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mercredi 30 mars 2011

Chosp, Alessandro Barbucci

Bienvenue à Tee-Ville où tout n'est que glamour, luxe et célébrité. On assiste à l'élection du prochain gouverneur qui n'est autre qu'un grand acteur -très introverti au demeurant- complètement annihilé par sa femme, grande actrice elle aussi qui répudie tout ce qui n'est pas superficiel et luxueux.

Lors de la cérémonie d'investiture durant laquelle la télévision fait son show, arrive une étrange créature revendiquant "Le pouvoir aux moches". Il s'agit pourtant du fils des deux stars citées plus haut! Il représente une verrue pour sa pauvre mère qui veut le cacher aux yeux de la société et un fils pour son père aimant mais qui ne porte pas la culotte.
Avec l'aide d'une de ses amies, Chosp va partir à la recherche de ses origines, bien persuadé qu'il n'a rien à voir avec ses "parents".

En toute franchise, ce n'est pas une BD qui m'a transcendée au départ. Certainement les cases trop colorées, les dessins très ronds, la "futilité" du propos. Je suis quand même allée jusqu'au bout parce que j'ai pris "Chosp" pour ce que c'était: un divertissement. Finalement "tout dépend de l'état d'esprit" dans lequel on lit!

La BD du mercredi, c'est chez Mango

samedi 26 février 2011

A l'abri de rien, Olivier Adam

Marie est une mère de famille que l'on peut qualifier de dépressive. Elle ne supporte plus sa vie entre les machines à laver, les enfants à aller récupérer, son mari qui lui fait des reproches à longueur de journée et l'envie de rien. Habitant dans le nord de la France, Marie croise un jour la route de Drago, réfugié en sursis, qui lui offre un coup de main pour changer son pneu crevé. Et sa vie va basculer.
Comme une désespérée, Marie va se jeter à corps perdu dans la lutte pour la survie de tous ces réfugiés si nombreux. A en oublier ses enfants, à en oublier sa vie ...

Cette lecture est très éprouvante. Comme je m'en veux d'avoir mis aussi longtemps pour le lire! Au début, Marie nous parvient par bribes. On ne comprend pas pourquoi elle perd pied avec deux enfants aussi adorables... On la giflerait bien pour la réveiller, la secouer. Mais elle est dans un tel état de léthargie que seule une secousse pouvait la ranimer... Et cette secousse sera sa lutte acharnée pour aider les "kosovars" au détriment des siens. Une lutte comme une rédemption.

Un très beau roman d'Olivier Adam que je découvre grâce au cadeau de Gwen dans le swap nouvelle génération. Encore merci !

mercredi 16 février 2011

Ka, Lisa Bresner et Chen

Chen Jiang Hong et Lisa Bresner sont deux auteurs que je connais bien. Ils travaillent pour la littérature de jeunesse et ont déjà réalisé de nombreuses collaborations.
Lisa Bresner est spécialiste de la culture nippone et a écrit de nombreux contes pour enfants, essayant d'ouvrir nos têtes françaises à une autre culture nippone que celle des manga.

Chen Jiang Hong est un auteur/illustrateur phare de L'Ecole des Loisirs, célèbre maison d'édition jeunesse. J'ai pratiquement toute sa bibliographie dans ma bibliothèque d'école, tellement j'aime son coup de pinceau et sa merveilleuse façon de raconter des histoires.

Invité au salon de littérature jeunesse de Saint Paul Trois Châteaux, j'ai eu la chance de pouvoir rencontrer mon illustrateur jeunesse fétiche!


J'ai eu droit à deux dédicaces! Une pour ma classe et une pour moi sur la BD Ka justement. La voici:
Mais quel est le propos de cette BD? Ils s'agit d'une bande dessinée pour adulte, bien loin de l'univers merveilleux et habituel de Chen: Shanghai, 1920. La guerre fait rage entre les chinois et les japonais pour mettre la main sur le sabre du clan Takeda, véritable symbole de la force guerrière des samouraïs et arme secrète qui doit sceller l'invasion japonaise en Chine. Ka, mère et guerrière redoutable, est au centre de ces intérêts. Son destin est noué à celui de l'arme.

