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mercredi 22 décembre 2010

Le Petit Prince, Joann Sfar

Voici un des livres emblématique de ma jeunesse... A 10-12 ans, on aime ce livre pour les dessins colorés de Saint-Exupéry mais aussi pour ce Petit Prince qui nous emmène sur des planètes plus loufoques les unes que les autres.
Et puis, à l'adolescence, on oublie. On fait des découvertes étonnantes (Oh le souvenir toujours vivace de mon premier Shakespeare...), on a d'autres préoccupations (les Star Club et compagnie)... Sans savoir pourquoi, Le Petit Prince ressurgit lors des vacances d'été... Il est très court, il sent bon le parfum de l'enfance, on l'ouvre à nouveau et on a l'impression de découvrir un tout autre aspect de l'œuvre. Ce changement est évidemment dû au changement "intellectuel" qui se passe en grandissant. Mais pas seulement...

Je l'ai souvent relu depuis. Par plaisir. Pour le faire partager à mes élèves. Pour replonger dans le rêve et la poésie.

Ma maman m'a offert cette adaptation BD de Joann Sfar dès sa publication en 2008. Voilà donc deux ans qu'elle était dans ma PAL, en attente. Je me suis sentie irrémédiablement attirée... J'ai craqué... Je l'ai prise en main pour ne plus la quitter... le quitter. Ce Petit Prince est décidément irrésistible! Joann Sfar a su retranscrire à la perfection les émotions émanant des paysages et des personnages. Il m'a transporté comme par magie dans cet univers poétique qui me plait tant. Je suis ressortie de ma lecture bouleversée. La mise en scène de la disparition du Petit Prince est tout simplement fabuleuse. Un grand bravo au dessinateur qui s'est attaqué à un monument de la littérature, sans complexe et en ouvrant une porte supplémentaire à ce chef d'œuvre.

Un grand moment.

La BD du mercredi, c'est chez Mango.

samedi 11 décembre 2010

Le bal des louves tome 2, Mireille Calmel

J'ai commencé le tome 2 de ce roman dès la fin du premier tant celui-ci m'avait plu! Et je n'ai pas du tout été déçue! J'ai aimé me replonger dans cette ambiance moyenâgeuse. Surtout que l'on voit une nouvelle facette de cette époque tourmentée. Après les dédales des ruelles parisiennes et l'immensité des forêts d'Auvergne, nous voici plongés dans la cour de François 1er! En effet, Marie, fille de Loraline et petite fille d'Isabeau a été remarqué par le roi en personne pour servir (en secret) les intérêts des protestants. On rencontre donc le roi mais aussi sa sœur, sa femme, sa favorite et les terribles complots de Catherine de Médicis!

Mireille Calmel a su allier l'épopée mondaine de la Cour de François 1er tout en conservant la sensibilité des personnages principaux, leur authenticité. Le lecteur suit toujours les pérégrinations des descendantes des louves, dans leur lutte pour la survie, dans leur recherche de l'amour et de la liberté. Un roman dont je garde une profonde émotion... et qui fait écho à de nombreuses choses...

Je ne tarderai pas à ouvrir d'autres romans de Mireille Calmel, surtout s'ils sont tous aussi passionnants!

Pour lire le billet sur le tome 1, c'est ici!

dimanche 5 décembre 2010

Les petits mouchoirs, Guillaume Canet

Voici mon gros coup de cœur ciné pour cette année 2010! Depuis sa sortie j'ai envie de le voir et on y est enfin allé en amoureux! Il faut dire que mon homme n'est pas trop fan de ce genre de film au départ... Peut-être parce que je le saoule avec Guillaume Canet à chacune de ses apparitions... Qui sait?!

Synopsis d'Allo ciné:
A la suite d'un événement bouleversant, une bande de copains décide, malgré tout, de partir en vacances au bord de la mer comme chaque année. Leur amitié, leurs certitudes, leur culpabilité, leurs amours en seront ébranlées. Ils vont enfin devoir lever les "petits mouchoirs" qu'ils ont posés sur leurs secrets et leurs mensonges.

Tout simplement bouleversant... J'ai beaucoup ri mais j'ai aussi beaucoup pleuré. Les personnages sont bien campés par des acteurs formidables qui laissent transpirer les émotions. On a vraiment l'impression de suivre une vraie bande de copains avec leurs joies et leurs peines. Les 2h34 du film passent sans s'en rendre compte. Guillaume Canet nous offre un petit bijou. Rien de moins... Je ne peux que vous conseiller de courir le voir pendant qu'il est encore à l'affiche, vous ne serez pas déçu!!!!

mercredi 10 novembre 2010

Le bal des louves, Mireille Calmel

"À toutes les femmes battues, violées et humiliées, de tous temps et de tous lieux. À celles pour qui la différence autant que la vie sont un fardeau.
À celles qui rêvent de justice, de liberté et d'amour.
À celles et ceux, enfin, qui se battent pour que jamais l'espoir ne meure.
"

Voilà l'hymne clamé haut et fort par Mireille Calmel.

