shalott ou d’Ophélie se noyant du peintre Millais). De quoi intriguer le Londres bourgeois des années victoriennes.

Nous voici aux côtés de Thomas Pitt, inspecteur de son état, en train de mener l’enquête sur cet étrange meurtre. Sa femme Charlotte, en voyage à Paris, le laisse seul pendant la durée du roman. Le spleen de l’inspecteur, en filigrane, pèse beaucoup sur l’atmosphère du roman.

Mais très vite, nous sommes confrontés à une intrigue sous-jacente, qui deviendra complémentaire de la première. Caroline, la belle-mère de Thomas, est mariée à un comédien plus jeune qu’elle, Joshua. L’auteure en profite pour nous dépeindre les mutations engendrées par le théâtre victorien et l’envie de révolte qui sonne le glas d’une génération trop conservatrice. Nous avons d’ailleurs droit à une rencontre avec Oscar Wilde et sa verve :

« Vous n’avez pas besoin de connaître personnellement un artiste pour deviner son âme : si vous ne la trouvez pas dans son œuvre, c’est qu’il triche avec vous, ou pire, qu’il triche avec lui-même. »

Autre plongée dans la psyché, l’histoire de Mariah Ellison, la veuve du grand-père de Charlotte. Cette dernière est confrontée à un conflit intérieur entre la honte de son passé (qui nous semble dérisoire à nous, Hommes du XXIème siècle) et son besoin de confession.

Pour finir, l’enquête en elle-même n’est pas digne d’un Dennis Lehane pour ne citer que lui. Mais ce n’est pas le cœur du roman. Thomas Pitt essaie plus de résoudre la question du « pourquoi » plutôt que la question du « qui », que l’on devine rapidement. D’ailleurs, le meurtre est élucidé dans les deux dernières pages sans que ça nous gêne outre mesure. Parce que finalement, ce qu’il faut retenir du roman, c’est l’atmosphère victorienne, les différentes réflexions très contemporaines malgré la réalité historique présentée.

Anne Perry offre un roman très bien construit, pour les amoureux du genre historico-policier.

samedi 31 mai 2008

Une leçon de mise en scène!


Hier soir, j'ai eu la chance d'assister à la pièce de Ionesco mise en scène par mon ami Yves Sauton.

La leçon prend tout son sens grâce aux trois comédiens de talent réunis sur la scène. La pièce est au programme du festival d'Avignon off 2008 au théâtre Les ateliers d'Amphoux. Je ne peux que vous conseiller d'y aller!!!


Nuit ouverte, Clémence Boulouque



« Et la nuit s’est ouverte et elle est restée déclose. » Paul Celan

Il y a certains auteurs qui nous marquent. D’autres qu’on ne serait probablement pas allé découvrir seul.Et au hasard d’un café littéraire, on fait une rencontre. Cosmique. Irréelle.

Une jeune femme se présente. Toute frêle, à peine trente ans, avec un regard qui semble perdu. Après l’avoir saluée dans le hall, je m’installe tranquillement, prête à écouter parler ce petit moineau.
Le roman qu’elle vient nous présenter se nomme Nuit ouverte.

L'actrice Elise Lermont
décide d'incarner le personnage de Regina Jonas, première femme rabbin au monde, ordonnée en 1935, décédée à Auschwitz en 1944. Grâce à ce rôle, Elise espère se libérer d'une culpabilité remontant à l'époque de l'Occupation allemande, pendant laquelle ses grands-parents se livrèrent à de troubles activités.

Le premier contact avec le livre a été douloureux. Les mots ne trouvaient pas de résonance en moi. Je peinais. Puis, vint la rencontre avec Clémence. Une femme forte malgré son apparence, d’une culture incroyable (elle parle 7 langues dont le russe et l’hébreu).
Pourquoi a-t-elle choisi de mettre en lumière le personnage de Regina Jonas ? en consultant un dictionnaire, elle tombe par hasard sur le nom de cette femme. Etrange coïncidence : Regina et son père (le juge Boulouque, chargé du dossier des attentats de Paris dans les années 80) sont nés et morts le même jour… Il n’en fallait pas plus à l’auteure pour partir à la recherche de cette première femme rabbin.

