jeudi 5 mars 2009

La maison sur le rivage, Daphné du Maurier

Pour notre plus grans plaisir, Daphné du Maurier est notre Aristochat jusqu'au 31 mars. N'ayant jamais rien lu d'elle, je me suis procuré ce roman à ma bibliothèque.

Richard est en vacances dans les Cornouailles dans la maison prêtée par son ami Magnus. Sauf qu'il ne s'agit pas de vacances ordinaires : Magnus est un savant réputé faisant toute sorte d'expériences. Sa dernière lubie consiste à étudier les méandres du cerveau sous une drogue dont il est le créateur.
Il demande à son meilleur ami, Richard, de devenir son cobaye et d'effectuer des "voyages" afin qu'il puisse ensuite étudier ses différentes réactions.

Richard, en bon ami un peu docile, accepte d'effectuer ces voyages. C'est alors qu'il se retrouve le double fantomatique de Roger, intendant de la province de Cornouailles au ..... XIVème siècle! Comme dans un film, Richard assiste aux événements sans pouvoir y prendre part et devient de plus en plus accroc à ces virées historiques. Il ne pense pas aux conséquences que cela peut avoir... En effet, son inconscient prend complètement le pas sur sa conscience et il peut parcourir de nombreux kilomètres sous influence de la drogue sans s'en rendre compte dans le monde réel.

J'ai vraiment beaucoup aimé ce roman qui, je me rends compte, est très difficile à résumer. Daphné du Maurier nous transporte dans le quotidien de cet homme sain d'esprit au départ et qui sombre peu à peu dans l'accoutumance et dans la folie douce. Il ne vit plus que pour ces personnages morts il y a des siècles, et quand sa femme arrive avec ses enfants, tout se complique... J'ai nettement préféré les chapitres consacrés aux sauts dans le temps: une précision historique et topographique indiscutable, une écriture qui glisse à travers le temps et l'espace.

Même si j'aurais préféré une fin un peu plus alambiquée, j'ai passé un très agréable moment en compagnie de Mlle du Maurier et de ses personnages surgis du passé!

mardi 3 mars 2009

Chinoises, Xinran

Xinran est une journaliste radio dans une Chine qui panse les plaies de la Révolution culturelle. Entre 1987 et 1995, elle a animé de 22h à minuit "Mots sur la brise nocturne", émission où elle invitait les femmes à donner leurs avis sur la société. Cela s'est vite transformé en débats et témoignages poignants que Xinran ne pouvait diffuser car la censure est malheureusement toujours d'actualité dans cette décennie. Grâce à sa compassion et à son ton toujours dans le juste, la journaliste acquiert une bonne réputation et recueille de nombreuses confessions de femmes bafouées par leur famille, le Parti, la vie...

Elle décide de consigner ces mémoires féminines dans ce livre afin que tous (et en particulier les occidentaux) puissent se rendre compte du peu de considération de la femme dans le régime de Mao et encore aujourd'hui.
Le directeur de programme de sa radio l'interpelle pour qu'elle couche sur le papier la vie de ces femmes:

" Xinran, vous devriez écrire tout cela. Ecrire permet de se décharger de ce qu'on porte et cela peut aider à créer un espace pour accueillir de nouvelles façons de penser et de sentir. Si vous n'écrivez pas ces histoires, leur trop-plein va vous briser le coeur."

Et quel bien lui en a pris! Un petit bijou est né dans la sueur du labeur de ces chinoises, dans les larmes que leur a infligé la révolution culturelle (quelle horreur!), dans leurs plaies qui ne se refermeront jamais. Ce n'est pas une lecture de tout repos: on entre dans l'intimité la plus pure de ces laissées pour compte et Xinran ne nous épargne rien: ni les viols, ni les tortures, ni les deuils... Et on en sort grandi.

Quand on lit l'histoire des mères ayant survécu au tremblement de terre ou bien l'histoire de cette femme séparée de force de son amour pendant 45 ans sans parvenir à tourner la page, l'histoire de toutes ces chinoises se font l'écho de notre propre histoire et on ne peut que ressentir un peu de honte de nos vies si "faciles" en comparaison. Grâce à une plume qui vient du coeur et qui ne tombe jamais dans la pitié, Xinran lève le voile sur toutes ces femmes qui gagnent à être connues.

"A l'époque, en Chine, écrire un livre tel que celui-ci m'aurait peut-être valu la prison. [...] En Angleterre, le livre est devenu possible. Comme si une plume avait poussé dans mon coeur."

dimanche 1 mars 2009

Ritournelle de la faim, Jean-Marie Gustave Le Clézio

Exceptionnellement le Blogoclub n'a pas choisi un livre ayant un thème précis mais nous avons choisi de lire et de découvrir pour certains (ce qui est mon cas) un des nombreux romans du prix Nobel de Littérature JMG Le Clézio.
J'ai hâte de découvrir les différents billets des autres membres du club et de savoir quel livre a été choisi en majorité.

