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mercredi 8 septembre 2010

La BD du mercredi

J'avoue... Je suis une mordue de manga... J'ai profité de mes vacances pour rattraper mon retard dans différentes séries et surtout, j'ai lu les 4 tomes de "Je ne suis pas un ange" de Ai Yazawa. C'est elle ma mangaka de prédilection!

L'auteure de Nana, Last Quarter ou encore Paradise kiss m'a encore une fois régalée! Ce doit être mon côté adolescente qui ressurgit...

Midori Saejima fait partie de la première promotion d'un tout nouveau lycée, le lycée Hijiri. Elle tombe amoureuse d'Akira Sudo, beau brun ténébreux. Poussée par ses camarades de classe, elle se présente à l'élection du comité des élèves de l'école.... Elle est élue au poste de vice-présidente, Akira à celui de président et avec trois autres élèves, ils doivent donner une âme à ce lycée en organisant différentes manifestations.

Le point de départ peut sembler banal mais Ai Yazawa va en faire quelque chose de magique! Elle tisse les liens entre les différents personnages, ils s'entremêlent, se déchirent, se retrouvent et on ne peut pas lâcher le manga avant d'en avoir lu les dernières lignes! L'édition qui m'a été offerte par mon cher et tendre (encore merci!!!) comporte 4 mangas de 400 pages chacun... Je les ai dé-vo-ré! Presque un peu trop vite... J'ai envie de retrouver les personnages et l'univers de Yazawa. Heureusement, Nana est toujours une série en cours. Il ne me reste plus qu'à me procurer Gokinjo de la même auteure et j'aurai fait la totale!!!




jeudi 25 juin 2009

La voleuse de livres, Markus Zusak

Allemagne, début 1939. Une femme, accompagnée de ses deux enfants, prend un train. Elle les conduit dans une famille d'accueil. C'est alors que l'ainée, Liesel, âgée de 10 ans rencontre la Mort pour la première fois. Celle-ci emporte son petit frère avant la fin du trajet.

Je n'enlèverai pas le suspens du livre en disant que la narratrice n'est autre que la Mort elle-même. Elle nous raconte le destin singulier de cette petite Liesel, de sa reconstruction au sein de sa famille d'accueil, de sa vie quotidienne dans une petite ville de la banlieue de Munich en plein cœur du IIIème Reich.

Ce roman m'a énormément touchée parce qu'il raconte le quotidien, l'extrême banalité de la vie d'une petite fille confrontée à une horreur qu'elle ne décèle pas tout de suite. Qui pourrait lui en vouloir?

Une énorme douceur se dégage de l'ensemble. Les personnages sont touchants de vérité, de sincérité, d'humanité. J'ai particulièrement apprécié Rudy, le meilleur ami de Liesel qui se damnerait pour un baiser de sa belle. Trop fière pour lui accorder ce qu'ils souhaitent tous les deux, elle ne s'en rendra compte que trop tard.

"La voleuse de livres" est un titre parfait. Liesel vole son premier à la mort de son frère et ne sait pas lire à l'époque. C'est son père nourricier, Hans, qui lui apprendra à accorder les lettres pour en faire des mots, puis des phrases. Ces épisodes d'apprentissage de la lecture en "taggant" les murs de l'abro anti-aérien sont d'une intelligence et d'une beauté sans pareille. Et que dire de la relation que Liesel entretiendra avec les livres et les mots... L'Homme-plume, La secoueuse de mots... Il ne m'en faut pas plus pour crier au génie! C'est vraiment ce genre de prose qui me fait vibrer!

Markus Zusak m'a réellement transporté. Classé parmi les oeuvres de littérature jeunesse, ce roman a tout pour être un de mes outils pédagogiques pour aborder la vie sous le nazisme. Il traite cette période sombre de l'Histoire allemande à travers les yeux de civils essayant de survivre malgré tout. Il permet de se placer du côté allemand de la barrière de manière très touchante.

Si vous n'avez pas encore compris, il s'agit d'un énorme coup de coeur!

A lire, beaucoup d'avis contraires! Du côté de celles qui ont appréciés, on trouve Fashion, Chaplum. Karine est plutôt mitigée et Ys s'est carrrément ennuyée! A vous de lire et de juger!

jeudi 23 avril 2009

La fille de l'ascenseur, Ye mang

Ce recueil est composé de 3 petites nouvelles traitant de la vie quotidienne des chinois à l'aube du XXIème siècle. Sans prétentions, elles permettent de nous immiscer au cœur du système chinois.

La première nouvelle, qui donne son nom au recueil, raconte la vie humble de cette pauvre liftière qui conduit la maîtresse de son mari devant la porte de son foyer toutes les semaines, se dévouant pour son mari, pour finir dans l'anonymat le plus total.

La seconde nouvelle est très courte. Baptisée "une journée harassante", elle porte bien son nom! Elle raconte le quotidien d'une famille, de la longueur du trajet pour se rendre au travail, de la routine qui tue le couple à petit feu, de la futilité de nos journées finalement.