En 1500, au pied du château de Montguerlhe, un cadavre mutilé par les loups est retrouvé. Ces derniers ne semblent s'en prendre qu'aux hommes d'Eglise et seulement les soirs de pleine lune.

François de Chazeron est le seigneur de ces terres envahis par les loups. Il se rend dans son royaume à la recherche d'indices et tombe, malheureusement, sur la jeune Isabeau qui doit se marier le mois suivant. Tombé sous le charme de la belle jeune femme, il demande à exercer son droit de cuissage avant le mariage. Mais Isabeau se rebelle, son mari est tué et pendu devant elle, elle-même se fait violer, torturer et marquer au fer rouge par son maître, avant d'être jeté en pâture aux loups. Tous la croit morte. En vérité, elle prépare sa vengeance en secret, aidée de ses fidèles alliés, les loups...

Cela faisait longtemps que plusieurs livres de Mireille Calmel m'attendaient dans ma bibliothèque. J'ai ouvert "Le bal des louves" le premier jour de mes vacances pour ne plus le lâcher jusqu'à la fin. Les romans historiques sont vraiment des livres que j'adore! En particulier ceux qui se passent au Moyen-Age. Ma passion a été comblée! L'ambiance du roman sent la vieille pierre mouillée des souterrains de Montguerlhe, les forêts humides de Thiers, les bougies des châteaux-forts...

L'histoire est également très forte et Isabeau n'est vraiment présente que dans la première partie du roman. On suit surtout sa soeur Albérie à l'intérieur du château, l'ambition de François de Chazeron pour trouver la pierre philosophale, la liaison adultérine entre le prévôt et la femme de François, la romance entre la fille d'Isabeau et un médecin... Bref, un enchevêtrement de personnages et d'événements qui se retrouvent à la fin du roman. Mais il ne s'agit pas d'un vrai dénouement puisque j'ai déjà commencé la lecture du tome 2!

Un excellent moment de lecture avec une ambiance, une écriture, des personnages bien trempés et du suspens! Que demander de plus?!

Le site de Mireille Calmel, que j'ai eu la chance de rencontrer au salon du livre de Sablet en 2007 et qui m'avait dédicacé mes romans!

mercredi 29 septembre 2010

La BD du mercredi

Après les infidélités de la semaine dernière pour la BD du mercredi pour cause de travail acharné (si si!), je m'acquitte de ce plaisir hebdomadaire en vous présentant 17 poèmes de Paul Verlaine en bandes dessinées.

J'aime énormément Verlaine depuis la lecture du roman de Jean Teulé lui étant consacré (Ô Verlaine). J'apprécie son humanité, sa faiblesse exquise, sa sensibilité intacte. Lorsque je lis "Chansons d'automne" ou "Mon rêve familier", je ne peux m'empêcher d'admirer la beauté des vers, le rythme des mots et tout ce qu'ils évoquent.

Une amie qui connaît mon penchant certain pour Verlaine m'a offert ses écrits en bandes dessinées. Bonne pioche! 17 auteurs de style complètement différents se sont mis au service du grand Paul. Mélange étonnant qui fonctionne! A ce jour, 22 tomes de cette collection existent, dont un sur les poèmes de Victor Hugo. Une grande question se pose: pourquoi ne l'ai-je toujours pas dans ma bibliothèque?

Pour voir toutes les participations du jour à la BD du mercredi, allez sur le blog de Mango!


mercredi 15 septembre 2010

La BD du mercredi

Bienvenue dans un monde où les super-héros courent les rues! Ils ont même des Grandes Ecoles de formation pour obtenir leur diplôme! Cours de valorisation de l'image, de chasse aux forces du Mal et de "comment devenir le maître du monde"!!! Tout un programme!

Nous suivons l'entrée à l'université de trois jeunes gens que tout oppose, sauf les résultats catastrophiques au concours d'admission. Ils se retrouvent donc à travailler ensemble en TP. Chance la démonette qui croque la vie à pleine dent, Ombre le loup-Garou au grand coeur et Xiong Mao, jeune fille sans talent particulier... au départ.
Le lecteur est tout de suite pris au piège de l'univers de Florent Maudoux. Les références à notre Monde sont présentes sans en avoir l'air, les personnages ont une grande profondeur et l'histoire est vraiment originale. Trois tomes sont déjà sortis (j'avais la chance d'avoir les trois sous la main donc j'ai pu les lire à la suite!!!) et le quatrième est en préparation. Les milieux autorisés chuchotent même qu'un animé pourrait voir le jour...

Je conseille cette série à tout le monde, tellement elle pétille! Par exemple, un combat entre biscuits-guerriers de toute beauté!!

Merci à Tonio de m'avoir fait découvrir cette très bonne série!

A voir sur le blog de Mango toutes les BD chroniquées en ce mercredi!!

vendredi 12 février 2010

Ténèbres, prenez-moi la main, Dennis Lehane

Attention, coup de cœur!

