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jeudi 19 août 2010

Les sorcière d'Eastwick, John Updike

Dans la petite ville d'Eastwick aux Etats-Unis, trois jeunes femmes, Alexandra, Jane et Sukie alimentent tous les phantasmes. Toutes trois divorcées et fières de l'être, elles assument sans complexes leur image de femme fatale.

Elles ont également des pouvoirs magiques qui leur permettent d'agir sur les hommes et sur le bon vouloir de la petite communauté d'Eastwick. Leur petit monde tournait rond avant l'arrivée d'un certain Daryl Van Horne. Fraîchement installé dans le manoir Lenox alors à l'abandon, cet extravagant va pousser les trois jeunes femmes dans leurs retranchements et devenir leur point de chute.

Franchement, il ne se passe pas grand chose dans ce roman. Même le titre n'est qu'illusion tant il n'est pas vraiment question de sorcellerie. Et pourtant.... la magie a opéré chez moi! J'ai vraiment beaucoup aimé la plume de John Updike. Je n'ai pas eu de difficulté à entrer dans l'histoire, à m'attacher aux personnages et j'ai vraiment été triste de les quitter en refermant le livre. L'univers de ces trois femmes, leurs doutes, leur égoïsme mais aussi leur force de caractère m'ont enchanté!!!

Lorsque Hathaway m'avait passé le livre, elle m'avait souhaité "bien du courage". Une fois de plus nos goûts ne correspondent pas et ... tant mieux! Quoi de plus jouissif que de discuter de nos opinions?

Pour lire l'avis négatif d'Hathaway c'est par ici!

mercredi 18 août 2010

Le bizarre incident du chien pendant la nuit, Mark Haddon

Me voici de retour après une très longue absence due non pas à une immense panne de lecture mais à un petit garçon d'un an qui prend tout le temps de sa maman!

Le roman commence par un meurtre! Pas de suspense superflu puisqu'il est dans le titre: Wellington, le caniche noir de sa voisine s'est fait transpercer... Christopher, adolescent de 15 ans souffrant du syndrome d'Asperger (une forme d'autisme) découvre le cadavre dans le jardin et serre très fort l'animal pour le ramener à la vie... en vain.

C'est cet événement qui va déclencher le reste de l'histoire. Christopher décide de mener l'enquête en prenant des notes dans un carnet. Fou de mathématiques, les théories les plus complexes n'ont pas de secret pour lui et pourtant il a des troubles du comportement: il ne peut pas manger des aliments qui se touchent dans son assiette, il déteste la couleur jaune, il ne supporte pas d'être touché et il ne s'est jamais aventuré plus loin que le bout de sa rue. Et pourtant.... son enquête va le mener beaucoup plus loin que prévu....

Voici un livre comme je les aime! Drôle, dynamique, touchant et imprévu! L'auteur glisse dans la peau de Christopher tellement bien qu'on a l'impression d'avoir son carnet entre les mains. L'enquête sur les traces de l'assassin du chien n'est que le point de départ du roman et même si on la retrouve en filigrane la trame est beaucoup plus profonde.

Un très joli roman sur la différence avec de bonnes touches d'humour et de sacrés références à Sherlock Holmes (pour les fidèles du détective, le titre de ce roman est tiré d'un ouvrage de Conan Doyle).

Un livre lu avec Hathaway. Voir son billet ici! Nos avis convergent pour une fois!


vendredi 12 février 2010

Ténèbres, prenez-moi la main, Dennis Lehane

Attention, coup de cœur!

Ce roman est tellement poignant qu'il m'a empêché de dormir. Ce roman est tellement flippant qu'il m'a fait entrevoir toutes les possibilités. Ce roman est tellement génial que je n'ai été satisfaite qu'après l'avoir fini!

Revoilà notre tandem Patrick Kenzie et Angela Gennaro, détectives privés, en proie à ce qui ressemble à une affaire banale: une psychiatre, Diandra Warren, a reçu des photos de son fils par la poste ainsi que des menaces par téléphone. Nos deux détectives enquêtent et finissent par atterrir au-delà de ce qu'ils avaient imaginé.