Chen nous offre des illustrations d'une beauté folle, alliant le noir profond au rouge sang. Elles sont totalement au service de l'histoire et transmettent beaucoup d'émotions.
Cependant, le scénario est un peu confus. Les sauts dans les différentes époques m'ont un peu perdu en cours de route. J'ai dû revenir en arrière un certain nombre de fois pour tout comprendre. Un défaut qui ne m'a pas empêché d'apprécier grandement cette énième collaboration entre deux artistes de grand talent!


La BD du mercredi, c'est chez Mango!

vendredi 3 septembre 2010

La reine des lectrices, Alan Bennett

Que se passerait-il si, tout à coup, la reine Elizabeth se prenait d'amour pour les livres? Si sa seule passion pour la lecture la menait à en oublier tout le reste? Ses obligations, ses rendez-vous, ses pensées...

Le bibliobus s'arrête devant le palais royal et le jeune Norman, commis de cuisine est à l'intérieur pour choisir sa prochaine lecture. Le hasard ayant guidé ses pas, la reine entre à l'intérieur pour saluer le bibliothécaire roulant et emprunte un livre, plus par respect que par envie. Ce geste-là sera lourd de conséquence... Elle nomme Norman conseiller personnel et ils passent leurs journées à lire et à échanger leurs avis sur leurs lectures. Le premier ministre, le secrétaire de la Reine, tout le monde trouve cette nouvelle passion dérangeante. La Reine lit mais la Reine commence à griffonner des notes et devient de plus en plus "addict".

Voilà un livre à mettre entre toutes les mains! Il est court, plein d'humour et grinçant à la fois. On ne peut pas ne pas sourire dans certaines situations qui font écho à notre passion de lectrice chevronnée:

« Elle découvrait également que chaque livre l’entraînait vers d’autres livres, que les portes ne cessaient de s’ouvrir, quels que soient les chemins empruntés, et que les journées n’étaient pas assez longues pour lire autant qu’elle l’aurait voulu. » (page 33)

Les sentiments éprouvés par la Reine sont aussi touchants même si j'ai du mal à la voir ainsi. Alan Bennett offre un roman très sympathique basé sur des personnages réels.

Merci à Hathaway pour ce cadeau! J'ai passé un très bon moment en compagnie d'Elizabeth!!!

Les avis de Chaplum (qui avait noté le même passage que moi :) de Ys, de Jules entre autres...

mercredi 1 septembre 2010

La BD du mercredi

Mango a initié ce rituel de la BD du mercredi que je trouve bien sympathique et peu contraignant. Comme son nom l'indique, il suffit de mettre en ligne un billet sur une BD ou manga et Mango fait le relais de tous les articles sur son blog.

Pour ma première, je mets à l'honneur Pénélope Bagieu. Mes amis m'ont offert "Cadavre exquis" et "Joséphine".

Cadavre exquis est un "one shot", c'est-à-dire une bd en un seul tome. Zoé est une jeune femme paumée mais pétillante. Elle est mannequin de démonstration, dans les salons de l'auto ou de l'agriculture par exemple. Elle vit dans un appartement minable avec un mec tout aussi miteux. Elle veut changer de vie mais ne sait pas quoi faire. Très franche et naturelle, elle appuie sur un interphone. Elle fait alors la connaissance de Thomas, homme un peu bizarre qui vit cloîtré chez lui. Écrivain de son état, les deux entités vont se rencontrer et se rejoindre.