Quant à la troisième, "L'initiation", elle a résonné au plus profond de moi. En effet, il s'agit du quotidien d'un enfant de 7 ans dans son école et de sa maîtresse complètement corrompue par le niveau social de chacun. Préférant valoriser des enfants dont les parents ont une bonne situation au détriment des vrais enfants brillants.... sans pour autant s'attirer les foudres et les reproches des enfants qui ne trouvent pas cette situation injuste... J'espère que la situation a évolué dans les écoles chinoises...

Trois petites nouvelles qui ne sont pas longues à lire et qui posent pourtant les bases d'une vraie réflexion. Après Chinoises de Xinan, voilà une autre facette de la vie quotidienne chinoise dépeinte par un homme cette fois!

Chez Hathaway...

mardi 3 mars 2009

Chinoises, Xinran

Xinran est une journaliste radio dans une Chine qui panse les plaies de la Révolution culturelle. Entre 1987 et 1995, elle a animé de 22h à minuit "Mots sur la brise nocturne", émission où elle invitait les femmes à donner leurs avis sur la société. Cela s'est vite transformé en débats et témoignages poignants que Xinran ne pouvait diffuser car la censure est malheureusement toujours d'actualité dans cette décennie. Grâce à sa compassion et à son ton toujours dans le juste, la journaliste acquiert une bonne réputation et recueille de nombreuses confessions de femmes bafouées par leur famille, le Parti, la vie...

Elle décide de consigner ces mémoires féminines dans ce livre afin que tous (et en particulier les occidentaux) puissent se rendre compte du peu de considération de la femme dans le régime de Mao et encore aujourd'hui.
Le directeur de programme de sa radio l'interpelle pour qu'elle couche sur le papier la vie de ces femmes:

" Xinran, vous devriez écrire tout cela. Ecrire permet de se décharger de ce qu'on porte et cela peut aider à créer un espace pour accueillir de nouvelles façons de penser et de sentir. Si vous n'écrivez pas ces histoires, leur trop-plein va vous briser le coeur."

Et quel bien lui en a pris! Un petit bijou est né dans la sueur du labeur de ces chinoises, dans les larmes que leur a infligé la révolution culturelle (quelle horreur!), dans leurs plaies qui ne se refermeront jamais. Ce n'est pas une lecture de tout repos: on entre dans l'intimité la plus pure de ces laissées pour compte et Xinran ne nous épargne rien: ni les viols, ni les tortures, ni les deuils... Et on en sort grandi.

Quand on lit l'histoire des mères ayant survécu au tremblement de terre ou bien l'histoire de cette femme séparée de force de son amour pendant 45 ans sans parvenir à tourner la page, l'histoire de toutes ces chinoises se font l'écho de notre propre histoire et on ne peut que ressentir un peu de honte de nos vies si "faciles" en comparaison. Grâce à une plume qui vient du coeur et qui ne tombe jamais dans la pitié, Xinran lève le voile sur toutes ces femmes qui gagnent à être connues.

"A l'époque, en Chine, écrire un livre tel que celui-ci m'aurait peut-être valu la prison. [...] En Angleterre, le livre est devenu possible. Comme si une plume avait poussé dans mon coeur."

lundi 8 décembre 2008

A perte de vue, Amanda Eyre Ward

Je tiens à vous le dire tout de suite: il s'agit d'un livre coup de cœur! Mais chaque chose en son temps, voici ce qui se passe:
Caroline, Madeline et Ellie sont trois petites filles vivants dans la lointaine banlieue new-yorkaise. On peut qualifier leur vie de pitoyable: deux parents alcooliques qui ne s'occupent pas d'elles à part pour les battre de temps en temps. A elles trois, elles se fabriquent un univers imaginaire dans la penderie de Caroline, leur refuge. Un jour, elles décident de fuguer. Elles mettent leur plan au point et sont prêtes: à leur sortie de l'école, elles rouleront vers la Nouvelle-Orléans.
Cependant, l'une d'entre elle ne sera pas au rendez-vous. Ellie, la cadette de cinq ans disparaît.

A priori, on pourrait croire qu'il s'agit d'une enquête sur la disparition d'Ellie. J'avoue que c'était mon horizon d'attente quand j'ai lu la quatrième de couverture. En réalité, ça ressemble beaucoup plus au livre 26a. Caroline est la narratrice. On la voit évoluer dans sa vie adulte à la Nouvelle-Orléans. Elle travaille dans les bars, n'a pas de relation fixe et ne veut pas en avoir. Elle vit une relation conflictuelle avec sa mère et ne parle plus beaucoup à Madeline. Bref, elle est paumée!
On comprendra au fil du roman, le pourquoi et le comment de la disparition d'Ellie. Le récit laisse en effet la place à une deuxième voix en italique qui explique les événements, comme un journal intime.
La fin est extraordinaire, je n'en dis pas plus!