Je m'étais déjà régalée avec Un dernier verre avant la guerre. Une fois de plus, Dennis Lehane ne me déçoit pas. Je lui en ai voulu pourtant pendant la lecture. Voulu de me faire aussi peur, de me faire ressentir autant de dégoût pour l'humain mais aussi autant de compassion et d'amour. Le roman est donc une réussite. Quelle plume! Quel suspens! Je n'ai que des superlatifs à lui attribuer. J'aime vraiment énormément le personnage de Patrick Kenzie: maladroit, franc, tellement humain....

Je me suis jurée de ne plus lire des romans aussi prenants, qui empêchent de dormir (pour de vrai!) mais je sais que je ne pourrais pas tenir ma promesse. J'aime trop Dennis Lehane pour ça!


dimanche 31 janvier 2010

Orgueil et préjugés, Jane Austen

De la littérature anglaise classique je n'avais lu que Shakespeare et Charlotte Bronté. Admirative de celle-là, je l'étais beaucoup moins de celle-ci, trouvant le style romanesque de Jane Eyre très lourd à digérer...

C'est alors que j'entrepris la lecture de Jane Austen, romancière préférée de la blogosphère et à juste titre!

Dans ce roman, nous faisons la connaissance de la famille Bennet et de ses 5 filles, vivant à Longbourn, petit bourg du Hertfordshire, où la vie n'est pas des plus passionnante. L'obsession de Mrs Bennet est de marier ses 5 filles afin de leur assurer un avenir. Leur vie paisible est bouleversée par l'arrivée d'un nouveau voisin, un homme riche, Mr Bingley accompagné de sa soeur et de son meilleur ami Mr Darcy.

Le narrateur n'est autre qu'Elizabeth, la deuxième fille Bennet. Effrontée, drôle et irresistible, elle entraîne le lecteur dans la raillerie de son époque. Je ne vais pas m'essayer à une dissertation sur le sujet, d'autres l'ont fait avant moi et beaucoup mieux!

Je trouve vraiment fascinant la façon dont Jane Austen nous passionne alors que l'intrigue est cousue de fil blanc. Tout est réussi! La narration, l'atmosphère... On avale les pages les unes après les autres. Je comprends maintenant pourquoi Jane Austen suscite un tel engouement. C'est tout simplement génial! Je suis contente d'avoir comblé mes lacunes!


mardi 29 décembre 2009

L'affaire Jane Eyre, Jasper Fforde

Cela fait très longtemps que ce livre trône sur ma PAL. J'adore les livres qui parlent des livres et j'ai été comblée avec celui-ci!

Jasper Fforde crée tout un univers dans lequel j'aimerais beaucoup évoluer! Un monde peuplé d'agents spéciaux, les OS, avec chacun un domaine de compétences.

Thursday Next, notre héroïne, est une enquêtrice d'un genre un peu spécial: c'est une LittéraTec, c'est-à-dire, une enquêtrice littéraire. Elle fait partie des OS-27. Elle traque les faux manuscrits, essaie de trouver la paternité des pièces de Shakespeare... Car dans son monde, la littérature est presque une religion. Il existe des Baconiens (des adorateurs de Franics Bacon) et tout un tas d'autres lobbies.

Elle est un jour approchée par des agents de OS-5 pour une affaire concernant un certain Achéron Hadès, criminel aux pouvoirs démoniaques. Pourquoi elle? Parce qu'elle connaît son visage.

Nous sommes alors embarqués dans une course folle peuplée de Dodo domestique, de héros de roman transférés dans le monde "réel" de Thursday, jusqu'à l'enlèvement de Jane Eyre.

Ce livre n'est pas racontable parce qu'il est trop complexe. J'ai vraiment tout adoré! L'intrigue, les personnages, le monde présenté par Fforde... J'ai été happée par cet univers loufoque. Ça faisait longtemps que je n'avais pas pris autant de plaisir avec un roman. La fierté que j'ai éprouvée en le refermant! J'ai eu l'impression de me retrouver. C'est bête à dire mais j'ai enfin pris du temps pour moi et ça fait du bien!