Je ne vous raconte pas tout évidemment! Pour un coup d'essai, Pénélope Bagieu est renversante! J'aime toujours autant son coup de crayon, son œil acerbe pour croquer la réalité qui n'enlève rien à sa féminité. Le scénario est bien ficelé, la bd se lit d'une traite: rebondissements et humour se mêlent! Une belle réussite!


Joséphine, elle, est une jeune femme d'une trentaine d'années, célibataire, avec des formes et qui est victime des dictats de la mode et de la famille. Non elle n'a pas de mec, non elle n'a pas d'enfants et non elle n'assume pas!

Cet album est constitué d'histoires courtes tenant pour la plupart en une page et relatant des moments de la vie de cette Joséphine. On ne peut que l'aimer!

Ca n'a rien à voir avec Cadavre exquis mais j'ai beaucoup apprécié également! Cette bd se rapproche plus du blog de l'auteur. Le seul hic, c'est que ça se lit vraiment trop vite!!!

Si vous voulez aller sur le site de Pénélope Bagieu c'est par ici!



lundi 5 avril 2010

Open, André Agassi

Il y a une chose que vous devez savoir sur moi: j'adore le tennis. J'ai surtout le souvenir de ces matchs de Roland-Garros que je ne pouvais pas regarder à cause de mes révisions pour le bac, de cette énorme frustration.

D'Andre Agassi, je n'ai pas suivi le parcours en particulier. Quand j'ai commencé à regarder le tennis, il avait déjà la crâne rasé et je n'avais pas vraiment eu conscience de ses frasques.

C'est la première autobiographie "moderne" que je lis (en comparaison avec Rousseau et Chateaubriand par exemple). J'ai vraiment beaucoup apprécié.

Andre Agassi est un homme touchant. D'un enfant traumatisé par son père tyrannique qui veut que son fils devienne numéro 1 mondial il a su tirer son épingle du jeu grâce à une fragilité déconcertante.

Non il n'est pas un "bad boy" mais seulement un adulescent qui n'a pas eu d'enfance. Non il n'est pas un drogué mais juste un homme paumé à un moment donné de sa vie. Il est vrai: fidèle en amitié, pour son équipe, il raconte sans tabous ce que ça fait d'être sur-médiatisé, accusé d'être un opportuniste alors qu'il était simplement paumé.

Alors un grand merci à Mr Agassi pour nous avoir fait partager un bout de sa vie. J'ai été attristée en fermant le livre. Ce n'est pas du voyeurisme mais un désir de continuer... d'apprendre avec lui.

Mille mercis à Babelio pour son opération Masse critique grâce à laquelle j'ai pu lire ce livre et aux éditions Plon pour me l'avoir envoyé.

dimanche 31 janvier 2010

Orgueil et préjugés, Jane Austen

De la littérature anglaise classique je n'avais lu que Shakespeare et Charlotte Bronté. Admirative de celle-là, je l'étais beaucoup moins de celle-ci, trouvant le style romanesque de Jane Eyre très lourd à digérer...

C'est alors que j'entrepris la lecture de Jane Austen, romancière préférée de la blogosphère et à juste titre!

Dans ce roman, nous faisons la connaissance de la famille Bennet et de ses 5 filles, vivant à Longbourn, petit bourg du Hertfordshire, où la vie n'est pas des plus passionnante. L'obsession de Mrs Bennet est de marier ses 5 filles afin de leur assurer un avenir. Leur vie paisible est bouleversée par l'arrivée d'un nouveau voisin, un homme riche, Mr Bingley accompagné de sa soeur et de son meilleur ami Mr Darcy.

Le narrateur n'est autre qu'Elizabeth, la deuxième fille Bennet. Effrontée, drôle et irresistible, elle entraîne le lecteur dans la raillerie de son époque. Je ne vais pas m'essayer à une dissertation sur le sujet, d'autres l'ont fait avant moi et beaucoup mieux!