Ce roman est tellement poignant qu'il m'a empêché de dormir. Ce roman est tellement flippant qu'il m'a fait entrevoir toutes les possibilités. Ce roman est tellement génial que je n'ai été satisfaite qu'après l'avoir fini!

Revoilà notre tandem Patrick Kenzie et Angela Gennaro, détectives privés, en proie à ce qui ressemble à une affaire banale: une psychiatre, Diandra Warren, a reçu des photos de son fils par la poste ainsi que des menaces par téléphone. Nos deux détectives enquêtent et finissent par atterrir au-delà de ce qu'ils avaient imaginé.

Je m'étais déjà régalée avec Un dernier verre avant la guerre. Une fois de plus, Dennis Lehane ne me déçoit pas. Je lui en ai voulu pourtant pendant la lecture. Voulu de me faire aussi peur, de me faire ressentir autant de dégoût pour l'humain mais aussi autant de compassion et d'amour. Le roman est donc une réussite. Quelle plume! Quel suspens! Je n'ai que des superlatifs à lui attribuer. J'aime vraiment énormément le personnage de Patrick Kenzie: maladroit, franc, tellement humain....

Je me suis jurée de ne plus lire des romans aussi prenants, qui empêchent de dormir (pour de vrai!) mais je sais que je ne pourrais pas tenir ma promesse. J'aime trop Dennis Lehane pour ça!


dimanche 31 janvier 2010

Orgueil et préjugés, Jane Austen

De la littérature anglaise classique je n'avais lu que Shakespeare et Charlotte Bronté. Admirative de celle-là, je l'étais beaucoup moins de celle-ci, trouvant le style romanesque de Jane Eyre très lourd à digérer...

C'est alors que j'entrepris la lecture de Jane Austen, romancière préférée de la blogosphère et à juste titre!

Dans ce roman, nous faisons la connaissance de la famille Bennet et de ses 5 filles, vivant à Longbourn, petit bourg du Hertfordshire, où la vie n'est pas des plus passionnante. L'obsession de Mrs Bennet est de marier ses 5 filles afin de leur assurer un avenir. Leur vie paisible est bouleversée par l'arrivée d'un nouveau voisin, un homme riche, Mr Bingley accompagné de sa soeur et de son meilleur ami Mr Darcy.

Le narrateur n'est autre qu'Elizabeth, la deuxième fille Bennet. Effrontée, drôle et irresistible, elle entraîne le lecteur dans la raillerie de son époque. Je ne vais pas m'essayer à une dissertation sur le sujet, d'autres l'ont fait avant moi et beaucoup mieux!

Je trouve vraiment fascinant la façon dont Jane Austen nous passionne alors que l'intrigue est cousue de fil blanc. Tout est réussi! La narration, l'atmosphère... On avale les pages les unes après les autres. Je comprends maintenant pourquoi Jane Austen suscite un tel engouement. C'est tout simplement génial! Je suis contente d'avoir comblé mes lacunes!


jeudi 25 juin 2009

La voleuse de livres, Markus Zusak

Allemagne, début 1939. Une femme, accompagnée de ses deux enfants, prend un train. Elle les conduit dans une famille d'accueil. C'est alors que l'ainée, Liesel, âgée de 10 ans rencontre la Mort pour la première fois. Celle-ci emporte son petit frère avant la fin du trajet.

Je n'enlèverai pas le suspens du livre en disant que la narratrice n'est autre que la Mort elle-même. Elle nous raconte le destin singulier de cette petite Liesel, de sa reconstruction au sein de sa famille d'accueil, de sa vie quotidienne dans une petite ville de la banlieue de Munich en plein cœur du IIIème Reich.

Ce roman m'a énormément touchée parce qu'il raconte le quotidien, l'extrême banalité de la vie d'une petite fille confrontée à une horreur qu'elle ne décèle pas tout de suite. Qui pourrait lui en vouloir?

Une énorme douceur se dégage de l'ensemble. Les personnages sont touchants de vérité, de sincérité, d'humanité. J'ai particulièrement apprécié Rudy, le meilleur ami de Liesel qui se damnerait pour un baiser de sa belle. Trop fière pour lui accorder ce qu'ils souhaitent tous les deux, elle ne s'en rendra compte que trop tard.

"La voleuse de livres" est un titre parfait. Liesel vole son premier à la mort de son frère et ne sait pas lire à l'époque. C'est son père nourricier, Hans, qui lui apprendra à accorder les lettres pour en faire des mots, puis des phrases. Ces épisodes d'apprentissage de la lecture en "taggant" les murs de l'abro anti-aérien sont d'une intelligence et d'une beauté sans pareille. Et que dire de la relation que Liesel entretiendra avec les livres et les mots... L'Homme-plume, La secoueuse de mots... Il ne m'en faut pas plus pour crier au génie! C'est vraiment ce genre de prose qui me fait vibrer!