D'autres avis par ici chez les chats par Mbu, chez Yueyin, chez Primprenelle

vendredi 31 juillet 2009

Le Montespan, Jean Teulé

Pour rédiger ce billet, j'ai lu, comme à chaque fois, les avis de mes consoeurs
blogesques et on ne peut pas dire que ce roman fasse l'unanimité. Nombreux sont les lecteurs déçus par le personnage central du livre à cause de son manque de charisme ou de profondeur. Alors que penser?

Tout le monde a entendu parler de La Montespan, favorite de Louis XIV même si ce n'est qu'à travers le spectacle du "Roi-soleil" (oui je sais j'ai beaucoup de culture musicale). La Montespan, donc, a dû abandonner son mari et ses enfants pour entrer dans le monde sans pitié de la Cour à Versailles. Quel grand honneur pour Le Montespan que sa femme soit choisi pour jouer à "colin-tampon" avec le roi (dixit Mr Teulé). Le problème c'est que ce marquis est éperdument amoureux de sa femme et qu'il compte bien la récupérer.

Je suis tombée sous le charme de ce marquis... Même s'il est naïf (penser que l'on peut défier le Roi Soleil...), je l'ai trouvé extrêmement touchant. Jean Teulé a réussi, comme souvent, à peindre un portrait au vitriol de la société d'Ancien Régime pour réhausser l'honneur du Montespan que l'Histoire a oublié.

Cependant, ce n'est pas le roman que je préfère de Jean Teulé... Pourquoi retomber dans des descriptions graveleuses, fangieuses des moeurs de l'époque? Oui tout le monde était sale, oui l'hygiène était horrible à Versailles mais ce décor qui était si important dans "O Verlaine" pour comprendre sa fin est, à mon avis, inutile et enlève de l'intérêt à l'oeuvre. Je me suis même surprise à lever les yeux au ciel et à soupirer en lisant quelques phrases qui sentaient le déjà-vu dans l'oeuvre de Teulé que j'apprécie particulièrement.

Donc si vous n'avez pas lu de roman de Jean Teulé, vous pouvez lire celui-ci sans problème, vous l'apprécierez. En revanche, ceux qui ont déjà goûté à ses oeuvres, vous y trouverez une certaine redondance qui nuit au déroulement de l'histoire.

Les avis de Laiezza, Lhisbei et Sandrine et d'Ys entre autres

jeudi 16 juillet 2009

Le cadavre du métropolitain, Lee Jackson


A la fin du XIXème siècle, Londres est une cité tentaculaire où le crime s'épanouit. Decimus Webb, inspecteur à Scotland Yard traque les malfaiteurs dans cette capitale lugubre. Lorsqu'une jeune femme est retrouvée étranglée dans le wagon du tout neuf métropolitain, toute la presse s'empare de l'affaire et fait ses gros titres avec "l'étrangleur du métropolitain". Que se passe-t-il quand un jeune homme sans histoires se retrouve au mauvais endroit au mauvais moment? Il est accusé de meurtre évidemment!

J'avoue que j'adore les romans historico-policier. Et je me suis trompée! Je pensais que c'en était un d'après la quatrième de couverture et bien pas du tout!!! Le meurtre perpétré sert de prétexte pour nous faire arpenter le Londres des bas-fond de cette fin de siècle. Finalement, peu importe le meurtrier, peu importe le mobile.
Les chapitres sont courts mais servent à faire alterner les personnages. J'ai longtemps été perdue : je n'arrivais pas à me rappeler du nom des personnages et c'était très gênant dans la lecture!

Au final, il ne me reste pas grand chose de ce roman... Je ne l'ai pas trouvé très captivant même s'il se laisse lire tout de même (son petit nombre de pages joue en sa faveur!).


jeudi 25 juin 2009

La voleuse de livres, Markus Zusak

Allemagne, début 1939. Une femme, accompagnée de ses deux enfants, prend un train. Elle les conduit dans une famille d'accueil. C'est alors que l'ainée, Liesel, âgée de 10 ans rencontre la Mort pour la première fois. Celle-ci emporte son petit frère avant la fin du trajet.