Je trouve vraiment fascinant la façon dont Jane Austen nous passionne alors que l'intrigue est cousue de fil blanc. Tout est réussi! La narration, l'atmosphère... On avale les pages les unes après les autres. Je comprends maintenant pourquoi Jane Austen suscite un tel engouement. C'est tout simplement génial! Je suis contente d'avoir comblé mes lacunes!


lundi 9 novembre 2009

Cité de verre, Paul Auster

Et oui! J'ai enfin réussi à finir un livre! Wouhou! Heureusement qu'il était petit!!!

Daniel Quinn, auteur de romans policiers est dérangé en pleine nuit par des coups de fils mystérieux. Quelqu'un cherche un certain Paul Auster... Intrigué par ces appels il décide de se faire passer pour Paul Auster et d'aller au rendez-vous donné.

C'est alors que l'on apprend l'affaire. Peter Stillman veut se faire protéger de son père, Peter Stillman senior, qui l'a séquestré pendant neuf ans lorsqu'il était enfant.

Daniel Quinn, alias Paul Auster, prend en filature ce Peter Stillman et s'en suit un enchaînement de petits riens. Quinn note tout sur un cahier rouge pendant des mois.

Ce petit roman est la première partie de la Trilogie New-yorkaise de Paul Auster (le vrai!). Il s'est régalé à mélanger toutes les identités: Daniel Quinn prend pour pseudonyme William Wilson pour écrire ses romans, se prend pour Paul Auster et finalement, on apprend que le narrateur n'est pas forcément celui que l'on croit...

De nombreuses surprises sont présentes dans ce roman et j'ai vraiment été prise au piège de la narration et des déambulations des personnages.

J'avais reçu ce livre lors du swap Amérique et je remercie encore Liyah pour ce cadeau!

lundi 22 décembre 2008

Cet amour-là, Yann Andréa

L'auteur rencontre Marguerite Duras alors qu'il est encore étudiant. Il la rencontre d'abord dans ses livres: "Les petits chevaux de Tarquinia" est un coup de foudre littéraire pour lui. Il dévore ensuite les différents livres dont "India song". C'est à la suite de cette lecture qu'il se décide à écrire des lettres à son idole. Des lettres sages tout d'abord qui deviendront de plus en plus consumées par une grande passion. Cependant, ses lettres restent sans réponse... Jusqu'au jour où il se rend à Trouville, où il sait qu'elle se trouve pour la rencontrer. S'en suivront seize années de vie commune, jusqu'à la mort de Duras, entre coups de coeur et coup de gueule.

Comment vous dire? Je n'ai absolument pas accroché à ce livre. Je l'ai entamé il y a au moins six mois et, je l'avoue, je n'ai pas pu en venir à bout. Je n'ai pas aimé le fond et la forme, même s'il s'agit d'un récit autobiographique. Il y a quelquechose de glauque dans cette relation qui ne m'a pas donné envie d'en savoir davantage...

L'avis d'Hathaway, qui encore une fois, rejoint le mien... ou presque!


samedi 1 novembre 2008

Brooklyn Follies, Paul Auster


Nathan Glass a soixante ans. Cet ancien agent en assurances a quitté Chicago pour venir se réfugier dans ce quartier qu’il aime tant, celui de son enfance. Divorcé, pré-retraité à cause d’un cancer du poumon en rémission, il décide de se mettre à écrire. Il travaille à une œuvre intitulée Le Livre de la folie humaine dans laquelle il ambitionne de consigner toutes les « gaffes, embarras et actions ineptes » de sa carrière : vaste programme.


Le roman commence réellement quand il retrouve totalement par hasard son neveu, Tom Wood, vendeur dans une librairie de quartier. On suit peu à peu la vie fantasmée de ces deux personnages, auxquels se rajoutent des habitants du quartier tels la JMS (« Jeune Mère Sublime ») dont Tom est amoureux sans lui avoir jamais adressé le moindre mot ; Harry le patron de Tom, ex-taulard, ex-galeriste ; Lucy, 9 ans, la nièce de Tom qui va débarquer un beau jour sans décrocher un mot…
Bref, vous l’aurez compris, Paul Auster nous offre toute une galerie de personnages tous très touchants.