Markus Zusak m'a réellement transporté. Classé parmi les oeuvres de littérature jeunesse, ce roman a tout pour être un de mes outils pédagogiques pour aborder la vie sous le nazisme. Il traite cette période sombre de l'Histoire allemande à travers les yeux de civils essayant de survivre malgré tout. Il permet de se placer du côté allemand de la barrière de manière très touchante.

Si vous n'avez pas encore compris, il s'agit d'un énorme coup de coeur!

A lire, beaucoup d'avis contraires! Du côté de celles qui ont appréciés, on trouve Fashion, Chaplum. Karine est plutôt mitigée et Ys s'est carrrément ennuyée! A vous de lire et de juger!

mercredi 17 juin 2009

Les misérables, Victor Hugo

Lire le roman de tout un siècle produit un effet étrange. Plusieurs sentiments se bousculent en moi en refermant cette épopée.

Victor Hugo est mon auteur fétiche depuis que j'ai lu Les Châtiments. Sa poésie, son engagement, sa volonté, sa beauté ont fait écho au plus profond de moi. J'ai depuis approfondi ma connaissance de son œuvre poétique, qui est celle que je préfère. Certains poèmes me procurent des frissons, d'autres me font pleurer à chaque fois. J'en lis régulièrement à mon gros bidon pour que Hugo connaisse les vers de son illustre aïeul à qui il doit son prénom.

Je ne m'étais pas encore intéressée à son œuvre romanesque si ce n'est avec Le dernier jour d'un condamné ou encore Claude Gueux. J'ai donc décidé de mettre mon congé maternité à profit en m'attaquant à sa plus grande œuvre, Les Misérables. Et j'ai bien fait de prendre mon temps pour en savourer chaque chapitre, chaque portrait, chaque mot. On ne peut pas lire Les Misérables comme n'importe quel autre roman. Il contient tout ce que j'aime : la musique des mots, les explications historiques d'un siècle en plein changement avec les détails réalistes de la société parisienne. Un portrait sans concession de la misère humaine.

A l'époque de sa parution, en 1862, il ne fut pas très bien accueilli par la critique. Certains le trouvait trop mielleux, d'autres trop moralisateurs ou, au contraire, trop trivial. Pourtant, le succès populaire fut fulgurant. Ce qui m'étonne beaucoup d'ailleurs. Sans vouloir vexer la population du XIXème siècle, il s'agit tout de même d'un roman "savant" où de nombreuses inférences littéraires, mythologiques, politiques côtoient l'histoire à proprement parler. Parlons-en de l'histoire! Je ne vous ferai pas de résumé tellement c'est dense.

Le roman est découpé en 5 tomes d'égale importance. Chaque tome est attaché à un personnage spécifique: Fantine - Cosette - Marius - L'idylle de la rue Plumet et l'épopée rue Saint-Denis (où nous est narré les combats des barricades) - Jean Valjean. A travers ces 5 tomes, Victor Hugo garde pour fil rouge le personnage de Jean Valjean que l'on suit de sa première évasion du bagne à sa mort. Ce personnage est vraiment très réussi: toutes ses aspérités et ses facettes sont présentées sans tomber dans le pathos. C'est lui le phare qui illumine les déchets du genre de Thénardier sans prendre conscience de son aura. Son humilité contraste avec les pires ignominies présentes dans les rues de Paris.

Ce n'est qu'un exemple parmi tant d'autres. Que dire du personnage de Javert, personnification de la fouine par excellence qui ne se laisse aucun répit, de Cosette si touchante, de Marius si affligeant et attachant dans sa naiveté, de Thénardier, rapace perfide qui arrive toujours à ses fins...

Le roman Les Misérables est connu dans le monde entier. On connaît tous son histoire grâce à diverses adaptations. Cependant, rien n'est comparable à la lecture du roman lui-même. C'est un vrai petit bijou de la littérature française, un monument à lui tout seul.


mardi 21 avril 2009

L'ombre du vent, Carlos Ruiz Zafon

Par un matin brumeux de 1945, un homme emmène son petit garçon de 10 ans, Daniel Sempere, dans un lieu mystérieux... Le Cimetière des Livres oubliés. Son objectif : que son fils adopte un volume parmi des centaines de milliers tombant dans l'oubli dans ce sanctuaire. C'est alors que, dans ce labyrinthe, un livre vient à sa rencontre: L'ombre du vent d'un certain Julian Carax.

"Cet après-midi là, je me réfugiai dans ma chambre et lus les première page de mon nouvel ami. Avant même d'avoir pu m'en rendre compte, je me retrouvai dedans, sans espoir de retour.[...]
Page après page, je me laissai envelopper par le sortilège de l'histoire et de son univers, jusqu'au moment où la brise de l'aube vint caresser ma fenêtre et où mes yeux fatigués glissèrent sur la dernière ligne. Je m'allongeai dans la pénombre bleutée du petit jour, le livre sur la poitrine, et j'écoutai les rumeurs de la ville endormie couler goutte à goutte sur les toits tachetés de pourpre. Le sommeil frappaient à ma porte, mais je refusai de me rendre. Je ne voulais pas perdre la magie du récit ni dire tout de suite adieu à ses personnages"

Le lecteur suit alors le parcours de Daniel, fils d'un libraire d'occasion, qui part à la recherche de l'identité de ce Julian Carax. Qui est-il? Pourquoi n'arrive-t-il pas à mettre la main sur les autres romans de Carax? En effet, un mystérieux inconnu les récupère tous et les brûle un par un.