En allant farfouiller à l'avance dans les rangées de ma bibliothèque, je suis tombée sur son dernier roman "Ritournelle de la faim". La quatrième de couverture m'a interpellée et l'avant-propos également. Il ne m'en fallait pas plus pour repartir avec mon exemplaire sous le bras.

En 1931, la bourgeoisie parisienne vivote entre luxe, oisiveté et investissement immobilier plus ou moins fructueux. Ethel est la fille unique d'un de ces couples. Petite fille modèle, très choyée par ses parents et son grand-oncle Samuel originaire de l'Ile Maurice, elle a foi en un avenir doré.
A l'école, elle découvre l'amitié à travers le regard de Xénia, jeune fille exilée de Russie et vivant modestement dans la capitale française. Ethel va apprendre l'humilité mais également les moqueries et les trahisons de cette amie sans s'en inquiéter outre mesure. Tout aurait pu continuer ainsi si l'ombre du troisième Reich ne planait sur cette jeunesse pleine d'espoir...

Encore une histoire ayant pour fond la seconde guerre mondiale... C'est ce que je me suis dit quand le cercle des parents d'Ethel commence à parler d'un chancelier allemand nommé Hitler. Et puis tout dérive. Car ce qui intéresse Le Clézio n'est pas l'Histoire mais l'histoire d'Ethel et de sa famille se mélant à la grande Histoire. On suit ainsi les mésaventures de cette adolescente parvenue à l'âge adulte trop tôt à cause d'un père l'ayant dépossédée de tout un héritage qui lui revenait de droit et devant assumer les erreurs de ce dernier.
La bourgeoisie nantie se retrouve à la rue et soumise au règne du plus fort, c'est-à-dire l'envahisseur allemand. Le lecteur traverse cette période difficile aux côtés d'Ethel qui n'abandonnera jamais ses parents à la misère malgré tout.

J'ai beaucoup apprécié ce roman qui était pour moi une découverte de cet auteur. Son écriture se situe au plus profond des gens, sans jugement de valeur. En conteur, il expose l'histoire d'Ethel, ponctuée par deux superbes manifestes sur la faim en début de roman (la faim qu'il éprouvait en étant enfant) et en clôture (de colère, d'absolu, de vivre) transformé en litanie par le Boléro...

Je vous invite à aller sur les blogs de Sylire et de Lisa, nos chères organisatrices, pour retrouver tous les liens des membres du Blogoclub!

Rendez-vous le 1er mai pour le prochain numéro du Blogoclub consacré au Mexique avec des billets sur "L'instinct d'Inez" de Carlos Fuentes.

vendredi 27 février 2009

Un petit tagg pour la route!

C'est ma chère Hathaway qui m'a tagguée!
  • Diamants ou perles ? Diamants, tant qu'à faire!n
  • Quel était le dernier film que tu as vu ? Batman the Dark Knight en blu ray dimanche dernier, un vrai bijou! Et au ciné, Le séminaire/Cméra café : un genre différent mais qui m'a beaucoup plus quand même!
  • Ta série préférée ? De tous temps je choisis Friends sans hésiter! En ce moment, c'est plutôt Grey's anatomy
  • Petit déjeuner préféré ? Café au lait avec des crêpes au sucre!
  • Deuxième prénom : Valérie, celui de ma marraine
  • Quels aliments n'aimes-tu pas manger du tout ? Les crustacés
  • Prénoms préférés du moment : Hugo, celui de mon bébé à venir!
  • Quelle voiture conduis-tu ? Une clio bleau marine avec un joli mouton basque collé dessus! :)e
  • Quels traits de caractère n'aimes-tu pas ? Par dessus tout l'hypocrisie
  • Habits préférés : Un joli jean!
  • Si tu pouvais partir n'importe où en avion, où irais-tu ? Au Japon découvrir en vrai cette culture que j'aime tant!
  • Où veux-tu passer ta retraite ? Auprès de ma famille!
  • De quel anniversaire te souviens-tu ? Celui de mes 22 ans où j'ai appris que j'allais exercer le métier de mes rêves!
    Si tu étais une couleur ? Le parme qui allie mon amour du violet et celui du rose! (Etonnant vues les couleurs de mon blog!)
  • Chocolat ou vanille ? CHOCOLAT!!!! Chocolat.
  • Dernière personne au téléphone ? Ma belle sœur (tiens tiens)
  • Sucré ou salé ? Sucré! Je ne résiste ni aux gâteaux, tartes ni aux bonbons...
  • Depuis combien d'années travailles-tu au même endroit ?Comme je ne suis pas titulaire de mon poste, pour le moment je change tous les ans...Donc j'y suis depuis septembre!
  • Jour de la semaine préféré ? Il y a le mercredi, jour préféré des instits et le dimanche où je peux rester avec mon chéri toute la journée!
Merci à Hathaway pour son tagg et je le donne à celle qui en a envie :)

mardi 24 février 2009

L'espoir d'aimer en chemin, Michel Quint

La Tzigane savait d'avance
Nos deux vies barrées par les nuits
Noe puits sortit l'Espérance
L'amour lourd comme un ours privé
Dansa debout quand nous voulûmes
Et l'oiseau bleu perdit ses plumes
Et les mendiants leurs Avé