Le livre est traversé par un lieu qui n'existe pas, l'Hôtel Existence. Un lieu utopique, un lieu d’apaisement. Un sanctuaire «où on se retire lorsque le monde réel est devenu impossible ». D’ailleurs tout le roman est traversé par cette envie surréaliste d’atteindre le bonheur. Bonheur représenté par une grande maison au milieu de la campagne verdoyante américaine où les personnages se retrouveront le temps d’un week-end.

Je ne connaissais pas du tout l’œuvre de Paul Auster même si j’en avais entendu parler. Il faut dire que je ne suis pas une grande fan de la littérature américaine. Elle ne m’a jamais attirée. Je me suis un peu forcée pour le Blogoclub. Je ne serais pas allée toute seule vers cet auteur et je l’aurais regretté certainement. J’ai trouvé un agréable moment de lecture sans les clichés américains auxquels je m’attendais plus ou moins. Les personnages sont traités sans fard, avec leurs qualités et leurs défauts. J’avoue même avoir eu de la peine à quitter l’univers du livre en tournant la dernière page.


Est-ce que cette bonne surprise sera suffisante pour me donner envie d’approfondir la littérature américaine ? L’avenir me le dira…


dimanche 12 octobre 2008

De Cape et de Crocs, Ayroles et Masbou


Dans le port de Venise, Armand Raynal de Maupertuis et Don Lope de Villalobos y Sangrin, deux gentilshommes désargentés volent la carte au trésor des Iles Tangerines pour aller sauver un jeune homme soi-disant enlevé par des turcs dans une galère (Mais qu'allait-il donc faire dans cette galère? )

Cette BD est tout simplement géniale! En suivant l'aventure de nos deux compères (un renard et un loup gentilshommes et épées à la ceinture) on rencontre des personnages de Molière, des Esméralda, de multiples références littéraires et historiques. Tout le théâtre classique se trouve convoqué dans ces pages magnifiquement dessinées.

La série comporte IX actes à l'heure actuelle (1 acte correspondant à 1 tome) et je vais me précipiter pour acheter ceux qui me manquent! C'est une magnifique découverte.


Encore un grand merci à Valériane pour ce cadeau reçu dans le Swap Cape et épée organisé par Praline et Arsène.


Vous pouvez aller visiter le site de la série qui est extrêmement bien fait!


samedi 2 août 2008

La fausse veuve, Florence Ben Sadoun

Quelle bonne surprise quand, comme beaucoup de blogueuses, j'ai reçu un mail de la part de chez-les-filles.com pour m'offrir en avant-première, un livre de la future rentrée littéraire! (Merci!!)

Alors au premier abord, la présentation du livre ne m'a pas emballé :

"Aujourd'hui je suis plus vieille que toi alors que j'avais neuf ans de moins que vous..." Ainsi commence La Fausse Veuve. Tutoyant et vouvoyant dans la même phrase son amant disparu, l'héroïne lui raconte, et nous raconte, dix ans après, l'histoire qui leur a été volée. Ce que furent leur amour, leurs moments de bonheur, et aussi le désespoir, leurs muets tête-à-tête à l'hôpital quand, victime d'un grave accident
cérébral, il s'écroule, et se réveille paralysé et privé de parole. Face au drame du "locked-in syndrome", face à la destinée légendaire d'un personnage que les médias se sont sont approprié, une femme n'oublie pas qu'il était un homme. Comment se parler d'un souffle ? Comment s'aimer sans se toucher ? Comment lire les battements d'un coeur au rythme d'un battement de paupière? C'est ce chemin escarpé, compliqué, et parfois très éloigné du deuil, qu'on suit dans ce roman en s'arrêtant sur les cases de l'enfance, en reculant sur celles de l'amour et de la religion, et en sautant à pieds joints sur celle de la mort comme au jeu de la marelle"