Le propos de départ m'avait beaucoup plus, dès la lecture de la quatrième, c'est pourquoi je voulais absolument le lire. Voilà chose faite et je le regrette énormément... Parce que maintenant je ne pourrai plus me replonger dans cette merveilleuse histoire qui vous prend aux tripes, dans cette magnifique quête initiatique de Daniel qui nous plonge dans une Barcelone ravagée par la guerre et les délations. On adore être le double de Daniel, on frissonne avec lui dans ses découvertes (la scène dans la maison des Aldaya est tout simplement sublime!) et on se questionne sans arrêt sans pour autant découvrir le fin mot de l'histoire!

Quand finalement, le voile est levé sur le mystère, on se demande comment on n'y a pas pensé avant! Comme des poupées russes qui s'imbriquent, le roman de Carlos Ruiz Zafon tisse sa toile autour de Daniel et de Julian pour le plus grand plaisir du lecteur. Je n'ai pas pu lâcher le roman avant d'avoir lu les 200 pages qui me séparaient de la fin. Et comme tous les grands romans qui nous construisent, c'est avec un énorme pincement au coeur que je l'ai refermé.

Merci à Monsieur Zafon pour ce merveilleux roman!

mercredi 8 avril 2009

Les naufragés de l'île Tromelin, Irène Frain

Avant toute chose, je dois dire que j'avais un vrai à-priori en commençant ce livre. Le propos me plaisait beaucoup, c'est donc pour cela que j'ai accepté la proposition de Chez les filles de me l'envoyer. Quand j'ai su qu'Irène Frain était journaliste dans un canard people j'ai été refroidie. Quand j'ai commencé la lecture, je me disais "Mais qu'allais-je faire dans cette galère"... Et puis... Comme par magie, tout s'est transformé.

Le roman ne débute vraiment qu'aux environs de la centième page. Avant, la romancière nous raconte la genèse de l'œuvre et j'ai été plus que déçue de savoir la fin avant le début du récit. A-t-elle supposé que tout le monde connaissait cette histoire? Toujours est-il que j'ai été très frustrée par ce postulat de départ et par le style journalistique que je ne supportais pas. Mais je pardonne largement ces balbutiements tellement le reste du roman est captivant!

L'Utile est un navire français faisant la navette entre le port de Lorient et celui de L'île-de- France (actuelle Ile Maurice). A son bord, le Capitaine Lafargue a profité d'une escale à Madagascar pour embarquer clandestinement des esclaves qui seront vendus à prix d'or à son retour. L'Utile devient alors un bateau négrier. Rien de bien étonnant à tout cela puisque nous sommes en 1761. Le drame va arriver lorsque le bâteau vient heurter une île de sable non répertoriée sur les cartes. Le naufrage est alors inévitable.

Le roman traite du mode de survie sur cet île entre Blancs et Noirs à travers le regard de l'écrivain de bord puis de celui du premier lieutenant, Castellan, qui prend rapidement la tête des opérations: commencer par rationner l'eau et la nourriture, creuser un puits d'eau douce, puis préparer l'évasion de cette île où tout est hostile. Nous n'avons que le récit vu du côté des Blancs, puisque les archives retrouvées ne font pas état de la misère des Noirs et de ce qu'ils ont endurés. On ne peut qu'imaginer, ce qui est bien pire. Cette vision unilatérale est intéressante et rend bien compte du peu de considération que l'on avait pour les personnes de couleur à cette époque. Ils n'avaient pas le droit à la parole, juste le droit de travailler et d'obéir. Ils ne sont qu'évoqués dans la vie sur le camp et pour cause: les Blancs commencent à ressentir de la honte envers ces hommes et ces femmes qui n'avaient rien demandés et qui ont subis bien plus que les autres.

Je ne peux que vous encourager à lire ce roman et de ne pas vous décourager face au début un peu hostile. La preuve, j'ai dévoré les presque 300 pages en quelques heures!

Merci à Chez-les-filles pour cette belle découverte!

Sur le site dédié au livre, de nombreuses photos et vidéos de l'île de Tromelin.

A lire, les avis d'Hathaway, Praline entres autres...

lundi 6 avril 2009

Le soi-disant, Yves Pagès

Dans le cadre du Café littéraire dont je fais partie était invité le romancier et éditeur Yves Pagès. Je ne le connaissais pas du tout et c'est en premier lieu par le biais de son roman que je l'ai découvert.