Ainsi, le nom de Regina Jonas nous parvient. Le mérite de Clémence est de ne pas être tombée dans le piège de la biographie romancée. Comme elle nous l’a expliqué « je me voyais mal écrire : Regina se leva et alla beurrer sa tartine ». Il fallait un style plus épuré qui relate les choix et les principes de Regina sans tomber dans la trivialité et la familiarité.

« L’histoire endort son souvenir. Regina Jonas est ensevelie d’oubli car on ne pardonne pas facilement à ceux qui ouvrent la voie mais ne réclament rien, et Regina n’était le tambour d’aucune cause. […] Quelques-uns prononcent son nom comme un mot de passe. Comme un être bon, dont le souvenir apaise. »

Les chapitres s’alternent entre la vie de Regina et la vie de la grand-mère d’Elise sous l’occupation, une vie de luxe, exempte de toute compassion. L’antithèse dégagée offre au roman un rythme binaire qui nous laisse à bout de souffle.

La plume de Clémence Boulouque est magnifique et c’est une auteure que j’ai hâte de retrouver !

Sa bibliographie :

Mort d’un silence, 2003
Sujets libres, 2004
Chasse à courre, 2005
Le goût de Tanger, 2005
Juives d’Afrique du nord, 2006
Au pays des macarons, 2006
Nuit ouverte, 2007
Mon avis : ++++

mercredi 28 mai 2008

Où l'opération "Masse critique" revient!

Vous n'allez pas laisser des pauvres petits livres tout seul, sans défense... Grâce à Babelio et à l'opération Masse critique adoptez vite un des nombreux livres proposés. Le seul coût est une critique sur le blog de Babelio et sur son propre blog. Allez vite y faire un tour!



jeudi 8 mai 2008

La part manquante, Christian Bobin

Je ne peux faire de « résumé » à proprement parler de ce livre. Il s’agit de onze nouvelles avec de très beaux titres tels « la baleine aux yeux verts », « la fleur de l’air » ou encore « les preuves en miettes de l’existence de Dieu ». Et pourtant…

Il y a des lectures qui marquent à jamais. D’autres qui ne marquent jamais. « La part manquante » fait partie de la deuxième catégorie. Quel ennui ! Je m’explique :

Les phrases sont hachées. Brèves. Hachées comme un couperet. Un couperet inutile. Un couperet inutile et fade. Vous avez vu ? Je viens de faire du Christian Bobin … Chouette…
Tout est ciselé. A tel point que ça en est devenu obsessionnel, je ne voyais plus que ces arrêts intempestifs à chaque phrase, chaque paragraphe, chaque page. J’ai énormément souffert. Comme quoi, la ponctuation est un paramètre très important à prendre en compte.

Imaginons que, finalement, j’arrive à mettre ce défaut stylistique de côté. Malheureusement, le contenu n’arrange rien. Comment parler pour ne rien dire ? Comment faire du vent et se prendre pour un philosophe ? Vous aurez toutes ces réponses en feuilletant le livre. L’auteur croit nous donner à réfléchir sur des thèmes universaux tels la jalousie, le travail de l’écrivain, le rapport de la mère à son enfant mais il ne fait qu’enfoncer des portes ouvertes. La seule chose que Christian Bobin m’a apporté, c’est une grosse migraine !