Et puis je me suis laissée embarquée par l'histoire, par la force des mots. La narratrice raconte de façon extrêmement touchante sa "presque" histoire d'amour avec un homme réduit à l'état de légume. Presque histoire d'amour car elle est "l'autre", la maîtresse, celle que l'on rejette, que l'on oublie. Celle qui est de trop... Sauf qu'ils s'aimaient.
L'alternance dans l'écriture entre le "tu" et le "vous" pour désigner son amant marque l'envie de se détacher pour ne plus souffrir.. mais cette incapacité à le faire. L'écriture, à fleur de peau, trahit ce sentiment. Comment ne pas être émue?

De plus, tout rappelle "le scaphandre et le papillon" (jusque sur la couverture). La narratrice parle de trahison du film par rapport à sa vie :
"Alors ces inconnus que je n’aurais pas aimé croiser dans un dîner parlent de vous. Parlent de toi. Non pas du vrai toi mort depuis dix ans, mais d’un toi vulgarisé. C’est ton nom qui sonne comme une carcasse vide, devenu celui d’un personnage de film, un héros qu’ils ont l’impression de connaître. Ils en sont convaincus. Je ne le supporte pas. J’ai la chair de poule. Je ne bouge pas, j’écoute comme si mon esprit sortait de mon corps et allait s’asseoir à leur table pour entendre, décortiquer, vomir sur ce qu’ils disent."
Ce livre parle d'un deuil. Le deuil d'une femme non considérée, d'une femme amoureuse.. JE vous offre un de mes passages préférés :
"Tu es rangé quelque part. Je ne sais pas très bien où, mais en tous cas tu n’es plus posté sur mon épaule, à surveiller qui me touche, qui je touche. Planqué dans les circonvolutions de l’imparfait, bien au chaud, comme disent les enfants, tu ne fais plus de ravages dans mon présent, ni le jour ni la nuit, et d’ailleurs je ne te donne pas forcément de futur.
Mon avenir, mes demain appartiennent à quelqu’un d’autre. D’ailleurs vous auriez plutôt été un futur à conjuguer en hébreu, une temporalité qui n’existe pas dans cette langue où demain se conjugue à l’inaccompli.
Comme nous."
Je ne peux que vous le recommander! A lire les avis de Praline, du paperblog, et de Lily

samedi 31 mai 2008

Nuit ouverte, Clémence Boulouque



« Et la nuit s’est ouverte et elle est restée déclose. » Paul Celan

Il y a certains auteurs qui nous marquent. D’autres qu’on ne serait probablement pas allé découvrir seul.Et au hasard d’un café littéraire, on fait une rencontre. Cosmique. Irréelle.

Une jeune femme se présente. Toute frêle, à peine trente ans, avec un regard qui semble perdu. Après l’avoir saluée dans le hall, je m’installe tranquillement, prête à écouter parler ce petit moineau.
Le roman qu’elle vient nous présenter se nomme Nuit ouverte.

L'actrice Elise Lermont
décide d'incarner le personnage de Regina Jonas, première femme rabbin au monde, ordonnée en 1935, décédée à Auschwitz en 1944. Grâce à ce rôle, Elise espère se libérer d'une culpabilité remontant à l'époque de l'Occupation allemande, pendant laquelle ses grands-parents se livrèrent à de troubles activités.

Le premier contact avec le livre a été douloureux. Les mots ne trouvaient pas de résonance en moi. Je peinais. Puis, vint la rencontre avec Clémence. Une femme forte malgré son apparence, d’une culture incroyable (elle parle 7 langues dont le russe et l’hébreu).
Pourquoi a-t-elle choisi de mettre en lumière le personnage de Regina Jonas ? en consultant un dictionnaire, elle tombe par hasard sur le nom de cette femme. Etrange coïncidence : Regina et son père (le juge Boulouque, chargé du dossier des attentats de Paris dans les années 80) sont nés et morts le même jour… Il n’en fallait pas plus à l’auteure pour partir à la recherche de cette première femme rabbin.