lundi 4 août 2008

Le livre du voyage, Bernard Werber


Comment choisir un livre dans une librairie au milieu de tous ces livres qui ne demandent qu'à être lu ? Quel dilemme..C'est d'abord la couverture qui appelle.. Il le faut pour prendre le livre en main, le retourner et lire la quatrième de couverture, voire le feuilleter. En ce qui concerne ce "Livre du voyage", le tableau de René Magritte en première de couverture m'a interpellée, puis le titre (oui je veux voyager!) et alors une fois lue la quatrième, je n'ai pas pu résister à la pulsion lectrissimesque...Jugez plutôt :

"Ah, enfin tu me prends dans tes mains! Ah, enfin tu lis ma quatrième de couverture! Tu ne peux pas savoir comme j'attendais cet instant. J'avais si peur que tu passes sans me voir. J'avais si peur que tu rates cette expérience que nous ne pouvons vivre qu'ensemble. Toi lecteur, humain, vivant. Et moi le livre, l'objet, inerte, mais qui peux te faire décoller pour le grand, le plus simple, le plus extraordinaire des voyages."

Comment passer à côté d’un livre qui nous parle à nous, lecteur ! Je suis faible, je sais. Je me laisse attendrir par un morceau de papier.. Mais on en est tous là.. non ?
Nous voilà embarqué dans un voyage que je ne peux pas décrire. Il faut le vivre. Le vivre en compagnie du livre lui-même qui nous donne ses directives pour pouvoir nous envoler. Je ne résiste pas à l’envie de vous faire partager un petit passage mais un tout petit, pour vous inciter à adopter ce livre-là :

« Tu ne comprends pas pourquoi je te montre tout ça ?
Pour te faire comprendre que ce voyage est quelque chose que tous les hommes recherchent depuis la nuit des temps.Et que les mêmes moyens drogue, religion, technologie de pointe, selon la manière dont on les utilise, peuvent s’avérer bénéfiques ou maléfiques.Ying, Yang.
Magie blanche, magie noire.Ma particularité est de ne rien demander en retour.Seulement un peu de ton temps et de ton intention.Cela semble déjà beaucoup »

Si vous avez une petite heure à consacrer à cet ami, ne vous privez pas, vous allez vibrer !

jeudi 27 décembre 2007

Last Quarter, Ai Yazawa

Résumé: Mizuki, lycéenne de dix-sept ans, tombe sous le charme d’Adam, un étrange musicien anglais, et décide de tout quitter pour le suivre. Or, la nuit où elle partait le rejoindre, elle est victime d’un accident de voiture sur le lieu de leur rendez-vous...

Mon avis: +++
L'auteur de Nana a encore frappé! Après le délicieux Paradise Kiss, je découvre une autre facette de cette mangaka de talent. Ce manga est beaucoup plus profond et sensible que ses précédents. Les dessins sont toujours aussi magnifiques. La relation entre vivants et morts est ébauchée tout en finesse. De plus, la série ne compte que 3 volumes. Ne pas s'en priver!

lundi 3 septembre 2007

Paradise Kiss, Ai Yazawa


Voici une série de manga que j'avais acheté au Japan expo 2006 et que je viens à peine de lire (honte sur moi).
Yukari est une lycéenne on ne peut plus normale avec les préoccupations propres à son âge lorsque un beau jeune homme prénommé Georges l'aborde pour lui offrir un job de mannequin. Yukari découvre alors l'atelier "Paradise-Kiss" et tout son petit monde déjanté.

Ai Yazawa est une mangaka que j'ai découverte grâce au superbe "Nana" toujours en cours de parution. Paradise Kiss se compose de 5 tomes et c'est un vrai délice : des personnages attachants, de la romance, un dessin toujours très beau et juste. La justesse du manga est à son paroxisme à la fin du tome 5. Mon âme romantique a été happée et un sentiment d'énorme tristesse m'a envahie quand j'ai reposé le dernier volume... comme à chaque fois quand on prend un manga Ai Yazawa!

samedi 18 août 2007

Comment Wang Fo fut sauvé, Marguerite Yourcennar


Résumé:
Dans le royaume de Han, Wang-Fo, maître en peinture et Ling, son disciple, parcourent les routes. Les œuvres de Wang-Fo sont tellement réalistes que l'on croirait qu'elles vivent.
Le Fils du Ciel, l'Empereur de Han, a vécu bercé par les tableaux de Wang-Fo mais lorsqu'il découvre le vrai monde, beaucoup plus trivial, il décide de faire payer celui par qui l'illusion est arrivé: le peintre lui-même...
Mon avis:
Ce livre fait partie de notre Challenge ABC. Je l'ai choisi parce qu'il se trouvait dans la bibliothèque de mon école et que j'ai lu et fait lire de nombreux contes asiatiques à mes élèves.
Cette nouvelle est la première du recueil "Nouvelles orientales" de Marguerite Yourcenar et je sais à coup sûr que je n'irai pas lire la suite. Pourquoi ?
L'histoire est dans la pure tradition asiatique et est un modèle du genre. Sur le même thème, j'ai préféré l'album "le cheval magique de Han Gan" de Chen Jieng Hong que je conseille à tous.
Au final, une nouvelle sympathique parce que brève mais qui n'a pas retenue mon attention.