Cependant, en lisant différents avis sur ce livre au grès de mes pérégrinations soit on le trouve fabuleux, soit on le déteste. Vous avez mon avis, à vous de faire le vôtre si le cœur vous en dit !

jeudi 1 mai 2008

Pauline, Alexandre Dumas

Victor Hugo disait de son ami: " Le nom d'Alexandre Dumas est plus que français, il est européen; il est plus qu'européen, il est universel. Son théâtre a été affiché dans le monde entier; ses romans ont été traduits dans toutes les langues. Alexandre Dumas est un de ces hommes qu'on peut appeler les semeurs de civilisation"
What else?
Je n'en suis pas à mon premier Dumas, j'apprécie énormément cet auteur. Je n'avais pas encore lu Pauline, voilà qui est fait!
Pauline est une jeune fille de la haute société française. Elle s'éprend du Comte Horace et a droit à de belles épousailles. Mais voilà, tout n'est pas si simple, sinon quel intérêt d'écrire un roman (n'est-ce pas Madame de LaFayette?!).
Le plus intéressant n'est pas forcément l'histoire en elle-même (on découvre rapidement le fin mot de l'intrigue) mais son agencement. En effet, Alexandre Dumas démarre himself la narration du roman. Il rencontre son ami Alfred de Nerval en charmante compagnie, une certaine Pauline.
On découvre l'histoire de Pauline à travers le récit qu'elle en fait à Alfred, qui la raconte à son tour à Alexandre Dumas. Le récit, circulaire, est extrêmement bien mené.
Le XIXème siècle est décidemment mon siècle préféré! Je me suis délectée avec la langue cristalline employée. Même si Pauline est un peu "gnan-gnan" comme le dit Lisa, ça ne m'a pas choquée outre mesure. Les personnages sont bien sentis, romantiques à souhait et m'ont emportée.
Encore une très bonne lecture pour le Club!
Pour voir les autres avis des membres du club, rendez-vous sur le site de Lisa!

vendredi 25 avril 2008

Un dernier verre avant la guerre, Dennis Lehane

Résumé : Patrick Kenzie est un détective privé engagé par des notables pour récupérer des "documents" volés par une femme de ménage noire. Mais évidemment, tout ne se passe pas comme prévu et les apparences pourraient être trompeuses... Kenzie et Angie, son associée, partent en quête de la vérité et se retrouvent mêlés à une sordide guerre des gangs entre.... un père et son fils! Tout cela avec Boston en toile de fond (qui fait partie intégrante du roman) et un conflit racial omniprésent.

Mon avis : ++++
Quel régal ! Une fois de plus, l'Aristochat ne me déçoit pas. Merci à Thom de l'avoir proposé.
Dennis Lehane réussit le tour de force de nous embarquer dans un tourbillon dont on ne ressort pas indemne. Je me suis étonnée à avaler le livre sans m'en rendre compte... A peine le temps de dire ouf que j'ai posé mes yeux sur la dernière ligne.
L'intrigue est donc très bien menée. Les personnages respirent le vrai, le réel. Leurs relations sont ambiguës, bref on y croit. En plus de ça, Lehane manie à merveille l'humour noir, le sarcasme.
Ce premier roman est une réussite! Un choix cornélien se pose à moi maintenant!!! Est-ce que je les lis dans l'ordre (le suivant est "Ténèbres, prenez-moi la main") ou est-ce que je choisis celui que l'on nomme 'chef d'oeuvre' à savoir "Mystic river" ?
L'enigme sera résolue quand j'irai à la bibliothèque!

samedi 12 avril 2008

Chagrin d'école, Daniel Pennac


Le titre est révélateur du contenu. Daniel Pennac nous raconte ses déboires d'ancien cancre (si si). Soyons clair dès le départ : il s'agit évidemment de nous faire partager sa vision sur l'école des deux côtés. Avec les yeux du cancre d'abord, ses yeux d'enfants puis avec ses yeux de professeur.Si on essayait de dégager un genre dominant dans ce livre, il tiendrait plus de l'essai que du roman.

En refermant le livre, plusieurs questions s'offrent à moi : ai-je aimé parce que je suis moi-même enseignante? Il parle plus souvent du secondaire que du primaire et pourtant, nous avons tous les mêmes préoccupations : la réussite de nos élèves. Il est très important ce possessif, gage de reconnaissance, d'amour même envers nos "petits". De nombreux passages m'ont fait sourire, ont fait écho à ma vie quotidienne : ces élèves "friandises" comme il les appelle, élèves brillants avec lesquels s'installent une connivence mais aussi ces élèves en difficulté qui ne veulent souvent qu'un peu de considération.