Romain est un petit garçon parisien qui a "onze ans moins des poussières" en 1973. Comme tous les enfants de son âge, il va au collège. Mais, fait extraordinaire, il assiste à l'explosion de ce même collège, le CES Edouard Pailleron alors qu'il habite dans l'immeuble d'en face. Pire: il voit sa soeur aînée prisonnière des flammes sur le toit de l'établissement.

Parti d'un fait divers réel, sur un ton instinctif à mi chemin entre l'enfant et l'adulte, le romancier nous conte alors les "soi-disant" souvenirs de Romain dans un mode surprenant. On sent que l'enfant demeuré dans l'auteur "prend ses aises", comme il a aimé nous l'expliquer. Ce texte se lit d'un souffle. Nous nous sentons aspirés par un système de mécanisme lié aux pensées de l'enfance. Une idée en chasse une autre, de plus en plus facilement. D'ailleurs, la lecture que nous a offerte l'auteur était extrêmement rythmée!

Romain, à travers ses pensées, passe du coq à l'âne sans jamais perdre le lecteur. Le texte est également truffé de bons jeux de mots. Yves Pagès adore d'ailleurs "faire passer des chameaux dans le chat des aiguilles", expression qui m'a marquée! Parce qu'en réalité, tout passe "en douce" dans ce roman: les sentiments passent tout en douceur, comme s'ils nous frôlaient sans jamais se nommer mais aussi clandestinement à travers les émois du jeune protagoniste.

Le romancier fait aussi voyager le lecteur dans une époque récupérée par l'ouïe et par la vue grâce à de nombreuses références encore une fois "clandestines" au cinéma et à la musique des années 70. Tout est évoqué sans être nommé, sans frustrer le lecteur ni le surcharger de références ennuyeuses.

Si vous ne l'avez pas encore compris, je recommande fortement la lecture de ce roman et je compte bien poursuivre ma découverte de cet auteur!

L'avis d'Hathaway

mardi 3 mars 2009

Chinoises, Xinran

Xinran est une journaliste radio dans une Chine qui panse les plaies de la Révolution culturelle. Entre 1987 et 1995, elle a animé de 22h à minuit "Mots sur la brise nocturne", émission où elle invitait les femmes à donner leurs avis sur la société. Cela s'est vite transformé en débats et témoignages poignants que Xinran ne pouvait diffuser car la censure est malheureusement toujours d'actualité dans cette décennie. Grâce à sa compassion et à son ton toujours dans le juste, la journaliste acquiert une bonne réputation et recueille de nombreuses confessions de femmes bafouées par leur famille, le Parti, la vie...

Elle décide de consigner ces mémoires féminines dans ce livre afin que tous (et en particulier les occidentaux) puissent se rendre compte du peu de considération de la femme dans le régime de Mao et encore aujourd'hui.
Le directeur de programme de sa radio l'interpelle pour qu'elle couche sur le papier la vie de ces femmes:

" Xinran, vous devriez écrire tout cela. Ecrire permet de se décharger de ce qu'on porte et cela peut aider à créer un espace pour accueillir de nouvelles façons de penser et de sentir. Si vous n'écrivez pas ces histoires, leur trop-plein va vous briser le coeur."

Et quel bien lui en a pris! Un petit bijou est né dans la sueur du labeur de ces chinoises, dans les larmes que leur a infligé la révolution culturelle (quelle horreur!), dans leurs plaies qui ne se refermeront jamais. Ce n'est pas une lecture de tout repos: on entre dans l'intimité la plus pure de ces laissées pour compte et Xinran ne nous épargne rien: ni les viols, ni les tortures, ni les deuils... Et on en sort grandi.

Quand on lit l'histoire des mères ayant survécu au tremblement de terre ou bien l'histoire de cette femme séparée de force de son amour pendant 45 ans sans parvenir à tourner la page, l'histoire de toutes ces chinoises se font l'écho de notre propre histoire et on ne peut que ressentir un peu de honte de nos vies si "faciles" en comparaison. Grâce à une plume qui vient du coeur et qui ne tombe jamais dans la pitié, Xinran lève le voile sur toutes ces femmes qui gagnent à être connues.

"A l'époque, en Chine, écrire un livre tel que celui-ci m'aurait peut-être valu la prison. [...] En Angleterre, le livre est devenu possible. Comme si une plume avait poussé dans mon coeur."

lundi 12 janvier 2009

Jonathan Strange et Mr Norrell, Susanna Clarke

Quand deux LCA se retrouvent avec un bon d'achat de 50€ à Cultu** pour l'anniversaire de l'une d'entre elle qu'achètent-elles? (Réponse évidente!)
Ce livre fait partie de ces achats concertés qu'on est sûr de ne pas regretter.

Nous sommes au tout début du XIX° siècle en Angleterre. La magie fait beaucoup parler d'elle mais n'est plus pratiquée. Enfin c'est ce que croyaient les gentlemen de la Société d'York, spécialistes en débats animés sur l'Histoire de la magie. Mais le jeune John Segundus apparaît et se met en tête de retrouver le seul homme qui pratique encore la magie en Angleterre: Gilbert Norrell.