Ainsi, le nom de Regina Jonas nous parvient. Le mérite de Clémence est de ne pas être tombée dans le piège de la biographie romancée. Comme elle nous l’a expliqué « je me voyais mal écrire : Regina se leva et alla beurrer sa tartine ». Il fallait un style plus épuré qui relate les choix et les principes de Regina sans tomber dans la trivialité et la familiarité.

« L’histoire endort son souvenir. Regina Jonas est ensevelie d’oubli car on ne pardonne pas facilement à ceux qui ouvrent la voie mais ne réclament rien, et Regina n’était le tambour d’aucune cause. […] Quelques-uns prononcent son nom comme un mot de passe. Comme un être bon, dont le souvenir apaise. »

Les chapitres s’alternent entre la vie de Regina et la vie de la grand-mère d’Elise sous l’occupation, une vie de luxe, exempte de toute compassion. L’antithèse dégagée offre au roman un rythme binaire qui nous laisse à bout de souffle.

La plume de Clémence Boulouque est magnifique et c’est une auteure que j’ai hâte de retrouver !

Sa bibliographie :

Mort d’un silence, 2003
Sujets libres, 2004
Chasse à courre, 2005
Le goût de Tanger, 2005
Juives d’Afrique du nord, 2006
Au pays des macarons, 2006
Nuit ouverte, 2007
Mon avis : ++++

jeudi 8 mai 2008

La part manquante, Christian Bobin

Je ne peux faire de « résumé » à proprement parler de ce livre. Il s’agit de onze nouvelles avec de très beaux titres tels « la baleine aux yeux verts », « la fleur de l’air » ou encore « les preuves en miettes de l’existence de Dieu ». Et pourtant…

Il y a des lectures qui marquent à jamais. D’autres qui ne marquent jamais. « La part manquante » fait partie de la deuxième catégorie. Quel ennui ! Je m’explique :

Les phrases sont hachées. Brèves. Hachées comme un couperet. Un couperet inutile. Un couperet inutile et fade. Vous avez vu ? Je viens de faire du Christian Bobin … Chouette…
Tout est ciselé. A tel point que ça en est devenu obsessionnel, je ne voyais plus que ces arrêts intempestifs à chaque phrase, chaque paragraphe, chaque page. J’ai énormément souffert. Comme quoi, la ponctuation est un paramètre très important à prendre en compte.

Imaginons que, finalement, j’arrive à mettre ce défaut stylistique de côté. Malheureusement, le contenu n’arrange rien. Comment parler pour ne rien dire ? Comment faire du vent et se prendre pour un philosophe ? Vous aurez toutes ces réponses en feuilletant le livre. L’auteur croit nous donner à réfléchir sur des thèmes universaux tels la jalousie, le travail de l’écrivain, le rapport de la mère à son enfant mais il ne fait qu’enfoncer des portes ouvertes. La seule chose que Christian Bobin m’a apporté, c’est une grosse migraine !

Cependant, en lisant différents avis sur ce livre au grès de mes pérégrinations soit on le trouve fabuleux, soit on le déteste. Vous avez mon avis, à vous de faire le vôtre si le cœur vous en dit !

jeudi 21 février 2008

Boys in the band, David Brun-Lambert

Résumé : Mais pourquoi y-a-t-il la photo du sulfureux Pete Doherty sur la couverture de ce roman ? Non, non je ne suis pas fan loin de là. Je ne savais même pas ce qu'il avait fait à part les quelques frasques relatées dans les médias avec sa non moins médiatique Kate Moss...
Bref ce "roman" écrit à la première personne parle du groupe anglais "The Libertines".