Comment faire pour aider ses cancres, ces cabossés de l'école? Daniel Pennac ,cancre, converse avec Daniel Pennac, professeur.

« […] - C'est pas ce qui manque , les méthodes, il n'y a même que ça, des méthodes! Vous passez votre temps à vous réfugier dans les méthodes, alors qu'au fond de vous vous savez très bien que la méthode ne suffit pas. Il lui manque quelquechose.
- Qu'est-ce qui lui manque?
- Je ne peux pas le dire
- Pourquoi?
- C'est un gros mot.
- Pire qu'"empathie" ?
- Sans comparaison. Un mot que tu ne peux absolument pas prononcer dans une école, un lycée, une fac ou tout ce qui lui ressemble.
- A savoir ?
- Non, vraiment, je ne peux pas…
- Allez, vas-y !
- Je ne peux pas, je te dis ! Si tu sors ce mot en parlant d’instruction, tu te fais lyncher.
- …
- …
- …
- L’amour. »

Attention : le livre n’est pas empathique justement. Il ne fait pas l’éloge d’arguments mielleux du style « avec l’amour, vos élèves seront tous brillants ». Daniel Pennac nous offre une critique objective de l’univers scolaire du fait de sa double « casquette » cancre/professeur.
Je serai curieuse d’avoir des avis de personnes non enseignantes, pour me rendre compte de la portée de « Chagrin d’école ».

Il faut dire que j’ai toujours aimé Daniel Pennac grâce à ma prof de français de 3ème, grand bien lui fasse : nous lisant l’incipit de « La fée carabine », elle m’inocula la passion de la littérature… Car, comme le dit Mr Pennac himself :
« Il suffit d’un professeur – un seul – pour nous sauver de nous-même et nous faire oublier tous les autres. »


Merci Monsieur Pennac.
Merci Madame Laine.

mercredi 2 avril 2008

Les chats nouveaux sont arrivés!

Je profite de l'occasion (publier mes nouvelles critiques) pour vous faire une annonce officielle : l'ouverture du blog des chats!!! N'hésitez pas à aller y faire un tour, vos serez toujours bien reçus par nos charmantes chanimatrices et beaux chanimateurs sans oublier les "chroniqueurs" chat-pitre dont je fais partie!

Darling, Jean Teulé


Résumé : Catherine Nicolle est née dans la merde. C'est le cas de le dire. Fille cadette de paysans qui ne l'ont jamais aimés, Catherine grandit par elle-même. Vivant au bord de la route nationale, elle s'éprend des camions qui passent et de leur chauffeur. Elle apprend à lire grâce aux inscriptions des remorques, elle apprend à compter grâce à leurs plaques minéralogiques. A l'aide d'une C.B, elle arpente la bande sonore à la recherche de l'homme de ses rêves, un routier bien évidemment. Ce bout de femme enchaîne les galères à un rythme insoutenable...

Mon avis : ++++

Encore un Jean Teulé qui me donne un bon coup de poing au ventre... Ce roman n'en est pas un puisqu'il s'agit d'une histoire vraie. En filigrane, des extraits de dialogue entre Darling et Jean Teulé rendent le récit encore plus proche de nous. On ne peut que lire cette histoire navrante, ce combat perdu, ce désespoir. Et encore, Darling semble très froide vis-à-vis des drames qu'elle a vécu lorsqu'on lit ses "interwiew".
On est choqué, on est blessé, on se demande comment cette femme tient encore debout. Jean Teulé n'est jamais compatissant, n'emploie pas un ton mielleux pour faire basculer le lecteur dans le pathos. Il utilise son style percutant, sans concession, narrant une histoire "vraie". Je ne regrette absolument pas ce moment de lecture. Même si le contenu est dur, comme la vie.

Merci à Babelio! Ce livre a en effet été lu grâce à l'opération Masse critique.