John Segundus s'efface ensuite pour laisser la place à Norrell et son désir de replacer la magie au centre de l'Angleterre. Parce qu'il faut rappeler au lecteur que la magie n'existait plus depuis la disparition du Roi Corbeau, enfant d'homme élevé par les fées qui la fonda.

J'essaie en vain de résumer ce roman. Il est d'une telle densité, d'une telle profondeur que je ne peux lui faire cet affront. La magie a complètement opéré sur moi étant donné que j'ai dévoré ce pavé de 800 pages. Le grimoire (car on peut le rebaptiser ainsi) est divisé en 3 parties : Norrell / Jonathan Strange / John Uksglass. Le maître / l'élève / le fondateur.
Le maître et l'élève vont s'aimer, se rejoindre, se déchirer, ne plus se quitter. Leur complicité est tellement grande que même lorsque la haine semble avoir tout détruit, on sait qu'ils finiront par se retrouver.
Jonathan Strange et Mr Norrell n'est pas un livre dont on sort indemne. Je ne compte plus le nombre de fois où j'ai rêvé de l'homme aux cheveux comme du duvet de chardon, où j'ai frissonné en essayant de traverser les miroirs avec Jonathan Strange, où j'ai eu envie de lui crier la vérité sur ce qui se passait juste en face de lui et qu'il ne voyait pas.

Je salue l'immense talent et travail de Susanne Clarke. Elle a su créer un univers et une Histoire à son histoire. Toutes les notes de bas de page renvoie à des romans écrits par des magiciens, à des anecdotes sur les légendes du roi Corbeau, tout cela monté de toute pièce évidemment. Mais on y croit tellement! Tellement qu'on aimerait pouvoir prendre la main de Jonathan et vivre dans cette Angleterre qui transpire la magie par tous ses pores!

Vous l'aurez compris, je suis Strangiste... J'ai choisi mon camp et ce malgré les protestations de Hathaway :)
J'aime sa passion quand il exerce la magie, j'aime son entêtement quand les choses lui résistent et son attachement pour son vieux maître bougon quoi qu'il puisse en dire.

Parce que finalement, dans un coin de ma tête existe cette Angleterre avec ces personnages. Ils ne resteront pas figés sur le papier mais sont déjà en train de vivre de grandes aventures métaphysiques dans la bibliothèque d'Hurfew et ailleurs.


Si vous voulez l'avis de Stange et de Norrell sur le roman, allez faire un tour sur leur site officiel.

Et évidemment, l'avis d'Hathaway est ici!

dimanche 28 décembre 2008

La huitième couleur, Terry Pratchett

Il était une fois le Disque-Monde, un monde complètement loufoque porté par quatre éléphant eux-même juchés sur une tortue, la grande A'Tuin. Le Disque-Monde est un disque donc, dont on peut basculer si on se retrouve au Bord.

La Huitième couleur est le premier tome des annales du Disque-Monde où nous faisons la connaissance du pseudo mage Rincevent qui n'a jamais réussi à prononcer un seul sort depuis qu'une des formules magiques interdites fit irruption dans son cerveau. Il se met à accompagner DeuxFleurs, citoyen agatéen venu faire du tourisme à Ankh-Morpork, la ville où regorge le plus de bandits sur tout le Disque-Monde. Nos deux accolytes, accompagné de l'excellent bagage de DeuxFleurs vont vivre des aventures qui vont plonger le lecteur dans différentes parties de cet univers : visite d'un temple de magie noire, du pays des dragons, du Royaume de Krull au Bord pour finir dans l'espace...

C'est grâce à deux amis que je suis allée acheter le premier tome de cette saga et je les remercie au plus haut point! Je me suis régalée du début à la fin. Terry Pratchett a un extraordinaire pouvoir: celui de captiver son lecteur et de le faire mourir de rire! 34 tomes (enf VF) sont parus actuellement. Voilà d'excellents moments de lecture en perspective!!!

mercredi 17 décembre 2008

Prenez soin du chien, JM Erre

Mais que se passe-t-il rue de la Doulce Belette, un quartier parisien réputé tranquille ? Rien ne va plus depuis que Max Corneloup, auteur de roman feuilleton et Eugène Fluche, peintre sur œuf ont emménagé ! Ils habitent en vis-à-vis et chacun suspecte l’autre de l’épier… La méfiance règne surtout quand le voisinage n’est pas très sain d’esprit… Mais voilà qu’un cadavre apparaît…

La couverture m’avait tout de suite attirée : un pauvre petit toutou avec une bouillotte sur la tête… Et ce titre plus que mystérieux… J’avais également lu d’excellentes critiques sur les différents blogs que je parcours régulièrement. Et je n’ai pas été déçue !