Je n'enlèverai pas le suspens du livre en disant que la narratrice n'est autre que la Mort elle-même. Elle nous raconte le destin singulier de cette petite Liesel, de sa reconstruction au sein de sa famille d'accueil, de sa vie quotidienne dans une petite ville de la banlieue de Munich en plein cœur du IIIème Reich.

Ce roman m'a énormément touchée parce qu'il raconte le quotidien, l'extrême banalité de la vie d'une petite fille confrontée à une horreur qu'elle ne décèle pas tout de suite. Qui pourrait lui en vouloir?

Une énorme douceur se dégage de l'ensemble. Les personnages sont touchants de vérité, de sincérité, d'humanité. J'ai particulièrement apprécié Rudy, le meilleur ami de Liesel qui se damnerait pour un baiser de sa belle. Trop fière pour lui accorder ce qu'ils souhaitent tous les deux, elle ne s'en rendra compte que trop tard.

"La voleuse de livres" est un titre parfait. Liesel vole son premier à la mort de son frère et ne sait pas lire à l'époque. C'est son père nourricier, Hans, qui lui apprendra à accorder les lettres pour en faire des mots, puis des phrases. Ces épisodes d'apprentissage de la lecture en "taggant" les murs de l'abro anti-aérien sont d'une intelligence et d'une beauté sans pareille. Et que dire de la relation que Liesel entretiendra avec les livres et les mots... L'Homme-plume, La secoueuse de mots... Il ne m'en faut pas plus pour crier au génie! C'est vraiment ce genre de prose qui me fait vibrer!

Markus Zusak m'a réellement transporté. Classé parmi les oeuvres de littérature jeunesse, ce roman a tout pour être un de mes outils pédagogiques pour aborder la vie sous le nazisme. Il traite cette période sombre de l'Histoire allemande à travers les yeux de civils essayant de survivre malgré tout. Il permet de se placer du côté allemand de la barrière de manière très touchante.

Si vous n'avez pas encore compris, il s'agit d'un énorme coup de coeur!

A lire, beaucoup d'avis contraires! Du côté de celles qui ont appréciés, on trouve Fashion, Chaplum. Karine est plutôt mitigée et Ys s'est carrrément ennuyée! A vous de lire et de juger!

samedi 20 juin 2009

Sauver Noël, Romain Sardou

Londres, 1854. Gloria Pickwick est une gouvernante atypique: charismatique rousse au caractère bien trempé, elle fait régner l'ordre dans la maison de ses maîtres à elle toute seule. Elle n'hésite pas à affirmer ses principes haut et fort et tout le quartier la tient en grand respect.

La maison mitoyenne à la sienne reste inoccupée pendant de nombreuses années à cause d'une sombre histoire d'héritage. Quelle ne fut la surprise des habitants du quartier lorsqu'ils voient débarquer un beau jour (ou plutôt une belle nuit), un mystérieux baron et son cortège dans cette demeure glauque. Rien d'extraordinaire à priori malgré la curiosité qu'ils dégagent. Un nouvel habitant est souvent sujet à commentaires.

Les choses se corsent lorsque, le soir de Noël, aucun enfant ne reçoit le moindre cadeau. Une vague de tristesse traverse Londres le matin du 25 décembre. Seule une maison fait la fête, celle du mystérieux baron Ahriman. C'en est trop pour Gloria qui décide de prendre les choses en main. Le récit s'affole et laisse place à de nombreux personnages dont des lutins, et même le Père Noël himself!

Il faut lire ce roman pour ce qu'il est: une histoire divertissante et amusante. Parce qu'au-delà, il n'y a pas grand chose à voir... Certes la plume de Romain Sardou est sympathique mais elle n'est pas révolutionnaire. Son envie de transmettre de la magie, de la tendresse est un peu surfaite par moment. Je me suis sentie un peu blasée par des sentiments de déjà-vu sans arriver à surpasser les originaux. Quelquefois je me revoyais dans un remake mal formulé de The nightmare before Christmas (un de mes films fétiches!).

Sauver Noël se veut un conte sans prétention et réussit à atteindre cet objectif. Un peu plus d'ambition aurait été appréciable!