Mon avis : ++
Un "roman" ? Mon oeil!!!! L'auteur a beau nous prévenir en avant-propos en disant qu'il s'agit bien d'une oeuvre fictive et non d'une biographie sur le groupe, on a dû mal à le croire... Pourquoi appeler le "héros" de l'histoire Peter ? Pourquoi graviter autour de leur univers glauque entre drogue, sexe et rock'n'roll... Je trouve que l'auteur nous prend un peu pour des imbéciles... Hormis ce manque de sincérité évident, je dois dire que le livre m'a plu. Etonnemment plu même. J'entends encore Laura me dire "J'ai adoré mais je suis sûre que tu ne vas pas aimer". Il est vrai que ce n'est pas mon style de roman ni mon style de musique d'ailleurs mais j'ai été emporté par l'histoire déchirante de ce duo promis à un échec cuisant de part ses déboires et son incapacité à communiquer son ressenti autrement que par l'auto-destruction.
Bilan donc mitigé.

Si vous voulez en savoir plus sur le groupe "The libertines" chez mon ami Wikipédia ou allez voir l'avis de Laura !

samedi 5 janvier 2008

Un été chez Voltaire, Jacques- Pierre Amette


Résumé : Un été chez Voltaire décrit quelques mois de l'année 1761 du côté de Ferney. Voltaire veut monter sa pièce Le fanatisme ou Mahomet, et fait appel à deux comédiennes italiennes. Le comte de Fleckenstein, envoyé par Frédéric II pour mettre fin à la guerre de Sept Ans, viendra aussi sur les lieux. Et, dans cette histoire, il va falloir compter avec une ombre rivale, celle de Rousseau... (résumé trouvé chez lire.Fr)

Mon avis : -
Quel ramassi de paroles en l'air! Je ne suis pas du tout entrée dans ce monde et je sais pourquoi : les propos sont décousus, les personnages insipides, même Voltaire! Heureusement qu'il s'agit d'un petit livre d'une centaine de pages sinon je ne l'aurai pas fini... Le cadre pourtant aurait pu me plaire: le XVIII° siècle, période littéraire qui me passionne (bon comme toutes les périodes d'accord..) et un Grand auteur en toile de fond. Mais ce livre ne sert à rien... Il ne nous apprends rien de plus sur cette période ou sur cet auteur. On ne croit même pas aux paysages de Ferney, ni à la pseudo histoire d'amour. Un livre à oublier très vite donc!

samedi 13 octobre 2007

La triste fin du petit Enfant Huître et autres nouvelles, Tim Burton


Mon avis: +++
Quand j'ai aperçu ce livre à Cultura, je me suis jetée dessus! J'adore les films de Mr Burton et Mon film d'animation préféré n'est autre que "The nightmare before Christmas" ou "L'étrange Noël de Mr Jack" en traduction française.
Ceux qui connaissent ce réalisateur savent que ses films sont totalement déjantés... Et il en est de même pour ces 23 nouvelles en version bilingue avec dessins en couleurs s'il vous plaît! Si vous aimez le créateur d'Edward aux mains d'argent, je vous conseille vivement ce petit livre. En tout cas, je me suis régalée!

dimanche 16 septembre 2007

Bar 2000, Stefano Benni

En 23 nouvelles, Stefano Benni revisite l'univers des bars. Ce bolognais de naissance croque les habitudes de ses concitoyens italiens avec humour et ironie. L'auteur portraitise les bars ploucs ou les bars branchés, mais aussi les habitués comme le DDT (Drogué Du téléphone portable) ou les "petites vieilles au coin de la table".
Je n'ai malheureusement pas eu le temps d'aller au bout de cet encyclopédie du bar... Je dois aller le rendre à la bibliothèque (snifffff). Je suis sûre que j'y reviendrai tant Stefano nous entraîne avec lui dans ses déambulations. Je suis définitivement conquise par la littérature italienne!!!!