On sait très bien que l'on se damne
Mais l'espoir d'aimer en chemin
Nous fait penser main dans la main
À ce qu'a prédit la tzigane

Guillaume Apollinaire, Alcools


Ce roman de Michel Quint est l'adéquation parfaite du poème d'Apollinaire. C'est de lui que vient le titre du livre, de lui que semble émaner ce sentiment de saltimbanque éprouvé par René, le narrateur.
Marionnettiste, il partage la vie d'une infirmière qu'il épaule au quotidien dans son métier. A l'hôpital, il essaie d'egayer la vie des petits patients atteints pour la plupart de cancers. Avec l'aide de Momo et Suzy, ses deux accolytes de bois et de chiffon, il arrive tant bien que mal au but recherché. Et puis Louis arrive dans sa vie. Louis est un adolescent plongé dans le coma à la suite d'une bagarre dans son lycée. En voulant protéger une "beurette", il se fait tabasser. René tente de faire revenir Louis de son profond sommeil et entame sans s'en apercevoir sa propre thérapie.

Tout revient en mémoire: cette enfance passée sans mère avec un père souvent absent pour des raisons obscures. Tout cela avec pour toile de fond l'indépendance de l'Algérie. On apprend peu à peu les doutes et les repères manqués de René, son amour infini pour sa confidente de l'époque, Halva, dont le souvenir reste encore enfoui au plus profond de son cœur.

Ce roman est réellement touchant. Non pas parce qu'il parle d'un enfant à l'hôpital, le fait est presque secondaire ici. Il m'a touché dans mon intimité de fille et petite fille de pieds noirs qui ne voulaient pas ce qui est arrivé. Cette émotion toute en discrétion ressemble à ce que doivent éprouver mes proches, sans oser le dire. Ce roman m'a également touché car il raconte l'histoire d'un homme simple, qui ne demandait rien de très compliqué, si ce n'est un espoir, celui de pouvoir aimer en chemin.

samedi 21 février 2009

Le vieil homme et la mer, Ernest Hemingway

Voilà un autre roman que je n'aurais certainement pas lu sans Hathaway... Je ne connais pas beaucoup la littérature américaine, comme vous le savez mais je suis en train de combler mes lacunes!

Le vieux, Santiago, est un pêcheur sans le sou vivant à Cuba. Il partage ses journées entre ses virées en mer et Manolin, jeune garçon qu'il avait pris sous sa coupe et qui s'occupe de lui.
Depuis 84 jours, Santiago n'a pris aucun poisson mais ne désespère pas! Quand il s'engage en mer à l'aube de ce 85ème jour, il sait que ce sera pour aujourd'hui.
S'en suit un combat épique entre le vieux et un espadon...

Quand j'ai commencé ce livre, j'ai pris un peu peur: va-t-on nous parler de pêche pendant cent pages ? Le style était aussi un peu suranné et puis j'ai mordu à l'hameçon. Cette histoire est surtout une affaire de courage entre un homme et son adversaire. L'admiration et l'humanité que ressent Santiago envers ce "seigneur des mers" forcent le respect. J'ai été très émue par le dénouement qui montre que finalement, l'injustice frappe même les hommes courageux.

samedi 7 février 2009

Ceux qui vont mourir te saluent, Fred Vargas

Henri Valhubert, expert d'art parisien, se rend à Rome après avoir découvert un dessin de Michel-Ange qui devrait se trouver dans les archives du Vatican. Et là, c'est le drame! Il se fait empoisonné par de la ciguë sur la place Farnese alors qu'il avait rendez-vous avec son fils, étudiant à l'école française de Rome.
On fait alors la connaissance de Claude, fils en question et de ses amis qui se font appeler Néron et Tibère (rien que ça!).

Alors quand l'inspecteur Ruggieri est appelé pour mener l'enquête sur place, il se heurte à ce triumvirat plein de secrets et de malice, à Laura, la belle et mystérieuse femme de la victime et à Monseigneur Vitelli, le responsable des archives de la Vaticane.

Il s'agit de mon premier Vargas et je l'ai trouvé trop rapide : l'intrigue est bien ficelée en soi et j'ai tout de suite accroché à ces personnages, ce décor romain que j'aime tant. J'ai cependant l'impression d'avoir été flouée! Non parce que le coupable n'est pas celui que l'on croit (et heureusement!) mais parce que je n'ai pas été assez impregnée de l'ambiance romaine que j'attendais.
Le titre et la quatrième de couverture m'avaient attirée, le roman s'est rapidement écoulé entre mes mains sans avoir eu le temps de me régaler.