Nous sommes confrontés à l’intimité des deux principaux protagonistes puisque nous lisons leurs journaux intimes ! Paranoïa et mauvaise foi sont de mises entre les deux voisins ! On rit de leur bêtise mais petit à petit, le rire devient jaune, l’ambiance inquiétante… Le livre n’est pas découpé en chapitre mais selon un compte à rebours lancinant qui tient le lecteur en haleine jusqu’à l’explosion.

Le propos léger du départ (une chamaillerie de voisinage) laisse place à une inquiétante atmosphère, comme si les personnages étaient des marionnettes prises au piège dès l’incipit.. Le pire dans cette histoire, c’est qu’on ne peut deviner la fin et que l’on reste sous le choc un bon moment…

Pour un premier roman, J.M Erre, Montpelliérain et prof de français a visé juste avec un ton décalé qui pourtant enserre de plus en plus ce Cluedo burlesque… A découvrir de toute urgence!

Un vrai coup de coeur pour Hathaway également!

lundi 8 décembre 2008

A perte de vue, Amanda Eyre Ward

Je tiens à vous le dire tout de suite: il s'agit d'un livre coup de cœur! Mais chaque chose en son temps, voici ce qui se passe:
Caroline, Madeline et Ellie sont trois petites filles vivants dans la lointaine banlieue new-yorkaise. On peut qualifier leur vie de pitoyable: deux parents alcooliques qui ne s'occupent pas d'elles à part pour les battre de temps en temps. A elles trois, elles se fabriquent un univers imaginaire dans la penderie de Caroline, leur refuge. Un jour, elles décident de fuguer. Elles mettent leur plan au point et sont prêtes: à leur sortie de l'école, elles rouleront vers la Nouvelle-Orléans.
Cependant, l'une d'entre elle ne sera pas au rendez-vous. Ellie, la cadette de cinq ans disparaît.

A priori, on pourrait croire qu'il s'agit d'une enquête sur la disparition d'Ellie. J'avoue que c'était mon horizon d'attente quand j'ai lu la quatrième de couverture. En réalité, ça ressemble beaucoup plus au livre 26a. Caroline est la narratrice. On la voit évoluer dans sa vie adulte à la Nouvelle-Orléans. Elle travaille dans les bars, n'a pas de relation fixe et ne veut pas en avoir. Elle vit une relation conflictuelle avec sa mère et ne parle plus beaucoup à Madeline. Bref, elle est paumée!
On comprendra au fil du roman, le pourquoi et le comment de la disparition d'Ellie. Le récit laisse en effet la place à une deuxième voix en italique qui explique les événements, comme un journal intime.
La fin est extraordinaire, je n'en dis pas plus!

dimanche 23 novembre 2008

Bienvenue au petit nouveau!

Bonjour à tous!

Un petit mot pour vous signaler l'ouverture du blog de ma complice littéraire en chair et en os : celui de Hathaway qui s'appelle Se droguer de livre...

Longue vie à toi et à ton blog amica mia!

De plus, j'adore la dessinatrice et bloggueuse Pénélope Jolicoeur. Elle a décidé de créer ce joli site pour donner des cadeaux de Noël aux enfants qui n'ont pas la chance d'en avoir. Allez visiter en nombre ce site qui publie une planche de BD d'un auteur différent à chaque fois !

dimanche 16 novembre 2008

Le petit livre de septembre, Christian Estèbe


Une bibliothèque est un lieu qui fourmille de trésor… Qui en doutait ? Pas les lecteurs de ce blog en tout cas !

Je me baladais dans les rayonnages quand un petit livre m’a tapé dans l’œil. La couverture est recouverte de carreaux seyes et d’une jolie marge rose identique à celle des cahiers que je côtoie chaque jour. Et oui, on ne se refait pas, même les livres parlant d’école m’intéressent, surtout quand c’est narré de manière intelligente comme c’est le cas ici.

Le narrateur est un quinquagénaire au chômage. Enfin, il est écrivain et fin philosophe mais des revers de fortune le conduisent à l’ANPE. On lui voit alors confié un contrat d’un an dans un collège du Tarn-et-Garonne pour y animer le CDI.

Il ne s’agit pas d’un remake de « Entre les murs » par exemple où est raconté le quotidien des élèves et des adultes dans un collège. Quel est le propos alors ? Juste les pensées d’un documentaliste qui voit les enfants avec des yeux attentifs et attendris et, à l’inverse, qui caricature les enseignants comme des je-m’en-foutiste à la solde de l’Education nationale qui « considèrent les élèves comme un troupeau qu’il faut faire paître en évitant les ennuis ».

On ne peut pas lui en vouloir… Il n’a pas dû rencontrer les bons, c’est tout J . Le petit livre de septembre est un roman sans prétention qui se lit en quelques heures. Encore une fois, bonne pioche à la bibliothèque !


« Lorsque je me demande, accablé, à quoi me servent tant de livres, je n’ai qu’à songer à mes moments de dérélictions, à mes moments de joie, la réponse s’y trouve, noir sur blanc. Si certains livres ne servent qu’à bailler avant de s’endormir, d’autres sont là pour, dans la nuit, nous garder les yeux ouverts ».